« Un maire d’Agen sous tutelle du président de l’Agglo ? C’est hors de question », Laurent Bruneau remet les pendules à l’heure face à la candidature d’Olivier Grima

À peine élu maire d’Agen, Laurent Bruneau se projette déjà vers l’Agglomération, enjeu central du « troisième tour ». Face à la candidature d’Olivier Grima, il défend une gouvernance transpartisane et met en garde contre un chaos institutionnel.

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Il y a deux jours seulement, il enfilait l’écharpe de maire, mais le travail électoral n’est pas totalement terminé pour le nouvel édile. À peine installé dans son nouveau bureau de l’hôtel de ville, encore vide depuis le départ de Jean Dionis, Laurent Bruneau a pris la parole pour exposer sa vision de ce que l’on aime appeler ici le « troisième tour » : l’Agglomération agenaise. Un territoire qui regroupe aujourd’hui 44 communes et qu’il souhaite « fort et dépolitisé », mais où la question de la présidence s’annonce déjà sensible, avec la candidature annoncée d’Olivier Grima. « Moi, j’en étais assez surpris parce que depuis 2020, j’ai appris que l’Agglomération d’Agen devait être transpartisane, alors que ce qui se dit depuis la semaine dernière, c’est que la droite se compte et qu’il y a l’envie de « rejouer le match ». Et ce n’est pas comme ça que j’avais compris que l’Agglomération fonctionnait. »

Car, pour lui, la relation entre la ville-centre et l’agglomération est essentielle : « La ville d’Agen profite de l’Agglomération, et l’Agglomération profite de la ville d’Agen. Une ville-centre forte, c’est une Agglomération forte, une Agglomération forte, c’est une ville-centre forte. C’est gagnant-gagnant. » L’agglomération doit selon lui rester « un outil dépolitisé au service de l’intérêt général ». Mais l’hypothèse d’une présidence en opposition à la Ville d’Agen est évidemment source de tensions : « Si le maire d’Agen n’est pas le président de l’Agglomération, il n’a plus de services, il n’a plus d’administration, il est sous tutelle du président. Et ça, c’est impossible », prévient Laurent Bruneau. Il souligne que la fusion de 2015, orchestrée par l’équipe Dionis, a profondément modifié les structures administratives : « Avant 2015, la ville avait ses services, l’agglomération aussi. Depuis la fusion, c’est une seule collectivité. Si on défusionne, cela coûterait 2 millions d’euros par an, et ce serait un gâchis monumental. »

La main tendue balayée

De quoi remettre en cause la bonne foi d’une candidature d’Olivier Grima, qui n’aurait d’autre résultat que celui d’enrayer l’engrenage ? « Si ça avait été Jean Dionis qui avait été élu, il n’y aurait pas eu de sujet. Le problème, c’est que c’est moi. » Dans un premier temps pourtant, Laurent Bruneau affirme avoir tendu la main à son opposant, n’étant pas dans une ferme ambition de rompre avec le travail engagé par l’intercommunalité ces dernières années. « Je lui ai proposé vendredi dernier d’être mon premier vice-président. Il a refusé. Fin de non-recevoir. »

L’homme se résigne donc à devoir, à l’instar des municipales, assurer un maximum de voix de son côté. Dans les jours à venir, Laurent Bruneau prévoit de rencontrer individuellement les maires et de réunir l’ensemble des élus pour clarifier les enjeux avant le conseil communautaire. « Je fais ça pour corriger la désinformation et pour que chacun comprenne que la candidature qui se dessine n’est pas transpartisane et qu’elle pourrait être celle du chaos, contre le territoire. »

« Je n’ai jamais été contre la LGV »

Le maire met en avant l’ensemble des compétences de l’intercommunalité, souvent réduites au seul sujet du développement économique durant la campagne : « Il y a le développement économique, c’est vrai, mais il y a aussi l’équilibre social de l’habitat, la politique de la ville, la gestion des gens du voyage, la collecte et le traitement des déchets ménagers, l’eau potable, l’assainissement, l’action sociale d’intérêt communautaire… Donc on ne peut pas se limiter à caricaturer sur le développement économique. » Sur des sujets structurants comme la LGV ou l’EPR de la centrale de Golfech, il se veut clair : « Je n’ai jamais dit que j’étais contre l’LGV. Ce que j’ai dit, c’est que l’erreur historique pour la ville d’Agen, c’est la création d’une deuxième gare sur Brax. Sur l’EPR, je n’ai jamais pris position, il faut que les études aillent à leur terme, et ensuite, pourquoi pas, interroger les habitants par référendum. »

Sur la gouvernance, le maire plaide pour plus de démocratie interne : « Tous les élus communautaires doivent trouver une place effective, les commissions doivent être efficaces. Le principe un maire, une voix est au fondement de l’agglomération, et là-dessus, il n’y a aucune idée d’y revenir. Il faut que tous les élus communautaires trouvent une place effective. » Il pointe un fonctionnement qu’il juge perfectible : « Certaines commissions se réunissaient alors que le bureau communautaire avait déjà tranché. On ne peut pas se satisfaire de ça. » Enfin, il insiste sur la nécessité de soutenir toutes les communes : « Il faut permettre aux communes, petites ou grandes, d’exister et de profiter du dynamisme économique de l’Agglomération. On pourrait mettre en place une aide pour que chaque commune adhérente soit soutenue dans ses projets structurants. »

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