Politique en Grand Villeneuvois : Guillaume Lepers largement réélu

Le maire de Villeneuve revient également aux affaires à la tête de la CAGV suite à un vote massif en sa faveur lors du conseil d'installation le jeudi 23 avril.

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Contrairement au tremblement de terre survenu du côté de l’Agglo d’Agen, le scénario de l’élection du président de la Communauté d’agglomération du Grand Villeneuvois fut beaucoup plus prévisible et tranquille. Après son succès à la mairie de Villeneuve-sur-Lot le 22 mars, le désormais ex-député de la troisième circonscription a été réélu à la présidence de la CAGV sans coup férir. Les 60 élus votants lui ont accordé une très large majorité avec près de 80% des voix lors du conseil d’installation le jeudi 23 avril. « Nous sommes dans le département du 47, j’ai 47 ans et vous venez de m’élire avec 47 voix », lançait Guillaume Lepers à l’assemblée intercommunale, non sans reconnaissance. « C’est beaucoup d’émotion. L’ampleur de ce chiffre témoigne de cette volonté d’avancer ensemble. »

Un seul adversaire

Face à lui, le maire de Pujols, Yvon Ventadoux s’est dressé comme seul adversaire. Exactement comme en 2020. Avec peu ou prou le même résultat. Son total de 11 suffrages fut bien insuffisant pour inquiéter son rival. L’homme fort du RN villeneuvois, Geoffroy Gary a bien pris la parole mais sans se présenter, estimant que la fonction devait échoir à un maire.

Plus qu’un choc entre deux visions pour le territoire, ce duel a pris la forme d’un très cordial règlement de comptes. « Je n’avais pas prévu de me présenter », admettait Yvon Ventadoux au moment de défendre sa candidature. Il confie, certes, avoir été encouragé par des « camarades ». Mais la véritable raison réside moins ici que dans sa non-intégration au sein du collège des vice-présidents (voir encadré ci-après).

Un capitaine de navire « sur une mer agitée »

De retour donc dans son fauteuil de président après sa parenthèse parisienne, Guillaume Lepers analyse le rôle de l’intercommunalité : « Ce n’est pas une institution parmi d’autres. Elle est un outil qui nous permet ensemble de répondre à des défis que nos communes ne peuvent relever seules. » Il cite pêle-mêle l’accès aux soins, le développement économique, les mobilités, l’habitat, la transition écologique. « Il faut être lucide : le contexte change. L’économie est plus fragile, les incertitudes sont fortes et les finances publiques seront sous tension dans les années qui viennent. Notre navire est solide mais nous naviguons sur une mer de plus en plus agitée », prévient Guillaume Lepers appelant ainsi les 19 communes membres à « un esprit de solidarité » et de « coopération ». La gestion des déchets fera assurément partie des gros enjeux, à court comme à long terme.

Les projets structurants du mandat

Fidèle à lui-même, le président de la CAGV présente ses « ambitions structurantes » pour le développement économique, notamment autour de l’Agropole 3, mais aussi touristique. Il évoque par ailleurs l’élaboration d’un Schéma de cohérence territoriale (SCoT) pour l’aménagement du territoire, un travail sur les mobilités, la transition écologique et énergétique et le renforcement des liens avec « les voisins ». Il fait en outre de « l’appui aux communes » l’un des piliers de son action.

