
Pendant les deux derniers week-ends, c’est du côté des Fontanelles qu’il fallait être. Le Salon de l’habitat et la Féria agricole se sont enchaînés, réunissant à chaque fois plusieurs milliers de visiteurs dans une ambiance festive. Et quand le public est au rendez-vous, les exposants aussi s’arrachent les places disponibles. À tel point que les organisateurs sont obligés de faire des choix. Il vaut certes mieux ce type d’arbitrage que d’avoir du mal à remplir. Mais il faut bien le dire, l’espace est limité. Certains argueront que les 2700 m2 sont bien suffisants à l’échelle du bassin de vie. Ce n’est pas tant la surface qui pose problème mais plutôt son agencement. Et pour cause, le lieu avait au départ une vocation plutôt sportive. Le bâtiment se divise en trois pôles, deux salles contiguës offrant un peu moins de 2000 m2 ainsi qu’une mezzanine qui ne peut pas supporter trop de monde pour des raisons de sécurité. Cette configuration est loin d’être optimale. Pour ne rien arranger, la construction des années 80 commence à souffrir des affres du temps avec notamment des fuites au plafond. De plus, un espace de restauration est quasiment impossible à intégrer à l’intérieur en plus d’un village exposant.
L’avis de ses occupants
Jean-Paul et Jacqueline Cianfarani, responsables de l’association Aquidec, sont peut-être les mieux placés pour en parler. Locataires réguliers depuis 25 ans avec la Foire-expo, le Salon de l’habitat et bien d’autres encore souvent comme consultants, ils connaissent les avantages et les limites du site. « Le parc nous convient dans l’ensemble. L’espace est correct pour nos besoins. Il serait toutefois plus agréable de le voir rajeunir après 40 ans de bons et loyaux services, même si quelques peintures ont été refaites. Le parc a en effet quelques inconvénients, notamment la mezzanine et les espaces extérieurs en pente. La municipalité en est consciente et réfléchit certainement à son avenir. Selon moi, il faudrait que ce soit l’un des grands projets de la future mandature. »
Un contraste énorme avec Agen

Comparaison n’est pas raison, mais Agen dispose d’une infrastructure autrement plus attractive. Deux grands halls modulables de 3400 et 2000 m2 complétés depuis une décennie par l’Aréna du centre des congrès off rant 1800 m2 supplémentaires et un chapiteau permanent tout aussi grand. La dynamique du territoire n’est évidemment pas la même. L’accès direct à l’autoroute et au TGV permettent également d’attirer des manifestations d’envergure régionale voire nationale. Mais l’écart avec Villeneuve semble un peu disproportionné. Quand on connaît l’appétence de l’ex-maire devenu député Guillaume Lepers pour le « marketing territorial » et pour l’évènementiel, il semblerait logique de le voir défendre l’amélioration d’un de ses principaux outils d’attractivité. Voire une toute nouvelle construction.
Un problème pécuniaire d’ampleur
Petit caillou dans la chaussure : le coût de l’investissement. Un tel projet se chiffre en millions d’euros. Lorsque la ville de Mulhouse a souhaité ajouter un nouveau hall pour son parc des expos, elle a dû sortir le chéquier. 9,66 M€ pour 3000 m2. En misant sur une architecture simple et modeste, il serait probablement possible de baisser un peu le budget qui demeurerait malgré tout conséquent. Une rénovation de l’existant serait moins onéreuse, mais pas tant que cela et ne comblerait pas toutes les lacunes. Autre éventualité évoquée par certains cadres de la municipalité, l’ajout d’une structure semi-permanente (en somme un chapiteau amélioré) pour offrir un complément bienvenu au hall actuel à court terme. La part du budget investissement restant limitée, avec une part non négligeable mobilisée pour les « gros entretiens » et d’autres projets très ambitieux comme la reconversion de l’ancien hôpital Saint-Cyr, les élus actuels bottent en touche pour l’instant. « C’est à réfléchir », disent-ils.
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