Agen : Voie verte, piétonnisation… comment la Ville veut transformer les berges du canal ?

Entre les ponts de Courpian et de Piketty, la Ville engage 1,75 million d’euros pour transformer un secteur délaissé en promenade paysagée. Un premier pas avant, peut-être, une piétonnisation plus large du quai Dunkerque.

0 Shares

C’est sans doute l’un des dossiers les plus politiques du dernier conseil municipal de la mandature. La transformation du quai Dunkerque, régulièrement évoquée ces dernières années, revient dans le débat public. L’idée : réserver l’actuelle voirie aux mobilités douces et reporter la circulation automobile en contrebas, le long de la voie ferrée. Un schéma déjà étudié lors du précédent mandat, mais resté dans les cartons sous l’effet des contraintes budgétaires liées à la crise sanitaire puis à l’inflation. Aujourd’hui, la majorité estime que le contexte est redevenu favorable. « Il faut reconnecter la ville à son canal et repenser cet axe stratégique », défend la première adjointe Clémence Brandolin-Robert. Le conseil municipal n’a toutefois validé qu’une étape technique en une convention de financement de 2 millions d’euros destinée à acquérir et préparer l’ancienne zone de petit triage sur laquelle pourrait passer la future voie automobile. La mise en œuvre concrète dépendra désormais de la prochaine équipe municipale.

Vers une voie verte en fin d’année

Indépendamment de ce débat plus large, un chantier est, lui, acté : la création d’une voie verte entre le pont de Courpian et le pont de Piketty, le long du Canal latéral à la Garonne. Ce secteur, au pied de l’Ermitage, s’est retrouvé sous pression depuis la fermeture de la passerelle Gauja en 2023. Faute de franchissement direct au-dessus des voies SNCF, les piétons ont reporté leurs trajets sur ces berges jusqu’ici peu valorisées. « La situation nous a obligés à accélérer la réflexion sur ce quartier », reconnaît le maire Jean Dionis. « Ce n’était plus un simple cheminement secondaire, mais un axe structurant. » Le futur aménagement prévoit un itinéraire sécurisé pour piétons et cyclistes, agrémenté de plantations et d’un traitement paysager complet. Les anciennes maisons éclusières dégradées ont été démolies, tout comme l’ancien local du club de kayak-polo, afin de libérer l’espace. La Ville entend transformer un passage utilitaire en véritable promenade urbaine. La requalification suppose également une réorganisation du stationnement. Les véhicules aujourd’hui garés côté canal seront déplacés vers le talus SNCF, où une quarantaine de places seront créées. La livraison de cet aménagement a été annoncé en conseil municipal pour décembre 2026.

Sur le plan budgétaire, l’opération représente 1,75 million d’euros. La Ville prévoit un financement croisé : 20 % via le Fonds de solidarité territorial lié aux Lignes nouvelles du Sud-Ouest, 20 % par l’État au titre de la Dotation de soutien à l’investissement local, et une participation de l’Agglomération d’Agen. La commune porterait environ 40 % du montant, soit 700 000 euros en autofinancement. Une mécanique financière comparable à celle adoptée pour la rénovation de la passerelle Gauja. La municipalité esquisse ainsi une recomposition progressive des berges agenaises. Reste à savoir si la prochaine mandature choisira d’en faire un simple ajustement urbain… ou un véritable tournant dans la zone.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

71 + = 76