Yvon Ventadoux (Pujols) une nouvelle fois écarté de l’exécutif //

Voisins mais toujours pas copains. Dans la foulée des municipales qui ont respectivement reconduit Guillaume Lepers et Yvon Ventadoux dans leurs fonctions de maires, fut un temps envisagé que les deux hommes puissent enterrer la hache de guerre. Entre les deux scrutins, ils se sont rencontrés pour voir si un terrain d’entente était possible après la désunion du précédent mandat. Cette négociation n’a pas abouti. En séance, le maire de Pujols a donné sa version : « J’ai dû essuyer un refus de pouvoir intégrer l’exécutif de la Communauté d’agglomération comme vice-président. » Selon lui, le village perché avait toute « légitimité » pour bénéficier d’une bonne position, à la fois par sa population (la troisième de l’interco avec près de 3800 habitants) ou encore par son statut d’unique « Plus beau village de France ». L’homme se dit tout autant légitime. Fort de figurer parmi les plus anciens élus communautaires du Grand Villeneuvois, il avance également ses compétences. « J’avais proposé à Guillaume Lepers de pouvoir prendre des responsabilités autour de trois thèmes sur lesquels je pense pouvoir faire avancer les dossiers », révèle le médecin hospitalier. Fort logiquement, on retrouve la santé. Il milite à ce sujet pour la création d’un centre intercommunal permettant d’accueillir des praticiens salariés. Il a également offert ses services pour aborder les questions d’alimentation et de transition écologique, étant lui-même estampillé écolo depuis de nombreuses années et fervent défenseur des mobilités douces comme du retour du train sur le territoire. Soutenu par ses colistiers ainsi qu’une poignée d’autres élus dont la gauche villeneuvoise, Yvon Ventadoux reste dans un statut d’opposition.

La liste des vice-présidents et des délégués //

1er VP : André Forget (Sainte-Livrade) : Finances et stratégie budgétaire

2e VP : Jean-Paul Cabas (Saint-Étienne-de-Fougères) RH, administration générale, tranquillité publique et gens du voyage

3e VP : Djamila Keraval (Le Lédat) : Solidarités, enfance, jeunesse et droits des femmes

4e VP : Gilles Charollais (La Croix-Blanche) : Aménagement du territoire, urbanisme et habitat

5e VP : Yamina Kichi (Sainte-Livrade) : Santé, accès aux soins et handicap

6e VP : Youcef Cherchari (Casseneuil) : Attractivité et développement économique

7e VP : Béatrice Vaquier (Villeneuve-sur-Lot) : Emploi, formation, insertion professionnelle et ESS

8e VP : Xavier Llopis (Bias) : Tourisme et valorisation du territoire

9e VP : Romain Labrousse (Villeneuve-sur-Lot) : Développement local et stratégie déchets

10e VP : Thierry Zanella (Villeneuve-sur-Lot) : Voirie, travaux et commande publique

11e VP : Michel Couturier (Laroque-Timbaut) : Mobilités et transports

12e VP : Jean Redon (Cassignas) : Informatique, aménagement numérique et pacte de gouvernance

Conseillers communautaires délégués

Chantal de Brondeau (Villeneuve-sur-Lot) : Petite enfance et parentalité

Michel Bruyère (Sainte-Colombe-de-Villeneuve) : Ruralité, agriculture et alimentation

Jean-Marie Lafosse (Hautefage-la-Tour) : Relation avec les communes

Angélique Charbonnier (Sainte-Livrade) : Environnement, transition écologique et biodiversité

Pascal Mourgues (Bias) : Eau et assainissement

Michel Laville (Villeneuve-sur-Lot) : Sports et vie associative

Laurence Mandile-Picot (Villeneuve-sur-Lot) : Culture et patrimoine culturel

Xavier Clerc (Villeneuve-sur-Lot) : Action sociale

Les quelques opposants, marqués à gauche, de ce nouveau gouvernement Lepers regrettent que la ville-centre et, dans une moindre mesure, Sainte-Livrade concentrent 7 et 3 sièges, soit la moitié des postes à responsabilités, au détriment d’un certain nombre de communes rurales. Dans l’entourage de Guillaume Lepers, il est dit qu’un certain nombre de nouveaux maires ont souhaité pouvoir se consacrer en priorité à l’administration de leur commune. À noter que le bureau de la CAGV inclut tous les vice-présidents, les conseillers délégués ainsi que tous les maires, soit au total 30 personnes.

Des indemnités en hausse //

À peine installée, l’assemblée a voté les indemnités des élus dont voici le détail :

– 2757,76 € pour le président

– 1109,84 € pour les vice-présidents

– 452,16 € pour les conseillers avec délégation

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