Hausse des indemnités du maire d’Agen : Laurent Bruneau assume et dénonce les « procès en démagogie »

À l’approche du conseil municipal de ce lundi 20 avril, la question des indemnités des élus s’invite dans le débat public. Le maire d’Agen, Laurent Bruneau, monte au créneau pour défendre une délibération qu’il juge « transparente », tout en répondant aux critiques apparues ces derniers jours.

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Le sujet est sensible, et l’édile en convient volontiers. Dans un communiqué adressé hier, Laurent Bruneau souhaitait clarifier certains points concernant une délibération appelée à faire parler d’elle avant même d’être examinée en conseil municipal. Car, à l’heure d’engager le débat d’orientations budgétaires de la Ville, il faut nécessairement passer aussi par la case rémunération des élus. Et c’est précisément ce sujet qui a enflammé les réseaux sociaux ces derniers jours, au point de faire réagir le maire d’Agen. Il insiste alors sur la nécessité d’éviter toute lecture simpliste. « Il faut se garder de toute démagogie », prévient-il, alors que certaines publications évoquent une hausse significative de sa rémunération. Dans les faits, la majorité municipale proposera une indemnité de 4 711,36 euros bruts mensuels pour le maire. Un montant que Laurent Bruneau replace dans son contexte : celui d’un retour à un niveau « normal » pour une ville de la strate d’Agen (20 000 – 49 999 habitants), après plusieurs mandats marqués par le cumul des fonctions de son prédécesseur, Jean Dionis du Séjour. « L’indemnité perçue par un élu n’est pas un salaire, mais une compensation pour l’exercice du mandat et les pertes de revenus professionnels qu’il peut engendrer », rappelle-t-il, affirmant vouloir « être maire à plein temps, tout en conservant une partie de mon activité d’avocat, pour garder un pied dans la réalité du quotidien et préserver l’avenir ».

Un cadre légal strict

La municipalité assure que les montants proposés sont encadrés par le Code général des collectivités territoriales. L’enveloppe globale des indemnités, qui sera soumise au vote, reste inférieure au plafond autorisé (18 620 euros brut mensuels, sachant qu’Agen se situera à hauteur de à 18 096 euros). Dans le détail, la répartition prévoit notamment : 3 200 € bruts mensuels pour le maire (hors majorations liées au statut de ville préfecture) ; 1 561,26 € pour le 1er adjoint ; 1 256,46 € pour les adjoints ; 791,73 € pour les conseillers municipaux délégués. Avec les majorations appliquées, ces montants atteignent les niveaux effectivement proposés au vote, dont celui du maire à 4 711,36 €.

Dans un contexte social local marqué, avec une part importante de la population non imposable et un taux de pauvreté élevé (27%), Laurent Bruneau reconnaît que ces chiffres « peuvent paraître importants ». Mais il refuse les raccourcis : « La place est bonne, ils vont à la gamelle… », cite-t-il, pour mieux dénoncer ces jugements. Le maire revendique au contraire un engagement total depuis son élection : « Nous sommes à pied d’œuvre depuis le 23 mars », affirme-t-il, évoquant un investissement quotidien en mairie, avec des répercussions sur la vie professionnelle et personnelle des élus. « Être maire d’une ville de 32 000 habitants, ville préfecture, avec des responsabilités de centralité et une administration en pleine réorganisation, c’est être en mairie tous les jours, souvent le week-end. »

A titre de comparaison

Dans le même esprit, il replace la situation actuelle dans une perspective de comparaison avec le précédent mandat de Jean Dionis. « Il ventilait ses revenus selon ses différents mandats », résume-t-il, en rappelant qu’au moment de son départ, l’ancien édile percevait environ 2 139 euros comme maire, 3 404 euros à l’agglomération et 3 047 euros au titre de ses fonctions régionales, soit un total qu’il évalue autour de 8 500 euros mensuels, proche du plafond légal. Il poursuit : « Pour précision, le nouveau président de l’agglomération d’Agen, Olivier Grima, fera voter une indemnité de 5 000 euros pour ses fonctions de président, lors du conseil d’agglomération du jeudi 23 avril. »

Au-delà de la polémique, la municipalité entend replacer ce débat dans une séquence plus large. « Nous assumerons ces indemnités et nous saurons nous en montrer dignes », conclut-il, appelant à juger l’action municipale sur ses résultats plutôt que sur les montants débattus.

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