Santé en Lot-et-Garonne : des logements pour les futurs médecins

Afin de lever les freins à la venue des externes et des internes en médecine sur le territoire, plusieurs initiatives sont engagées à Agen et Villeneuve-sur-Lot.

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Le contexte //

La lutte contre la désertification médicale est un enjeu majeur du moment. Il suffit de voir la hiérarchie des priorités dans les programmes des candidats aux élections municipales pour le mesurer. Chaque action peut ainsi apporter sa pierre à l’édifice. « Même si c’est une compétence régalienne, le Département a pris ce sujet à bras le corps tant notre territoire est sous-doté. Autour de la plateforme Bienvenue Docteur, que nous avons créée, se pose l’enjeu d’attirer de nouveaux médecins. Il fallait déjà augmenter le nombre de maîtres de stage universitaires pour recevoir des internes et bientôt une trentaine de docteurs juniors. Le deuxième levier est familial. Les chances d’installation se multiplient quand il y a des attaches personnelles sur le territoire. D’où nos actions à destination des lycéens. Et enfin, les conditions d’accueil sur les lieux de stage », énumère la vice-présidente Annie Messina. La réforme des études de santé de 2021 autorise les externes en médecine (de la 4e à la 6e année) à réaliser leurs stages en dehors des CHU. Cela offre encore plus de perspectives pour faire venir ces futurs professionnels en Lot-et-Garonne au cours de leur cursus. Sachant qu’il leur faut souvent garder un logement (et donc un loyer à payer) en parallèle de leur stage, faciliter l’hébergement devient primordial.

Agen : L’Enap en renfort //

Comme le rappelle Isabelle Martin, la directrice adjointe du Centre hospitalier Agen-Nérac (CHAN), les capacités de l’établissement en matière d’accueil des étudiants sont « saturées ». Ce qui n’est pas le cas sur un autre campus agenais. L’École nationale de l’administration pénitentiaire est un petit village à elle seule. « Nous accueillons 6000 apprenants à l’année », précise la directrice de l’Enap, Sophie Bondil. Cet impressionnant flux humain, venu de toute la métropole et des territoires ultra-marins, impose des infrastructures suffisamment calibrées. Et c’est le cas avec l’extension récente. Ces chambres disponibles, l’Enap a décidé de les mettre à disposition des étudiants en médecine dans le cadre d’une convention avec le Département, le CHAN et la CPTS Grand Agenais. Pour les externes, l’hébergement est gratuit. Pour les internes et docteurs juniors, cela l’est également pendant deux mois avant de passer sur un tarif préférentiel. Les autres installations leur sont également ouvertes comme le gymnase et les différentes salles de sport, le foyer pour gérer ses propres repas ou encore le restaurant collectif avec des repas à 4€. Cinq étudiants en ont déjà profité.

Pour Sophie Bondil, c’est « un partenariat gagnant-gagnant ». Car il y a une contrepartie intéressante à cet hébergement. Le CHAN et la CPTS mèneront des actions de prévention et de sensibilisation à l’Enap sur des questions de santé publique : précarité somatique, addictions, sexualité, sommeil, dépistages divers… Les salariés comme les apprenants de l’Enap seront mieux accompagnés dans leur quotidien.

Villeneuve-sur-Lot : Après les hospitaliers, un internat pour la médecine de ville //

Sur le Villeneuvois, la problématique de l’hébergement est similaire. Actuellement, les internes du Pôle de santé de la Vallée du Lot sont logés dans des locaux mitoyens de l’Ehpad de Gajac, voisins du centre-ville et peu éloignés du PSVL. Mais les étudiants hospitaliers ne sont pas les seuls à être attendus sur le Grand Villeneuvois. Après avoir formé un grand nombre de maîtres de stage sur le territoire, la CPTS Visiosanté 47, présidée par le Dr Florence Graneri, espère attirer un maximum d’internes sur la partie médecine de ville, pour accompagner les praticiens dans leur exercice en cabinet. Sans oublier les docteurs juniors très attendus. « L’attractivité médicale passe par des choses concrètes. Prendre soin de ceux qui nous soignent et nous soigneront demain est essentiel. Il faut leur permettre de concilier l’équilibre professionnel et personnel. S’épanouir est la première condition pour s’installer », explique Florence Graneri. C’est en ce sens que l’internat existant rue du Port de Gajac fait aujourd’hui l’objet d’importants aménagements. Cela commence avec une salle de sport toute équipée, en attendant 13 nouvelles chambres, avant la fin de l’année si tout se déroule comme prévu. La CPTS Visiosanté 47 porte ce projet dont le budget s’élève à environ 400 000 euros. Maintenant que la parenthèse électorale s’achève, le bouclage des subventions publiques va pouvoir reprendre son cours. Le groupe Pasteur Mutualité (mutuelle des professionnels de santé) fait également partie des financeurs. Actuellement, trois jeunes futurs « médecins de ville » y ont pris leurs quartiers. « Il y a un vrai lien ville-hôpital qui s’établit, pour le bien du territoire », se félicite Florence Graneri, aux côtés de Valérie Altuzarra, directrice déléguée du PSVL qui met ses installations à disposition de la CPTS.

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