Agen : « On est pris de court par le dysfonctionnement de la majorité précédente », Laurent Bruneau face aux premiers arbitrages budgétaires

À quelques jours du conseil municipal du 20 avril où se tiendra notamment le débat d'orientations budgétaires, la nouvelle équipe de la mairie dévoile une situation financière plus fragile qu’attendu.

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À peine installée, la nouvelle majorité municipale veut tourner la page des campagnes électorales. « On est impatients de pouvoir se mettre vraiment au travail », affirme le maire Laurent Bruneau qui, entouré de Pierre Dupont, son premier adjoint, et d’Armonie Bargues, conseillère déléguée au budget, évoque une équipe « en ordre de marche » depuis le 23 mars. Portée par « l’espoir » exprimé par les habitants, l’équipe a consacré ses premiers jours à la prise de contact avec les services et au lancement des projets structurants. Mais le véritable coup d’envoi politique se jouera lundi, avec le passage obligé du débat d’orientation budgétaire (DOB).

La déconvenue

Temps fort de la vie municipale, le DOB doit éclairer les choix à venir avant le vote du budget. Il s’appuie sur un rapport construit par les services, dont la lecture semble avoir réservé quelques surprises à l’exécutif. Un premier signal d’alerte est donné d’emblée par l’équipe Bruneau : l’épargne brute. Elle s’établissait à 12,9 % fin 2025, mais pourrait chuter à 9,6 % fin 2026. « On est sous un premier seuil d’alerte », reconnaît le maire. Or, en dessous de 10 %, une collectivité est incitée à redresser sa trajectoire financière. Deuxième indicateur préoccupant : l’endettement. La capacité de désendettement passerait de 6,4 à 10,4 années, franchissant là aussi un seuil critique. « Les chiffres qu’on découvre ne correspondent pas à la “bonne gestion” vantée par l’ancienne équipe municipale durant la récente campagne », insiste Laurent Bruneau. Armonie Bargues confirme l’inquiétude : « Ce taux d’épargne brute doit être au moins égal au remboursement du capital des emprunts, et le reste doit être investi. Et là, ça sera juste… », prévient-elle, évoquant un écart de plus de 1,6 M€ par rapport à 2025.

Face à cette situation, la municipalité annonce le lancement imminent d’un audit externe pour comprendre les choix passés et ajuster rapidement la stratégie. « On veut avoir le résultat pour début juin, afin d’adapter le budget », précise le maire. Concrètement, cela implique une analyse fine des dépenses de fonctionnement, « ligne par ligne », afin d’identifier les marges de manœuvre.

Les premières mesures concrètes

En parallèle des contraintes budgétaires, la majorité entend déployer rapidement plusieurs engagements de campagne. Priorité au pouvoir d’achat pour Pierre Dupont, qui énumère : « baisse du prix des cantines d’un euro, mise en place d’un kit scolaire, extension de la gratuité du stationnement à deux heures. » Sur le plan sécuritaire, des réunions mensuelles entre police municipale, police nationale et parquet sont annoncées.

Sur des sujets plus concrets, comme la circulation sur le boulevard piéton, la municipalité hérite de situations complexes. L’arrêté encadrant les cyclistes et les usagers de trottinettes a expiré sans renouvellement. « On est pris de court, car on voulait abroger cet arrêté avec de l’accompagnement, avec des idées d’aménagements pour repenser les espaces de circulation sur les accès piétons. Néanmoins, on n’abandonne pas l’idée », reconnaît le maire, qui renvoie, en attendant, au strict respect du code de la route et des règles de bonne conduite en centre-ville. Le mandat débute donc sous le signe d’un équilibre délicat. Le conseil municipal du 20 avril devrait en donner le ton.

La délicate refonte des relations avec l’Agglomération //

Autre dossier majeur à l’ordre du jour, la remise à plat du pacte de mutualisation avec l’Agglomération. Une délibération doit lancer un processus de négociation pouvant durer jusqu’à huit mois. Le premier édile, défait lors de l’élection à la présidence de l’intercommunalité au profit d’Olivier Grima, souhaite désormais redonner de l’autonomie à sa ville. « Le maire d’Agen ne peut pas ne pas avoir de services, de cabinet », souligne Laurent Bruneau. La démarche est présentée comme « une refondation », sans volonté de « tout casser ». Si l’impact financier reste incertain, la municipalité se veut prudente. « Dans l’absolu, ça ne devrait pas trop avoir d’impact », avance le maire, tout en reconnaissant les risques organisationnels en cas de séparation complète.

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