Des médicaments certifiés « origine France garantie ». UPSA affirme être « le seul laboratoire » de l’Hexagone à pouvoir s’en vanter. Malgré cela, l’Agence française du médicament lui interdit de l’afficher sur ses boîtes. « C’est factuel et cela nous semble être un élément de transparence important pour les consommateurs. Mais visiblement, c’est considéré comme de la publicité… », déplore Laure Lechertier, directrice des affaires internes, externes et développement durable du laboratoire pharmaceutique. L’un des nombreux paradoxes auxquels se heurte l’entreprise aujourd’hui. Les efforts pour suivre les injonctions politiques de produire sur le territoire national et de manière plus responsable ne sont pas toujours récompensés.
Mardi 19 mai, le préfet Bruno André s’est déplacé sur le site industriel Gascogne au Passage d’Agen avec toute une délégation des services de l’État. Un moment de découverte pour le haut-fonctionnaire et une opportunité pour les cadres-dirigeants d’UPSA de se faire entendre. Un chiffre illustre bien la situation, celui du prix de la boîte de paracétamol fixé à 76 centimes en sortie d’usine pour tous les fabricants par moratoire. Ce dernier arrive bientôt à échéance. « Nous avons toujours, au-dessus de la tête, l’épée de Damoclès de la logique comptable. Les prix ont déjà baissé par le passé. Nous demandons à l’État au minimum de le maintenir et si possible de l’augmenter d’environ 15% », précise Laure Lechertier. Lors de la précédente négociation pour asseoir une stabilité, UPSA avait avancé une très belle « contrepartie ». En octobre 2024, un projet très ambitieux a été lancé pour produire, ici en Lot-et-Garonne, deux nouvelles molécules : la gabapentine et prégabaline, utilisées dans le traitement des douleurs neuropathiques et de l’épilepsie. Un chantier à 14 M€ réalisé dans un temps record. « Après tous les essais, nous sommes aujourd’hui en phase d’industrialisation. Un dossier d’autorisation de mise sur le marché a été déposé. La production effective est prévue pour octobre et la commercialisation pour janvier 2027 », détaille Laurent Fatin, responsable opération projet.
Du paracétamol 100% français en 2027

Janvier 2027 marquera une autre étape très importante puisqu’elle marquera l’approvisionnement 100% français en paracétamol (le principe actif) grâce à un partenariat avec Seqens, située en Isère. À moyen terme, UPSA devrait aussi travailler avec un autre fournisseur, « start-up très innovante en Occitanie ». « Nous avons la conviction qu’il faut une pluralité d’acteurs dans ce métier. Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier », glisse Ronan Cocaud, directeur des opérations industrielles.
À cela s’ajoute une politique interne tout aussi ambitieuse. Un « programme de transformation culturelle » est déployé pour améliorer la sécurité et la santé des quelque 1500 collaborateurs avec des résultats déjà probants puisque le nombre d’accidents au travail a plus que diminué de moitié. La formation des jeunes fait aussi l’objet de la plus grande attention avec un nombre d’alternants doublé, passant d’une douzaine par le passé à presque une trentaine aujourd’hui. « Il faut réenchanter les métiers de l’industrie, pour les garçons comme pour les filles », affirme Ronan Cocaud, soucieux de constituer un vivier de jeunes talents pour assurer la relève d’un effectif qui travaille en 3×8, 24h/24, en particulier sur les postes techniques.
Pour s’offrir de meilleures marges sur certains marchés, UPSA poursuit l’élargissement de sa gamme en mettant à profit son expertise pour développer des « compléments alimentaires » comme HydraFizz ou Sérélys pour le bien-être des femmes en préménopause.
Ce fleuron de l’industrie française (avec un actionnaire japonais) continue à afficher des perspectives de croissance très importantes. Mais pour continuer à soigner les Français dans les meilleures conditions, il lui faudra peut-être un coup de pouce de Paris…







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