Municipales 2026 : Laurent Bruneau étrille Jean Dionis : « Beaucoup de copié-collé, voire de la contrefaçon »

Le candidat de la gauche agenaise livre une tranchante analyse du programme de ses adversaires, en particulier celui du maire sortant.

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« On a enfin les trois programmes… » Laurent Bruneau commençait à s’impatienter. Sa liste Vivement Agen avait livré le sien dès le 13 décembre dernier. À chaque proposition, déjà plusieurs mois avant cela, Jean Dionis n’a pas manqué l’occasion de poser un regard critique, faisant même de « Bruneau les impôts » un aphorisme de sa campagne. Maintenant que le maire sortant a publié ses 112 engagements pour le mandat 2020-2026, le leader de la gauche agenaise peut rendre les coups, et ne se prive pas d’en adresser quelques-uns à Sébastien Delbosq. « L’offre est désormais connue pour les Agenais. On a le RN, empreint de nostalgie, qui prône un retour vers le passé et le macroniste Jean Dionis du Séjour qui veut faire la même chose qu’au cours des 18 années passées. Seule notre liste est porteuse de changement », estime Laurent Bruneau.

« Pourquoi attendre 2026 ? »  

L’avocat voit néanmoins quelques points positifs parmi les propositions de son adversaire. « On y voit beaucoup de copié-collé, voire de la contrefaçon. Il va même jusqu’à se contredire lui-même. Encore récemment, sur France 3, il disait que les deux heures de gratuité pour le stationnement étaient une erreur de fond. Que le principe de centre de santé municipal allait contre sa philosophie. Et pourtant, il y vient. C’est à devenir chèvre. Il sort soudainement de son chapeau des mesures qu’il aurait déjà pu prendre depuis un certain temps puisqu’il est aux manettes depuis déjà trois mandats. Pourquoi attendre 2026 pour nommer un adjoint à la sécurité publique et créer une brigade d’intervention rapide que nous réclamons ? Il a probablement constaté que nos idées sont les bonnes. Mieux vaut voter pour l’original que la copie », lâche Laurent Bruneau, convaincu par ailleurs que le « départ au dernier moment » de son adversaire lui joue des tours. « On a l’impression de voir un élève copier sur ses camarades, y compris les erreurs. Il reprend dans son programme le modèle hybride un peu flou et bancal juridiquement parlant du centre de santé municipal pensé par le RN. »

« On ne voit pas la révolution promise »

Le leader de la gauche unie (qui pourrait toutefois faire face au très discret Parti des travailleurs) ne s’arrête pas là. « On ne voit pas la révolution promise alors qu’il est déjà coupable de l’état de la ville et de la place du Pin à laquelle il s’intéresse soudainement, de la désertification du centre-ville, du mal-manger des enfants dans les cantines, de monter les automobilistes et les cyclistes les uns contre les autres avec une rocade à vélo dont personne ne veut, de ne pas avoir anticipé certains travaux comme ceux de la passerelle Gauja, de la dette qui a explosé… », énumère-t-il de façon non exhaustive, promettant de corriger le tir sur ces différents points. Au-delà des « reprises », Laurent Bruneau souhaite marquer sa différence. « Là où Jean Dionis propose un catalogue et du mitage, nous allons mener un programme cohérent, chiffré avec beaucoup de réalisme et de vrais engagements. Par exemple, pour l’attractivité du centre-ville, tout part du retour des familles avec un travail sur une offre de logements adaptés, sachant qu’il y a 19,8% de vacance sur le parc privé. Si les foyers vivent là, ils consommeront là », illustre-t-il.

Au RN, « le symbole l’emporte sur le fond »

L’union des droites menée par le Rassemblement national n’est pas plus épargnée. « Leur programme nous laisse perplexe. Le couvre-feu systématisé des mineurs est une atteinte disproportionnée à la liberté individuelle et a été retoqué à plusieurs reprises. Leur réforme de l’école n’est pas de leur ressort mais de l’Éducation nationale, sans aucune étude sérieuse qui en montre les bénéfices. Le doublement des effectifs de la police municipale est fantaisiste avec 2 M€ de surcoût pour la Ville. La porte est même laissée ouverte à une augmentation des impôts locaux. Comme à chaque fois, le symbole l’emporte sur le fond », déplore un Laurent Bruneau décidément très offensif.

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