« Ça va se poursuivre pendant encore cinq à dix ans » : le Lot-et-Garonne face au défi de la baisse des effectifs scolaires

Malgré une nouvelle baisse des effectifs, l’Éducation nationale se veut optimiste pour cette rentrée Orientation, savoirs fondamentaux, téléphone portable et adaptation au recul démographique sont au cœur des priorités.

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« Je pense que l’année, je la mets sous le signe de l’ambition et de la coopération. » Pour son intervention de rentrée, ce mercredi 2 septembre, Alexandre Falco, directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN) de Lot-et-Garonne, a donné le ton. Malgré une nouvelle baisse des effectifs scolaires, l’institution entend maintenir le cap et surtout ne pas laisser les évolutions démographiques dicter seules l’avenir de l’école dans le département.

« On a plutôt de bons résultats dans certains domaines et je souhaiterais qu’on les consolide et qu’on progresse », explique-t-il. Quant à la coopération, elle doit permettre de dépasser les seules capacités de l’Éducation nationale. « Si l’école peut beaucoup, elle ne peut pas suffisamment seule. » Un état d’esprit qui se traduit cette année par plusieurs chantiers, de l’école primaire au lycée, mais aussi par un travail avec les collectivités locales. Rappelons que la dernière carte scolaire a mis la clé sous la porte à 21 classes cette année en 47.

« Un enseignant devant chaque classe »

Dans le premier degré, la rentrée s’effectue dans des conditions jugées satisfaisantes par la direction académique. Le département compte 26 938 élèves, de la maternelle au CM2, répartis dans 323 écoles, dont 304 publiques. Trois classes ont par ailleurs été ouvertes lors de la carte scolaire d’avril. Surtout, Alexandre Falco assure qu’un enseignant est bien présent devant chaque classe, notamment grâce à une brigade de remplacement permettant de faire face aux absences.

Le Lot-et-Garonne bénéficie également cette année de 73 enseignants stagiaires, soit 28 de plus que l’an dernier. Un chiffre que le DASEN considère comme un indicateur positif de l’attractivité retrouvée du département. « Soixante-treize stagiaires, c’est beaucoup quand même. On était loin de ce seuil il y a deux ans. »

Autre donnée mise en avant : le taux d’encadrement, qui s’établit à 19,9 élèves par enseignant dans le premier degré. Une moyenne qui place globalement le département dans une situation jugée « favorable ». Dans les collèges, les effectifs moyens restent eux aussi contenus. Le département compte 24 260 élèves dans le second degré.

Attentions à la chute… démographique

Car derrière ces conditions favorables se dessine une réalité autrement plus préoccupante : celle de la démographie scolaire. Le premier degré perd 508 élèves cette année, auxquels s’ajoutent 312 élèves en moins dans le second degré.

« C’est quelque chose qui est enclenché depuis un certain nombre d’années et ça va se poursuivre pendant encore entre cinq et dix ans », prévient le DASEN. Le phénomène dépasse largement les frontières du Lot-et-Garonne. À l’échelle de l’académie, la rentrée 2026 compte environ 7 400 élèves de moins. Selon les projections présentées par Alexandre Falco, la population scolaire de Nouvelle-Aquitaine pourrait encore diminuer d’environ 80 000 élèves au cours des dix prochaines années. « Une situation qui peut sembler paradoxale dans une région dont la population globale continue de progresser. »

Face à cette tendance, le DASEN veut éviter que les décisions concernant les écoles ne soient prises uniquement dans l’urgence. Depuis avril, il a donc engagé un travail avec les onze intercommunalités du département. D’ici décembre, chacune doit être rencontrée afin de présenter les projections de naissances, les effectifs attendus jusqu’en 2035 et les flux d’élèves.

L’objectif est de donner aux élus une vision précise de leur territoire pour leur permettre de réfléchir à l’évolution de leur réseau scolaire. « Ils ont le temps d’y réfléchir. Je pense que c’est une bonne méthode que de partager avec les élus les données objectives de la démographie. Ça leur permet d’être aussi partie prenante des choix qui vont devoir être pris et faits à l’avenir, sans pression. »

Donner davantage de choix

L’autre grand chantier de cette rentrée concerne l’orientation. Le Lot-et-Garonne affichait jusqu’ici un taux de passage en seconde générale et technologique inférieur à la moyenne académique. Un écart que l’Éducation nationale entend réduire.

« On avait un déficit de taux de passage en seconde GT. On était entre six et sept points en dessous de la moyenne académique. Il n’y avait pas de raison fondamentale que le Lot-et-Garonne soit six points en dessous par rapport à la Dordogne, par rapport aux Landes… » Un travail engagé avec les établissements a permis de faire progresser le taux de passage de 58,7 % à 61 % en un an, alors que 76 % des familles expriment une demande de seconde générale et technologique.

Derrière cette progression se joue, selon lui, une question d’égalité des chances. L’ambition est de permettre aux jeunes du département de disposer de l’ensemble des possibilités offertes après la troisième, parmi les voies générale, technologique, professionnelle ou agricole. L’Éducation nationale redoute en effet un « effet ciseau » entre la baisse démographique et le maintien d’une offre de formation suffisamment large. La rentrée est lancée. Reste désormais à transformer ces ambitions en résultats.

Nouvelle règle sur l’usage du téléphone //

L’interdiction de l’usage du téléphone portable au lycée vient compléter cette année les restrictions déjà existantes dans les autres niveaux. Alexandre Falco précise toutefois que le téléphone peut rester présent dans les établissements : c’est son usage qui est désormais interdit, avec des adaptations possibles dans les règlements intérieurs. Des exceptions pourront notamment être prévues pour des raisons médicales, liées au handicap, mais également dans le cadre d’activités pédagogiques. « L’idée, c’est pas de se décaler complètement des ressources numériques, mais c’est de faire en sorte que les élèves ne soient pas distraits, ne perdent pas en concentration et puissent éventuellement en faire un usage pédagogique. »

Les chiffres à retenir //

  • 51 198 élèves scolarisés en Lot-et-Garonne, de la maternelle au lycée, à la rentrée 2026.
  • 323 écoles, dans le premier degré
  • 67 établissements dans le second degré
  • 820 élèves en moins à la rentrée 2026
  • 19,9 élèves par enseignant en moyenne dans le premier degré.
  • 25,39 élèves par classe en moyenne au collège.

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