Politique : changement de règles, renouvellement, santé mentale, collaborateurs… Les enjeux de ces municipales pour les futurs élus

L'Association des maires du Lot-et-Garonne pointe quelques éléments-clés du scrutin qui se tiendra dans à peine deux mois.

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Les grandes dates //

– 26 février (à 18h) : date limite pour le dépôt des candidatures auprès de la préfecture.

– 2 mars : début officiel de la campagne, autorisant la « propagande » électorale (professions de foi, bulletins de vote, affichage…)

– 15 mars : premier tour des élections municipales

– 22 mars : second tour, dans l’hypothèse où aucune liste n’obtient la majorité absolue à l’issue du premier tour.

Des changements importants pour les communes de moins de 1000 habitants //

Les villages recensant moins de 1000 âmes représentent près de 80% des 319 communes du Lot-et-Garonne. Et ces communes sont soumises à de nouvelles exigences pour ce scrutin municipal 2026. La loi impose désormais la parité avec une alternance stricte femme/homme, comme pour les villes plus peuplées. Ce principe s’applique sur l’ensemble de la liste mais aussi dans le pool d’adjoints au maire. Il est en revanche possible d’avoir un tandem maire-premier adjoint de même sexe.

On entre ainsi dans un système de « liste bloquée », ce qui met fin à une tradition ancestrale dans la ruralité française : le panachage. Jusqu’alors, dans les villages, il était possible pour un électeur de voter en faveur de candidats de listes différentes, voire de non-candidats. Un véritable « sport » dans certaines bourgades. Le 15 mars, ne seront comptabilisées que les enveloppes contenant un seul bulletin. Une seule marque sur ledit bulletin suffira à le rendre nul… Certaines vieilles habitudes vont devoir changer ! L’Association des maires du Lot-et-Garonne s’attend à un nombre important de suffrages nuls cette année.

La délicate gestion de la communication pour les sortants //

Un maire sortant conserve ses fonctions et l’institution municipale continue de fonctionner normalement jusqu’à l’issue du scrutin. À ce titre, l’élu peut continuer à défendre les projets qu’il a portés pendant son mandat et communiquer dessus. Mais s’il est simultanément candidat, cela peut fausser l’équité par rapport à ses adversaires. Si la loi donne un cadre général, elle ne peut pas trancher a priori toutes les petites nuances. « La règle tacite, c’est qu’on ne va pas au-delà de ce qui était pratiqué les années précédentes, dans un contexte non électoral. En cas de litige, le tribunal administratif apprécie la fluctuation des dépenses pour déterminer d’hypothétiques abus », dit-on du côté de l’ADM 47.

48% de nouveaux maires sur ce mandat

Près de la moitié des maires élus en 2020 n’avait pas enfilé l’écharpe en 2014. Un taux de renouvellement très important. L’Association des maires du Lot-et-Garonne estime qu’une fois encore, le renouvellement des têtes pourrait atteindre les 40%, seulement sur la base des candidatures non renouvelées des premiers édiles sortants. Si l’on ajoute des renversements de majorité dans les urnes, ce chiffre pourrait encore grimper. Certains territoires s’annoncent plus stables que d’autres.

Qui dit nouveaux maires dit nouveaux équilibres au sein des intercommunalités, en particulier dans les Bastides en Haut-Périgord Agenais ou sur Fumel – Vallée du Lot. Un aspect à prendre en compte pour les candidats aux municipales, qui doivent, dès le dépôt de leur liste, faire figurer leurs (éventuels) futurs représentants dans les instances communautaires. Beaucoup de choix stratégiques à anticiper.

La leçon de l’épisode Covid //

Comme précisé ci-avant, le Lot-et-Garonne comptait énormément de nouveaux maires au printemps 2020 et ceux-ci ont pris de plein fouet la pandémie avec son lot de complexités administratives et une certaine solitude dans l’exercice. On a connu entrée en matière plus douce… L’ADM 47 a décidé de ne pas laisser les futurs élus livrés à eux-mêmes et prévoit d’organiser une sorte « d’université d’été », probablement au mois de juin, de manière à réunir tous ses membres dans un moment de convivialité transpartisan.

La question de la santé mentale //

Grande cause nationale en 2025, la santé mentale sera aussi un sujet de préoccupation majeur en Lot-et-Garonne pour l’année à venir. L’Association des maires souhaite ainsi, en partenariat avec l’ARS, former ses membres afin qu’ils puissent « se protéger eux-mêmes » face à un exercice beaucoup plus dur émotionnellement qu’il n’y paraît. Les élus étant quotidiennement « à portée de baffes » avec un taux d’agressions en hausse, ils doivent être accompagnés. L’objectif est également qu’ils soient en mesure d’identifier des situations problématiques. Même chose dans la gestion des crises avec des ateliers co-animés par des membres du GIGN.

La place centrale des « secrétaires de mairie » //

Il se murmure dans certains hôtels de ville que le « vrai patron », ce n’est pas le maire mais son/sa secrétaire de mairie. Ce qui est certain, c’est que les deux composent un binôme indissociable dans la conduite des affaires municipales. Leur bonne entente est donc fondamentale. Malheureusement, des projections nationales prévoient le départ à la retraite de près de la moitié de ces agents, pour beaucoup des femmes, d’ici 2030. Un petit séisme en prévision. Le Centre de gestion de la fonction publique territoriale de Lot-et-Garonne (CDG 47), actuellement présidé par Christian Delbrel, s’efforce de former 20 à 25 nouveaux professionnels par an. Afin de revaloriser la fonction, une réforme fait évoluer le statut en secrétaire général de mairie (catégorie B minimum).

319 communes appelées à voter //

Environ 55% des communes du département comptent moins de 500 habitants. Pour autant, aucun projet de fusion n’est avancé à ce jour. Le Lot-et-Garonne ne suit pas la dynamique d’autres départements comme la Dordogne qui a multiplié les initiatives ces dernières années.

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