Éducation : des enseignants mobilisés contre les suppressions de postes

La colère gronde dans le monde enseignant lot-et-garonnais. L'Éducation nationale prévoit des baisses d'effectifs, dégradant encore un peu plus les conditions de travail et d'études.

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« C’est de la casse décomplexée, on s’attend à une boucherie. » Les enseignants sont en colère ! Les premières annonces concernant la rentrée 2026 en Lot-et-Garonne ont mis le feu aux poudres. 11,5 postes en moins dans le premier degré, 27 dans le second degré… Ces chiffres posent une base mais amènent surtout beaucoup d’inconnues. Car la lecture est en réalité très difficile, y compris pour les intéressés. Certains parlent en équivalents temps plein (ETP), d’autres en heures, d’autres encore en fermetures de classe. Et il n’existe aucun outil de conversion mathématique pour faire correspondre la suppression d’un poste à une conséquence quantifiable dans un établissement donné. À chaque fois, des réorganisations internes tentent de combler les manques, au prix d’heures supplémentaires et de classes surchargées. Quand ce n’est pas possible, c’est une fermeture pure et simple.

Des craintes pour le devenir des écoles rurales

Avant la présentation de la carte scolaire, l’inquiétude grandit. « L’an dernier, on a subi 14 fermetures de classes. On s’attend à quatre fois plus en 2026. Ils tapent principalement sur les petites écoles », insiste Christelle Calvat, enseignante à Foulayronnes et secrétaire départementale Snudi-FO. Dans certains petits villages ruraux, les établissements ne comptent parfois que deux classes pour cinq niveaux (CP-CM2) du fait des effectifs réduits. Problème pour l’Académie : quand un prof est absent, il faut impérativement le remplacer immédiatement. « On comprend bien qu’à terme, ça les arrangerait si ces écoles disparaissaient au profit des centralités. Mais un établissement qui ferme, c’est un village qui se meurt. Nos écoles rurales, nous, on y tient », souligne Christelle Calvat. Cette baisse progressive des moyens a, selon les syndicats, une conséquence majeure, à savoir la fuite vers le privé.

Des élèves « sacrifiés »

Dans le secondaire, la situation n’est guère meilleure et le lycée Lot-et-Bastides à Villeneuve-sur-Lot devrait en être la principale victime. « On nous parle de baisse démographique pour justifier ces choix mais les coupes sont énormes à notre échelle. Une bonne partie de la population du territoire est soumise à des difficultés sociales et on vient dégrader encore plus le système éducatif en diminuant les moyens », explique Laetitia Baradat-Calbet, du syndicat Snetaa-FO et secrétaire départementale de la Fédération générale des fonctionnaires. Classes surchargées, d’autres supprimées, des options menacées avec des choix d’orientation limités, une perte d’attractivité… Pour le corps enseignant, la politique actuelle « sacrifie » des élèves. La révélation de la carte scolaire 2026 à la fin du mois de mars promet de nouvelles tensions…

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