Finances publiques : le Département se stabilise mais reste prudent

Le débat d'orientations budgétaires 2026 du Conseil départemental laisse entrevoir de la continuité après les importantes économies réalisées l'an passé.

0 Shares

Décidément, les manifestations agricoles continuent d’occuper les esprits des élus départementaux quand il faut débattre des orientations budgétaires 2026. Ce moment important dans le calendrier de la collectivité devait initialement se tenir le 19 décembre. Le groupe d’opposition 100% Lot-et-Garonne, mené par Pierre Chollet, avait décidé de ne pas y participer pour se rendre devant la préfecture auprès des agriculteurs qui avaient annoncé, par la voie de leur chambre consulaire, qu’ils seraient « sévères avec les absents ». Une injonction très mal vécue par certains sur la forme, même si le fond des revendications est partagé par l’ensemble des élus. La séance s’est finalement tenue le 9 janvier. Et il fut longuement question de… crise agricole avec moult interventions de soutien en ce sens. Si le Conseil départemental n’a pas beaucoup de moyens d’action vis-à-vis de la cause paysanne, il en a en revanche (un peu) pour maîtriser ses propres dépenses.

Les économies de 2025 confirmées

L’exercice 2025 avait été marqué par une recherche d’économies historique. La majorité était alors parvenue à dégager 44 M€. Au-delà du cas lot-et-garonnais, une trentaine de Départements se trouvaient « en grande difficulté financière », un nombre qui aurait doublé aujourd’hui… Le CD47 ne fait cependant plus partie de cette catégorie. « Nous avons sauvé les meubles parce que nous avons fait ces efforts », souligne la présidente Sophie Borderie. Un état de fait que l’opposition ne conteste pas. « En parcourant votre rapport d’orientations budgétaires, nous devons reconnaître que celui-ci démontre que vous avez réalisé des économies au cours de l’année 2025. Nous avons bien enregistré que sur certains points, vous avez suivi nos recommandations comme le fait de contenir les dépenses de fonctionnement, maîtriser les investissements, et vous libérer des dépenses hors compétences. En tant qu’opposition constructive, nous pensons toutefois que nous aurions fait mieux », concède un Pierre Chollet un brin taquin.

« Le dernier rempart social »

Qu’en est-il maintenant pour 2026 ? Le Département navigue à vue tant que l’État n’a pas voté de budget. La promesse du doublement du fonds de sauvegarde, qui rapporterait quelques millions d’euros de recettes supplémentaires, n’est pas prise pour acquis tant que les deniers ne seront pas versés. « On n’a aucune garantie », déclare Sophie Borderie. Le mot d’ordre est donc « prudence ». « Le flou ambiant pèse sur notre capacité à anticiper, planifier, à sécuriser nos politiques publiques. Nous subissons des décisions nationales et pourtant, on attend de nous que nous absorbions le choc, que nous amortissions les crises et que nous restions le dernier rempart social. C’est une équation profondément injuste et structurellement intenable à long terme pour les départements. Et pourtant, malgré ce contexte contraint, ces incertitudes et les efforts imposés, notre collectivité peut aujourd’hui regarder l’avenir avec responsabilité, parce que nous avons fait des choix difficiles, parfois douloureux, mais nécessaires tout en refusant la facilité du renoncement ou de l’abandon de politiques publiques essentielles. Nous restons maître de notre destin budgétaire », assure Christian Dézalos, vice-président aux finances.

« Pas un retour à meilleure fortune »

Cette reprise en main implique de la continuité et donc la poursuite de ces fameux efforts. « Il ne s’agit pas d’un retour à meilleure fortune : c’est un seuil de résistance financière, minimal, qui ne permet ni relâchement ni promesses irréalistes. » Le niveau d’investissement, jugé « élevé » et principalement concentré sur le réseau routier et le Plan Collèges, restera sensiblement identique à 2025. Idem pour le soutien aux communes et intercommunalités. L’augmentation des dépenses de fonctionnement sera contenue au « minimum » possible selon la commande de la présidente qui, en outre, se refuse à « un endettement excessif. »

Très recentré sur ses compétences, « le Département réaffirmera son rôle central de protecteur des plus fragiles » en poursuivant le « virage domiciliaire » opéré pour faire face au vieillissement de la population. La protection de l’enfance demeure quant à elle « une priorité absolue ». Malgré un budget en hausse de 44% sur quatre ans, l’opposition réclame encore plus de moyens pour l’aide sociale à l’enfance.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

+ 27 = 29