La journée européenne de la baignade impliquera notamment la vallée du Lot avec plusieurs sites concernés. De quoi s’interroger sur la qualité de l’eau de la rivière.
Dimanche 12 juillet à 15h, un peu partout en Europe, les citoyens sont invités à se jeter à l’eau à la même heure. Un moment festif accompagné de son lot d’animations ludiques et familiales, mais aussi et surtout un acte symbolique fort. « Il y a un message militant derrière », affirme Avril Cantin, directrice du Syndicat mixte pour l’aménagement de la vallée du Lot (Smavlot 47) et responsable du pôle Grand cycle de l’eau. Derrière ce « Big Jump » se cache la volonté d’éveiller les consciences sur la qualité des eaux de rivières. « Les sources de pollution peuvent être nombreuses. Au-delà des gestes individuels, les activités industrielles ou agricoles, en particulier l’élevage, ont un impact. Et bien entendu l’assainissement des villes », détaille la directrice. Alors le Lot est-il un bon ou un mauvais élève ? Plutôt très bon, semblerait-il. « Les collectivités sur plusieurs départements ont été précurseurs avec le programme « Lot, rivière claire » dans les années 70. Il y a toujours des aménagements à moderniser mais la volonté politique était là », indique Avril Cantin. Le long de cet affluent de la Garonne se trouvent plusieurs sites de baignade « permanents » (pendant la saison estivale) : Sainte-Livrade avec sa piscine qui vient de fêter ses dix ans, ainsi que les plages naturelles de Castelmoron, Clairac et Aiguillon.
Le combat pour la baignade à Villeneuve
Villeneuve-sur-Lot aimerait bien, par la voix de ses élus, compléter la liste. Ici, tout est question de qualité bactériologique. Les pires ennemis des baigneurs se nomment, entre autres, Escherichia coli (E. coli) ou entérocoques fécaux. Des indésirables qui transitent par les canalisations d’eaux usées et les stations d’épuration. « On parle de santé publique. On ne peut pas se permettre d’exposer la population, et encore plus les publics vulnérables comme les enfants ou les personnes âgées », insiste Avril Cantin. D’où les restrictions imposées par l’Agence régionale de santé. Cependant, les choses pourraient bien changer. « La qualité exigée par les normes européennes n’est pas encore suffisante à Villeneuve mais on n’en est plus très loin. » Les travaux d’amélioration des réseaux, engagés sur plusieurs mandatures, portent leurs fruits. Le port de Gajac, où des générations de Villeneuvois ont appris à nager entre le début des années 1800 et 1950, attend impatiemment d’être à nouveau le théâtre de quelques brasses. Le site de Rogé, qui affiche déjà une très belle qualité de l’eau, est un autre prétendant très sérieux.
« On y est presque »
Mais pourquoi ce qui est encore impossible et interdit à Villeneuve ne l’est pas quelques kilomètres en aval ? « Sous l’effet des rayons UV, la charge bactériologique peut énormément diminuer en moins d’un kilomètre. De manière générale, le temps de résistance dans cet environnement des molécules que nous surveillons est très court », détaille la directrice du Smavlot. Cela explique notamment la différence de situation entre la Bastide et la piscine livradaise.
Grâce à la poursuite des efforts dans la sous-préfecture, les choses pourraient s’équilibrer… très prochainement. « En général, les autorisations de baignade permanentes sont accordées en se basant sur des analyses effectuées pendant plusieurs années. Dans le cas villeneuvois, la justification de l’amélioration par des travaux structurants pourrait permettre d’accélérer le calendrier. On y est presque », espère Avril Cantin. En attendant, au moins pour cette saison 2026, il faudra se rabattre sur les plages homologuées ou les évènements ponctuels comme la Fête de l’O, programmée le 29 août sur la base nautique de l’Aviron villeneuvois, en face de la cale.







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