Près de 12 millions d’euros en moins dans les caisses départementales. C’est la facture que pourrait laisser le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 au Lot-et-Garonne, au titre du nouveau prélèvement de 1,8 milliard d’euros imposé aux Départements. En ouverture de la séance consacrée à nouvelle décision modificative du budget, la présidente Sophie Borderie n’a pas caché sa colère, quelques jours après avoir boycotté le discours de la ministre Françoise Gatel lors du congrès des Départements de France à Reims.
« Faire des Départements les variables d’ajustement budgétaire de l’État est tout simplement inacceptable. Et le summum du mépris est atteint avec ce tour de passe-passe : affecter d’un côté une fraction de CSG à hauteur de 300 millions d’euros et diminuer de l’autre les concours versés par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie du même montant. C’est donner d’une main ce que l’on reprend de l’autre », a fustigé l’élue. Face aux incertitudes qui entourent encore les débats parlementaires, l’exécutif a d’ores et déjà annoncé qu’il décalerait sa discussion budgétaire annuelle.
Dans ce climat qualifié d’« automne de la crise économique et sociale », Sophie Borderie a fait le tour de l’actualité, tenant par exemple à adresser aux salariés de Gifi toute la solidarité de sa majorité. Elle a également plaidé pour un débat de fond urgent sur l’avenir d’une jeunesse « en détresse », avant de rendre un hommage appuyé à la jeune Cléa, décédée récemment à l’issue d’un match de rugby.
Cantines, fraîcheur dans les collèges et gymnases
Sur le plan opérationnel, les ajustements budgétaires votés ciblent en premier lieu le quotidien des familles et des collégiens. Alors que le coût de production d’un repas dépasse désormais 9 euros, le tarif facturé aux familles dans les 28 collèges publics restera plafonné à 2,50 euros en 2027. Un maintien du pouvoir d’achat que la collectivité compensera à hauteur de 683 700 euros, en complément des 3,56 millions d’euros de dotations de fonctionnement et d’équipement.
Pour adapter les bâtiments scolaires aux épisodes de fortes chaleurs, l’acte II du Plan collège ouvre une enveloppe pluriannuelle de 500 000 euros dès l’an prochain. Elle financera l’installation d’une pièce climatisée par établissement pour les personnes vulnérables, la pose de ventilateurs de plafond dans les salles exposées et la végétalisation des cours, avec une expérimentation menée au collège de Mézin et l’ouverture d’un dialogue citoyen. En parallèle, 200 000 euros supplémentaires abondent l’enveloppe des travaux urgents, tandis que le Plan gymnases, doté de 3 millions d’euros est prolongé jusqu’à fin 2028 afin d’accompagner les chantiers de Sainte-Livrade, Penne-d’Agenais, Villeneuve Monflanquin, Monsempron-Libos et Casseneuil.
« Cap 47 » : penser le territoire à l’horizon 2047
La majorité départementale a posé les jalons d’une démarche prospective baptisée « Cap 47 ». « La question n’est pas de savoir si le Lot-et-Garonne va changer : il changera. La véritable question est de savoir si nous saurons anticiper ces transformations, les accompagner et en faire des opportunités », explique Sophie Borderie. Dès la mi-novembre, quatre forums ouverts à tous et éclairés par des spécialistes seront organisés dans chaque arrondissement, complétés par des escales sur les marchés et dans les communes, afin de dessiner avec les habitants, les élus et les acteurs économiques le visage du département à l’horizon 2047. « Il nous faut ouvrir des espaces de dialogue. Non pas pour imposer un point de vue, mais pour entendre les réalités vécues et imaginer ensemble le souhaitable », conclut la présidente.







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