Santé : CPTS Visio Santé 47, un acteur vraiment efficace pour la démographie médicale

La Communauté professionnelle territoriale de santé qui s'étend dans tout le quart Nord-Est du département* commence à récolter le fruit de ses efforts pour attirer des praticiens.

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Derrière les discours de façade, il y a le travail de l’ombre. Dans la lutte contre la désertification médicale au niveau local, un acteur méconnu joue un rôle central : la CPTS Visio Santé 47. Des structures du genre, il en existe un peu partout en France. Si certaines sont là pour la forme, d’autres se donnent vraiment les moyens de faire avancer les grandes questions de santé. C’est le cas ici. Sous la présidence du Dr Florence Graneri, l’équipe mène depuis 2022 des actions « de terrain ». La CPTS se voit confier par l’Agence régionale de santé et la Caisse primaire d’assurance maladie une série de missions. « In fine, notre objectif est de garder les professionnels du territoire, avec une bonne qualité d’exercice », résume Nicolas Genaudeau, chargé de projet. Assurer la coopération entre eux est essentiel. Autant que préparer l’avenir. À l’image de Rome, l’offre locale de soins ne va pas se (re)construire en un jour. Elle se fait pierre par pierre, dans une relative discrétion. « Tout commence par la formation des médecins à devenir maîtres de stage universitaires (ndlr, MSU). Ils se comptaient sur les doigts d’une main il y a quelques années. Mais on a commencé à les accompagner avec le CGEA, le Collège généraliste d’enseignement d’Aquitaine. Les Drs Judith Lahaye, Nousone Nammathao et Baptiste Luaces ont fait un travail incroyable, ils sont très engagés. Et beaucoup de confrères ont joué le jeu, car ce n’est pas toujours simple au début d’accueillir des internes. Aujourd’hui, on recense 33 MSU dans notre périmètre d’action. Une quinzaine ont également passé la formation pour accueillir les docteurs juniors », détaille Florence Graneri. Sans encadrant, point de relève. Parce que les jeunes médecins privilégient souvent l’exercice coordonné, la CPTS s’est impliquée dans les maisons de santé de nombreuses communes afin de faciliter leur accueil. « Ce ne sont pas seulement des murs », rappelle Nicolas Genaudeau.

Un modèle qui inspire la France

Un dernier aspect peut s’avérer déterminant dans la compétition pour attirer des talents : le logement. Un interne ne vient souvent que pour quelques mois. Un docteur junior, c’est un an maximum. La stratégie de les laisser livrés à eux-mêmes peut s’avérer risquée. Tout comme leur proposer une solution au rabais. Visio Santé 47 a choisi de prendre le problème à bras le corps. « Avec chaque communauté de communes, nous nous efforçons de cartographier un maximum d’hébergements disponibles. Généralement, la CPTS finance l’architecture d’intérieur et le mobilier, en plus d’aller quérir un maximum de subventions pour que la collectivité puisse assurer les travaux structurants. Les loyers, eux, restent très modérés », explique Florence Graneri. Le projet de l’internat à Villeneuve-sur-Lot, avec 13 chambres et des espaces communs remis à neuf, dont une salle de sport, seulement pour les futurs libéraux, est la figure de proue d’un projet plus large. Appartements et maisons avec jardin complètent l’offre pour répondre à divers besoins et situations. Ce traitement de faveur n’est pas vain. Plusieurs internes ont déjà manifesté leur souhait de revenir comme docteurs juniors. Ils ne s’installeront pas tous durablement. Mais leur présence temporaire garantit déjà du temps médical supplémentaire. Le bouche-à-oreille devrait ensuite donner envie à leur successeur. Ce que fait la CPTS Visio Santé 47 n’est pas la norme. C’est d’ailleurs pourquoi la fédération nationale des CPTS invite ses membres à présenter leur méthode à leurs homologues. « Nous jouons un rôle de catalyseur », résume Florence Graneri. Reste à savoir maintenant combien de places de docteurs juniors l’ARS va accorder au Lot-et-Garonne. L’arrondissement de Villeneuve, lui, est prêt !

*La CPTS Visio Santé 47 intervient sur les intercommunalités suivantes : Grand Villeneuvois, Fumel-Vallée du Lot, Bastides en Haut-Agenais Périgord et une partie de Lot-et-Tolzac.

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