« C’est un exemple concret d’une transition écologique qui fonctionne. On n’est plus dans l’expérimentation mais dans le concret », clament à l’unisson Guillaume Lepers et Olivier Grima. Pour les deux élus, respectivement président de la Sem Avergies et de l’Agglomération d’Agen, voir la station de ravitaillement en BioGNV de Boé franchir une nouvelle étape dans son développement est une excellente nouvelle. L’infrastructure, accessible 24h/24 toute l’année, voit en effet son portefeuille d’utilisateurs privés s’élargir avec l’arrivée des transports Beade, entreprise implantée à Colayrac-Saint-Cirq et rachetée en 2020 par le groupe Sarrion.
Ce virage vers le biogaz s’inscrit dans le cadre du 60e anniversaire du groupe. Trois poids lourds roulant au BioGNV viennent d’intégrer la flotte pour ce secteur, en complément d’autres véhicules déployés dans la région bordelaise. « Au sein du groupe, nous avons toujours été convaincus de notre responsabilité et nous sommes conscients de l’impact du transport de marchandises », souligne Sarah Sarrion, co-dirigeante du groupe Sarrion. Si le diesel reste la base historique du métier, l’entreprise explore diverses alternatives. « Ce n’est pas une énergie unique mais une solution supplémentaire dans notre éventail. Cela représente un défi technique pour nos collaborateurs, avec beaucoup de paramètres à aligner pour que cela fonctionne au quotidien, mais nous sommes heureux de prendre ce virage avec les transports Beade. Nous devons tous nous impliquer pour changer nos méthodes », complète Sarah Sarrion.
Une politique publique au service de l’économie territoriale
Pour les élus locaux, cette adoption progressive par des acteurs privés valide la stratégie environnementale et économique engagée autour du gaz issu des unités de méthanisation du Lot-et-Garonne. Nicolas Gente, directeur général de la Sem Avergies, associée sur ce projet à Nature Gaz (groupe Pujol), précise que la station agenaise compte une vingtaine de clients. Parmi eux figurent des partenaires publics comme la Ville et l’Agglo, les réseaux de transports urbains et régionaux, ainsi que plusieurs transporteurs privés. La Sem Avergies gère aujourd’hui trois stations, à Damazan, à Boé et dans les Bouches-du-Rhône, avec un prochain projet en préparation dans les Landes, près de Capbreton.
Du côté de l’intercommunalité agenaise, l’équipement est perçu comme un levier territorial majeur. « Nous sommes en présence d’une politique publique efficace et d’un outil de développement économique au service de nos entreprises », affirme Olivier Grima. Selon lui, « le rôle de l’Agglo est de créer des conditions favorables en offrant une énergie disponible, compétitive et adaptée aux usages. Lors du renouvellement d’une flotte ou d’une implantation, les entreprises peuvent désormais s’appuyer sur ces équipements. »
Un appel à la stabilité réglementaire de l’État
Avec un potentiel de production départementale qui dépasse désormais les besoins locaux, la filière biogaz représente une voie d’avenir pour le Lot-et-Garonne, et ce d’autant plus que la technologie est de mieux en mieux maîtrisée. « C’est de la décarbonation réelle de terrain. Nous donnions déjà à manger aux Bordelais et aux Toulousains, nous leur fournirons aussi de l’énergie », insiste Guillaume Lepers.
Le président d’Avergies et de l’association des maires alerte néanmoins sur la nécessité de préserver le cadre législatif et économique. « Quand on découvre une pépite, on a tendance à vouloir changer les règles. Nous avons eu ce problème avec le solaire et des modifications permanentes qui ont créé des difficultés sur la filière. Nous réclamons de la stabilité et de la cohérence. Arrêtons d’opposer les énergies. L’électrique et le gaz sont complémentaires, la solution réside dans le mix énergétique », martèle Guillaume Lepers.







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