Economie : entre inquiétudes et cap maintenu, la CCI du Lot-et-Garonne appelle à ne pas décrocher

Confrontée à une conjoncture économique et politique instable, la Chambre de commerce et d’industrie du Lot-et-Garonne a dressé un état des lieux sans fard.

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Le décor était élégant à l’hôtel Serra, mais le propos, lui, n’avait rien de feutré. Lors de la cérémonie des vœux organisée à Agen, le président de la CCI du Lot-et-Garonne, Frédéric Péchavy, a ouvert son intervention par un constat préoccupant. Selon lui, l’année écoulée restera comme l’une des plus déstabilisantes pour les entreprises. « Nous avons évolué dans un environnement où les repères ont souvent manqué », a-t-il résumé, évoquant un climat institutionnel et politique difficilement lisible. Cette instabilité, a-t-il souligné, « freine les prises de décision et fragilise un tissu économique déjà sous pression. » Plusieurs secteurs majeurs du département ont vu leur activité se contracter, tandis que les coûts continuaient de peser sur les trésoreries.

L’État appelle à garder une lecture équilibrée

Face à ce diagnostic sévère, le représentant de l’État a tenu à replacer la situation dans un cadre plus large. Pour Cédric Bouet, secrétaire général de la préfecture, certains indicateurs invitent à une lecture moins alarmiste. Il a rappelé que l’économie française conserve une dynamique positive et que le niveau d’emploi demeure élevé malgré un léger tassement. « Ces éléments doivent nous inciter à rester prudents dans nos analyses, mais aussi à ne pas sombrer dans un discours uniquement anxiogène », a-t-il déclaré.

Malgré ces mots, Frédéric Péchavy n’a toutefois pas minimisé la fragilité du moment. S’il a salué la capacité d’adaptation des chefs d’entreprise du territoire, il a aussi mis en garde contre un essoufflement possible. « Beaucoup ont tenu grâce à leur capacité à encaisser les chocs, mais cette résistance ne pourra pas durer indéfiniment sans signaux clairs », a-t-il prévenu.

Au-delà du constat économique, la cérémonie a aussi permis de se projeter. Axe majeur de l’action de la CCI, l’immobilier professionnel. En quelques années, la chambre consulaire est un acteur structurant sur ce segment en Lot-et-Garonne, à travers deux foncières détenant aujourd’hui une douzaine d’actifs répartis sur le territoire. L’objectif affiché est ambitieux : doubler ce patrimoine à moyen terme pour atteindre un volume d’actifs avoisinant les 30M€. « Il s’agit de proposer des solutions concrètes aux entreprises qui cherchent à s’implanter ou à se développer », a expliqué Yannick Villeneuve, rappelant que l’accès à des locaux adaptés reste un frein majeur pour certains projets.

Deux opérations doivent incarner cette stratégie. D’abord, l’achèvement du campus de Sud Management sur le Technopôle Agen-Garonne, en lien étroit avec l’agglomération. Ensuite, la construction annoncée d’un hôtel d’entreprise à l’horizon 2026. Ce futur équipement est pensé comme un lieu d’accueil et d’accompagnement pour les jeunes entreprises, offrant des espaces modulables et des services mutualisés.

Sud Management à l’heure d’un tournant stratégique //

La formation s’est invitée au cœur des annonces de la CCI, avec un focus particulier sur l’avenir de Sud Management. Étroitement liée à la chambre consulaire, l’école traverse une phase délicate que son directeur général, Yannick Villeneuve, a qualifiée de « période de turbulences ». Un changement de nom est annoncé, sans que le futur intitulé ne soit encore connu, et il s’accompagnera d’une évolution de la gouvernance. Après le départ de Ludovic Bonnet, en poste depuis 2022 et licencié pour motif économique en fin d’année dernière, Yannick Villeneuve prend lui-même la direction de l’établissement. « Il s’agit d’assainir la situation et de redonner de la visibilité à l’école », a-t-il expliqué, alors que deux exercices déficitaires ont fragilisé la structure. Pour la CCI, l’enjeu est stratégique. A l’approche de son installation sur le futur campus du TAG, l’établissement doit, selon la chambre consulaire, retrouver un nouvel élan afin de renforcer son rôle au service des compétences et de l’économie locale.

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