GiFi : placé en redressement judiciaire, le groupe dispose de six mois pour poursuivre sa réorganisation

Le groupe lot-et-garonnais GiFi a été placé en redressement judiciaire ce mardi 3 novembre par le tribunal de commerce de Toulouse, à sa propre demande.

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C’était attendu. Une nouvelle étape s’ouvre dans la réorganisation de GiFi. Après plusieurs mois de difficultés économiques, l’enseigne fondée en 1981 par Philippe Ginestet a obtenu, ce mardi 3 novembre, son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Toulouse. Une démarche engagée par le groupe lui-même afin de poursuivre son activité dans un cadre judiciaire et de travailler à son redressement.

La décision prévoit une période d’observation de six mois, avec un premier rendez-vous fixé au 8 janvier 2027. À cette date, le tribunal examinera la situation de l’entreprise afin de « déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation ». Une échéance importante pour le groupe, qui compte aujourd’hui plus de 500 magasins en France et conserve son siège historique à Villeneuve-sur-Lot, où travaillent environ 630 salariés.

Ces dernières années, GiFi a dû s’adapter à plusieurs difficultés, notamment un changement de système informatique en 2023 ayant perturbé la gestion des stocks et des approvisionnements, ainsi qu’une concurrence renforcée sur le marché des petits prix, avec des enseignes comme Action et des plateformes telles que Temu. L’activité a également été affectée par des ventes saisonnières moins favorables. À l’été 2026, le groupe a connu une « dégradation brutale de l’activité », selon le tribunal, entraînant un besoin de trésorerie estimé entre 25 et 30M€. Faute de solution financière dans les délais, l’enseigne a choisi de solliciter son placement en redressement judiciaire.

Une nouvelle phase

Pour accompagner cette période, le groupe s’appuie sur Patrick Puy, nommé président du directoire le mois dernier. Spécialiste des restructurations d’entreprises, notamment passé par le groupe Vivarte, ce dernier avait expliqué la démarche aux salariés dans un courrier interne. « Le marché s’est nettement dégradé au cours de l’été et GiFi n’a pas été épargnée », reconnaissait-il.

Ces derniers mois, plusieurs initiatives avaient déjà été engagées pour adapter l’organisation du groupe. En 2025, un projet de réduction de 5 % des effectifs avait été envisagé avant d’être interrompu. Plus récemment, GiFi s’est rapproché du distributeur Grand Frais en vue de lui céder une trentaine de magasins, sur un réseau qui en compte plus de 500. Concernant les conséquences sociales de la procédure, Patrick Puy a assuré qu’elle n’entraînerait « par elle-même aucune conséquence immédiate sur l’emploi et aucun nouveau PSE ». Le dirigeant a également affirmé sa volonté de « protéger un maximum de salariés ».

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