Economie : à Damazan, Kinoak veut faire du bio un moteur de croissance

Le groupe agroalimentaire dirigé par Thomas Breuzet inaugure son nouveau site dans la zone de la Confluence. Le bâtiment accueille désormais le siège de l’entreprise et ses activités végétales, avec l’ambition de changer d’échelle sans renoncer à un modèle fondé sur le bio et les filières locales.

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Il y a un peu plus de dix ans, Kinoak n’existait pas encore. Aujourd’hui, le groupe agroalimentaire né autour de Péchalou affiche 16 millions d’euros de chiffre d’affaires, emploie 85 salariés et rassemble quatre entreprises du Sud-Ouest. Une croissance construite étape par étape, qui conduit désormais Thomas Breuzet et ses équipes à franchir un nouveau cap à Damazan.

Depuis le 1er avril, le groupe a installé son siège dans les anciens locaux de la CABSO, sur le parc d’activités de la Confluence. Le bâtiment accueille également les activités végétales de Granabio et de Locadélice, réunies depuis le 1er juillet. C’est dans ces nouveaux locaux que Kinoak a inauguré officiellement son implantation vendredi 18 septembre, à quelques jours de la Journée européenne du bio.

Le changement de lieu traduit une évolution plus profonde qu’un simple déménagement. Il s’agit pour le groupe de disposer d’un outil capable d’accompagner une activité qui prend de plus en plus de place dans sa stratégie : les alternatives végétales bio.

Un même toit pour le végétal

Au centre, le nouveau site de Kinoak. ©Photo Kinoak

À Damazan, les desserts lactofermentés de Granabio et le tofu de Locadélice  ne sont donc plus séparés géographiquement. Près de 500 000 euros ont été investis dans les équipements et l’aménagement du bâtiment. À cela s’ajoute une levée de fonds obligataire de 1,25 million d’euros. « Nous visons environ 3 millions d’euros de chiffre d’affaires sur ce pôle, à un rythme de croissance supérieur à 20 %. Le site emploie une vingtaine de personnes et il est conçu pour porter notre développement sur les cinq prochaines années », détaille Thomas Breuzt, le dirigeant.

Un écosystème qui n’a rien d’un hasard

Si Kinoak a choisi les anciens locaux de la CABSO, ce n’est donc pas uniquement pour disposer rapidement d’un bâtiment adapté. Le groupe trouve à Damazan plusieurs partenaires avec lesquels il travaille déjà.

« Nous sommes à deux pas de la coopérative Manger Bio Sud-Ouest, dont je suis également le président et qui participe à la commercialisation de nos produits, ainsi que de Biocoop Sud-Ouest pour qui nous fabriquons », explique-t-il Cette implantation vient parallèlement renforcer la vocation agroalimentaire du parc de la Confluence, qui a récemment accueilli une antenne de l’Agropole.

Prochain relais de croissance

Car derrière le déménagement, Kinoak fait un pari sur l’évolution des habitudes alimentaires. « Les scénarios prospectifs sont particulièrement favorables aux sources de protéines végétales dans notre alimentation quotidienne, y compris dans les desserts », avance le dirigeant.

Granabio, également connue sous le nom de La Manufacture Végétale, se retrouve ainsi au cœur de cette stratégie. Ses desserts lactofermentés sont conçus à partir de différentes matières premières végétales, avec l’objectif de proposer une alternative qui ne se limite pas à reproduire les produits traditionnels.

Le dirigeant assume d’ailleurs un changement dans les habitudes alimentaires, sans opposer systématiquement produits animaux et végétaux. « Nous voulons vraiment accompagner les gens dans la transition alimentaire, leur permettre d’avoir une alimentation diversifiée, qui s’appuie à la fois sur de l’animal, moins, mais de meilleure qualité, et sur du végétal. Du végétal gourmand, qui rentre dans la consommation de tous les jours. »

« Le développement s’est fait par le bio »

Car Thomas Breuzet conserve la conviction que le bio peut constituer un véritable modèle économique pour les PME agroalimentaires. L’évolution de Péchalou lui sert de démonstration. En douze ans, la part du bio y est passée de 18 % à plus de 70 %, tandis que le chiffre d’affaires a presque quadruplé.

« Les chiffres parlent d’eux-mêmes », estime le président de Kinoak. « Le développement s’est fait par le bio. Les produits bio sont maintenant très largement majoritaires dans notre activité, tout en maîtrisant nos coûts. » Pour lui, le choix du bio ne signifie donc pas nécessairement accepter une croissance plus lente ou une rentabilité moindre. Il y voit au contraire un moyen pour les PME de se différencier face aux grands groupes. « Nous ne sommes pas dans la course aux prix bas, cette guerre des prix détruit de la valeur et éloigne des chaînes d’approvisionnement. Notre modèle, c’est de donner au produit son vrai prix, celui qui correspond à sa valeur réelle, et de rémunérer nos producteurs sur des contrats de long terme. »

Cette conviction dépasse désormais les frontières de Kinoak. Depuis près d’un an, Thomas Breuzet préside également le Synabio, le syndicat national des entreprises agroalimentaires biologiques.

À ce poste, il cherche notamment à faire davantage entendre la voix des entreprises. « L’une de mes priorités a justement été de valoriser la performance économique des entreprises de la transformation bio et faire entrer dans le débat ces centaines de dirigeants de la filière qui prennent un risque parce qu’ils y croient et qui jouent un rôle très structurant sur leurs territoires ».

Le syndicat doit présenter en octobre sa nouvelle feuille de route à l’horizon 2030. Thomas Breuzet veut y défendre « l’ambition de faire du bio le système alimentaire de référence. »

Du Périgord à Damazan, douze ans de croissance //

L’histoire de Kinoak commence véritablement en 2014, lorsque Thomas Breuzet reprend Péchalou, en Dordogne. À l’époque, la laiterie réalise 2,6 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie 18 personnes. Douze ans plus tard, la seule entreprise périgourdine pèse près de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires et compte 40 salariés.

Entre-temps, le dirigeant a également repris Baskalia, au Pays basque, en 2018, puis créé Granabio en 2019 à Estillac. En 2023, c’est Locadélice, fabricant de tofu bio installé en Gironde, qui rejoint l’ensemble. Le groupe adopte finalement le nom de Kinoak en mars 2026.

Une croissance qui s’est faite sans abandonner son ancrage régional. « Notre cœur de métier, ce sont des yaourts et desserts lacto-fermentés gourmands et innovants, principalement en bio (ndlr, deux tiers de l’activité), et introduisant beaucoup d’alternatives végétales ». Désormais, le groupe entend donner davantage de place à cette dernière branche.

Kinoak en chiffres //

16 M€ — Le chiffre d’affaires réalisé par le groupe dans le Sud-Ouest.

85 — Le nombre de salariés employés par Kinoak.

4 — Les entreprises réunies au sein du groupe : Péchalou, Baskalia, Granabio et Locadélice.

2 000 m² — La superficie du nouveau site installé à Damazan.

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