Cent jours après l’installation de la nouvelle majorité municipale, l’opposition d’extrême droite passe à l’offensive. Dans un communiqué diffusé hier, le groupe Agen en Action, emmené par Sébastien Delbosq, dresse un bilan sévère des premiers mois de mandat de Laurent Bruneau. Les élus dénoncent une « mauvaise hiérarchie des priorités », estimant que la municipalité s’est concentrée sur des mesures symboliques ou idéologiques plutôt que sur les attentes des Agenais.
Premier reproche : la revalorisation des indemnités des élus, votée parmi les premières délibérations du nouveau conseil municipal. Agen en Action souligne que l’indemnité brute mensuelle du maire est passée de 3 149 à 4 711 euros, soit une hausse de près de 50 %. Si certaines indemnités d’adjoints et de conseillers délégués ont été réduites, l’enveloppe globale progresse tout de même d’environ 3 %, représentant, selon le groupe, un surcoût supérieur à 10 000 euros par an. « Quel triste message envoyé par une majorité qui se dit anticapitaliste et engagée dans la lutte contre la précarité, mais qui commence par s’augmenter avant de traiter les urgences des Agenais », critique l’opposition.
Le groupe s’appuie aussi sur l’audit financier présenté par la nouvelle municipalité, selon lequel la Ville doit améliorer durablement son épargne brute d’environ 2,5 millions d’euros. Pour Agen en Action, les premières décisions budgétaires sont loin d’atteindre cet objectif. « On ne peut pas, en même temps, augmenter les indemnités, multiplier les mesures gratuites, maintenir un haut niveau de dépenses et prétendre désendetter la Ville », estime le groupe, qui juge la trajectoire « très préoccupante ». L’opposition rappelle toutefois avoir elle-même dénoncé, durant la campagne, l’endettement laissé par l’ancienne majorité de Jean Dionis du Séjour.
Stationnement, écoles privées et gratuité dans le viseur
Si Agen en Action dit avoir voté en faveur de l’expérimentation des deux heures gratuites en centre-ville, ses élus regrettent qu’elle soit limitée à la zone orange et à six mois. Ils pointent aussi l’augmentation du forfait post-stationnement, passé de 28 à 32 euros.
L’opposition critique également les décisions concernant les écoles privées : suppression des aides facultatives pour la restauration, les transports ou certaines animations municipales, ainsi que fin de la gratuité des équipements sportifs municipaux. « Nous sommes ici face à une mesure purement idéologique », estime Agen en Action, qui considère que ces choix pénalisent les familles. Les élus ciblent aussi le kit scolaire gratuit et la baisse d’un euro du prix des repas dans les écoles publiques. « Le kit scolaire représente une enveloppe supplémentaire de 60 000 euros. Super, les enfants auront un beau stylo. Mais cela ne règle pas l’urgence de la chaleur dans les écoles », ironise le communiqué, réclamant un véritable programme d’adaptation des établissements aux canicules.
Sécurité et salubrité, « aucun changement visible »
Le dernier volet du communiqué porte sur la sécurité et la propreté. Agen en Action estime que les premiers mois du mandat n’ont produit aucune amélioration tangible, malgré les annonces de recrutements et de nouveaux équipements pour la police municipale. Sébastien Delbosq, qui réside dans le centre-ville, affirme constater régulièrement la présence de personnes en errance aux abords de la gare, des sollicitations insistantes et un manque de propreté dans plusieurs secteurs. « Lorsque je rentre chez moi, je constate toujours autant de saleté, des poubelles au sol et des trottoirs qui semblent trop peu nettoyés », écrit-il.
Le groupe appelle finalement la majorité à concentrer son action sur trois priorités : la sécurité, la salubrité et une gestion financière jugée plus crédible. Malgré ce réquisitoire, Agen en Action reconnaît plusieurs mesures positives, parmi lesquelles le ciel de rue boulevard de la République, le développement des animations en centre-ville et les expérimentations de piétonnisation et d’animations sur le quai de Dunkerque.







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