Tourisme : en Agenais, une fréquentation qui résiste malgré un été en demi-teinte

Le bilan 2025 de Destination Agen fait apparaître une fréquentation globalement stable sur l’agglomération. Mais derrière ces chiffres, la saison estivale a laissé un goût mitigé aux professionnels du tourisme.

0 Shares

Une fréquentation qui se maintient sur le territoire //

Réunis mardi 10 mars au parc de loisirs Happy Forest, à Pont-du-Casse, les acteurs du tourisme de l’agglomération d’Agen ont découvert les grandes tendances de la saison 2025. Présenté par l’office de tourisme Destination Agen, le bilan fait apparaître une activité relativement stable, avec plusieurs centaines de milliers de nuitées enregistrées sur le territoire. Au total, près de 430 000 nuitées touristiques ont été comptabilisées dans les 44 communes de l’agglomération. Dans les bureaux d’accueil, environ 18 000 visiteurs ont été renseignés au cours de l’année. « La destination Agen continue d’attirer, mais nous devons encore progresser pour exploiter pleinement notre potentiel touristique », résume Bruno Javerzac, directeur de Destination Agen.

Des visiteurs majoritairement français //

La clientèle hexagonale demeure largement dominante. Elle représente près de 85 % des visiteurs, même si sa part recule légèrement. Les touristes étrangers restent minoritaires mais leur présence progresse. Parmi eux, les Britanniques arrivent en tête, suivis des Espagnols et des Belges. Une tendance qui confirme l’attractivité de la région auprès de certains marchés européens. Côté hébergement, l’hôtel reste le mode d’accueil le plus fréquent, devant les locations meublées de type gîtes ou appartements touristiques. « Les visiteurs cherchent souvent un séjour court, avec un point de chute central pour rayonner autour d’Agen », observe-t-il.

Un été en demi-teinte pour les professionnels //

Si les chiffres globaux restent solides, la saison estivale n’a pas répondu à toutes les attentes. La première moitié de juillet a été jugée plutôt calme avant une seconde quinzaine plus dynamique. Le mois d’août, en revanche, s’est révélé plus difficile pour de nombreux professionnels. Les touristes ont continué à venir, mais leur comportement a évolué. « Les vacanciers réservent de plus en plus tard et surveillent leurs dépenses », constate le directeur. Selon les données recueillies, plus des trois quarts des réservations ont été effectuées au dernier moment. Cette tendance a également eu un impact sur les budgets : les dépenses sur place ont reculé, signe d’une vigilance accrue des voyageurs face au contexte économique.

Des résultats contrastés selon les sites touristiques //

Dans l’agglomération, les performances varient selon les lieux de visite. Le parc d’attractions Walygator reste l’équipement touristique le plus fréquenté du secteur avec plus de 200 000 visiteurs, malgré un léger recul. Le parc aquatique Aqualand enregistre également une baisse. À l’inverse, le patrimoine culturel tire son épingle du jeu. Le musée des Beaux-Arts d’Agen a bénéficié de l’exposition « Lumières françaises », qui a attiré plusieurs milliers de visiteurs en fin d’année. « On observe une vraie curiosité pour l’histoire locale et l’architecture », souligne un guide-conférencier. Les visites guidées proposées par l’office de tourisme rencontrent aussi un intérêt croissant.

Miser sur la nature et le tourisme durable //

« Le tourisme agenais ne repose pas uniquement sur l’été », insiste Bruno Javerzac. « Notre enjeu est d’attirer des visiteurs toute l’année et de mieux valoriser ce qui fait l’identité du territoire. » Pour l’office de tourisme, l’avenir passe aussi par la valorisation des atouts naturels et patrimoniaux du territoire. L’agglomération dispose notamment d’un réseau de plus de 800 kilomètres de sentiers balisés, qui séduit les amateurs de randonnée et de cyclotourisme. Le développement du tourisme durable et du tourisme d’affaires figure également parmi les pistes envisagées pour renforcer l’attractivité locale.

Le canal des Deux Mers attire de plus en plus //

Autre motif de satisfaction : la forte progression de la fréquentation sur le canal des Deux Mers, notamment à la halte fluviale de Boé. Le site a enregistré une hausse importante du nombre de passages, confirmant l’attrait du tourisme fluvial et des mobilités douces. Pour les acteurs du tourisme, ce potentiel reste encore sous-exploité. Plusieurs professionnels estiment qu’une modernisation des équipements d’accueil permettrait de prolonger les séjours des plaisanciers et cyclotouristes. Les professionnels cherchent désormais à transformer les passages sur le canal en séjours.

La taxe de séjour au cœur des discussions //

Autre sujet abordé lors de cette rencontre : la taxe de séjour, qui finance en partie les actions de promotion touristique. En 2025, elle a généré plus de 430 000 euros de recettes, provenant principalement des hôtels et des locations meublées. Cinq communes concentrent l’essentiel de cette contribution, avec Agen en tête. Si les professionnels reconnaissent son utilité, l’évolution de cette taxe suscite des interrogations, notamment avec l’ajout de nouvelles contributions régionales et départementales. « Nous comprenons qu’il faut financer la promotion du territoire, mais la hausse des charges peut devenir un sujet sensible pour certains hébergements », souligne un gérant de gîte. De son côté, la direction de Destination Agen se veut rassurante. « La taxe existe dans toutes les destinations touristiques et notre niveau reste comparable à celui observé ailleurs », rappelle Bruno Javerzac.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

75 + = 82