Comment Saint-Sylvestre a su séduire deux ophtalmologues du Nord

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Les docteurs Ayoub et Jasmine Mihoubi ont célébré lundi 22 juin la pose de la première pierre de leur future clinique qui constitue une avancée majeure pour la santé sur le territoire. 

« Je n’ai qu’une hâte, que ces murs s’élèvent, que cette porte s’ouvre et pouvoir enfin vous y accueillir un à un les yeux dans les yeux. » Ces mots, à prendre au sens médical, sont ceux de Jasmine Mihoubi. Avec son mari Ayoub, ils ont lancé la construction du Pôle ophtalmologique de la Vallée du Lot, dont l’ouverture au public est prévue courant 2027. Il sera érigé à Saint-Sylvestre, en contrebas d’une Maison de santé pluridisciplinaire qui a, selon eux, « ouvert la voie » il y a un peu plus de dix ans. « Elle a prouvé qu’en milieu rural, quand la volonté est là, on peut attirer, fédérer et faire vivre une vraie équipe de soignants. Ce pôle n’est pas un projet isolé, c’est le prolongement naturel d’une dynamique déjà engagée. Et le lieu que nous avons choisi en dit long. C’est exactement là où la santé de proximité devait continuer de s’écrire », déclare Ayoub Mihoubi dans un discours qui a touché un grand parterre d’élus lors de la cérémonie de la pose de la première pierre lundi 22 juin avec, en toile de fond, les tractopelles déjà à l’œuvre. Si toutes les huiles étaient réunies, c’est bien parce que ce projet est un tournant majeur dans le monde de la santé dans ce coin de Lot-et-Garonne. Cette spécialité en grande tension voit arriver deux nouveaux praticiens de très loin, prêts à prendre en charge d’innombrables patients. Jusqu’à 70 par jour chacun, de leur propre aveu, « en donnant le temps nécessaire à chaque patient », suivi régulièrement ou ponctuellement. Pour beaucoup, fini les recherches à plusieurs dizaines voire centaines de kilomètres pour obtenir une consultation, avec des délais parfois très longs. « La vue, elle, n’attend pas. Un glaucome qui s’installe en silence, une dégénérescence maculaire qui avance, une rétinopathie chez un patient diabétique, un trouble visuel chez un enfant qui commence mal son année scolaire parce qu’il ne voit pas correctement le tableau… Tout cela se dépiste et se traite, à condition qu’il y ait quelqu’un près de chez soi pour le voir à temps. Ce projet est né de ce constat concret, pas d’un plan sur le papier », note Ayoub Mihoubi.

Compétition avec d’autres villes

Installé dans la Somme, le jeune couple (33 et 31 ans) a ainsi choisi de poser ses valises entre Villeneuve et Fumel. Pourquoi ? Parce que le papa d’Ayoub, pneumologue de profession, a exercé pendant une année dans la ville-centre de l’arrondissement. Malgré ce début d’attache, l’affaire était loin d’être du tout-cuit. D’autres villes étaient en compétition, en particulier Périgueux et Narbonne. « Au-delà du cadre professionnel, on était attentifs à la qualité de vie sur la durée. Avec l’accueil que l’on a reçu, ce fut un vrai coup de cœur », révèle Jasmine Mihoubi. Les deux médecins ont pu compter sur plusieurs acteurs locaux mobilisés. À commencer par Yann Bihouée, l’ancien maire de Saint-Sylvestre, mobilisé sur ce dossier des prémices jusqu’à son aboutissement. La CPTS VisioSanté 47, avec sa référente le Dr Florence Graneri et son chargé de projet Nicolas Genaudeau, s’est montrée très active pour faciliter cette implantation et financer un angiographe. La com-com Fumel-Vallée du Lot assure pour sa part l’extension du parking. Et puis bien sûr le Pôle de santé, à cinq minutes de là, qui ouvre son plateau technique pour toutes les interventions chirurgicales, en secteur 1 sans dépassement d’honoraires. 

Une opération privée et des perspectives de renforts

Cette (future) clinique est une opération 100% privée. Le couple Mihoubi porte sur ses propres deniers un investissement avoisinant les 3 millions d’euros. Le bâtiment, dessiné par l’architecte agenais François de La Serre, s’étend sur une surface plancher de 1400 m2, divisée en deux niveaux. Les installations ultra-modernes sont pensées pour offrir le meilleur parcours patient possible et pour le confort de tous les professionnels de santé qui vont y travailler. Car aux côtés des deux ophtalmologues, toute une équipe sera présente, composée notamment de personnel administratif, d’assistantes médicales ou encore d’orthoptistes. La configuration prévoit aussi de la place pour deux médecins supplémentaires. Ces potentiels renforts ne relèvent pas de la science-fiction. « On a des amis et confrères qui sont intéressés. Ils attendent notre retour d’expérience. J’ai aussi la chance d’avoir une sœur ophtalmo comme moi. Pour l’instant, on se lance à deux mais il y a des perspectives concrètes », glisse Jasmine Mihoubi. Cette vision d’avenir a notamment permis de séduire la banque qui accompagne le projet. À l’image du Centre de la Po en cœur de bastide, la tendance semble être aux infrastructures haut-de-gamme pour séduire de nouveaux collaborateurs. Ce qui est certain, c’est que le territoire ne manque plus d’acteurs pour jouer les ambassadeurs auprès des soignants de demain. 

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