Urgences en Lot-et-Garonne : « Que les maires n’acceptent pas l’inacceptable » 

Président de l'Association des maires de Lot-et-Garonne (ADM 47), Guillaume Lepers monte au créneau avec une certaine colère contre les régulations des urgences.

0 Shares

« Vous connaissez l’histoire de la grenouille que l’on cuit tout doucement pour qu’elle, soi-disant, ne sente rien ? » À travers cette métaphore bien connue, Guillaume Lepers alerte sur un danger qui guette l’un des services publics les plus essentiels : la santé. En cette rentrée, les urgences du Pôle de santé de la Vallée du Lot ont subi plusieurs fermetures nocturnes ou régulations des entrées. Idem du côté de Marmande. Pour le président de l’Association des maires de Lot-et-Garonne, la situation est grave. « Il y a 20 ans, on aurait eu des manifestations dans tous les sens. Là, on entend une petite musique différente : « Ce n’est qu’une soirée, qu’un week-end… » En réalité, c’est le début d’une catastrophe. » C’est comme cela qu’avait commencé le démembrement de certaines agences postales rurales ou des petites lignes ferroviaires. Sauf que là, l’enjeu est autrement plus important. « On doit monter au créneau. Que les maires n’acceptent pas l’inacceptable. On ne peut pas s’habituer à ça, à cette médiocrité. Ce serait comme valider le déclin. Après, ce sera quoi ? Les maternités ? La disparition d’un hôpital tout entier ? On ne peut pas se le permettre. Le maillage géographique est déjà au minimum », lance Guillaume Lepers.

Une demande d’audience à Paris

Mobilisant un large consensus parmi les élus sur tout le territoire, quelle que soit la couleur politique, il demande une audience auprès de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. « Nous avons des propositions à lui faire. Déjà par le passé, j’avais alerté et soumis une cartographie des zones en grande tension. Nous sommes dans un cercle vicieux. Nous manquons de personnel hospitalier. Les professionnels de santé présents sont dans un état de saturation depuis bien trop longtemps. Leur bonne volonté ne durera pas éternellement. Les conditions se dégradent tellement que ça nuit forcément à l’attractivité. Comment voulez-vous qu’un médecin bordelais ait envie de venir ici ? Des dispositifs compensatoires sont indispensables. Les dotations d’hôpitaux ruraux doivent être majorées », estime le président de l’ADM 47. Pour l’instant, les signaux renvoyés sont catastrophiques, comme en témoignent les attributions de « docteurs juniors » dans le département. « Plutôt bien doté » sur la médecine de ville, le Lot-et-Garonne ne recevra qu’un seul poste en milieu hospitalier (à la Candélie). Rien au CHAN, rien au PSVL ni à Marmande-Tonneins… « Quand j’ai découvert ça, j’étais dans une colère noire. Je n’en veux pas aux dirigeants locaux des établissements ou de l’ARS. Ils bricolent comme ils peuvent. Mais ce bricolage n’est plus tenable. » Une audience donc à Paris pour sensibiliser le gouvernement. Cependant, à quelques mois de la présidentielle, y a-t-il une chance concrète d’obtenir des réponses structurelles ? Guillaume Lepers veut rester optimiste : « Je pense qu’il peut y avoir des débuts de solution. En tout cas, on va tout essayer. Je mobiliserai tous les leviers que je peux. Et puis ces débats peuvent aussi s’inviter dans la campagne. » Pour le moment, l’élu se refuse au bras de fer. Pour le moment…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

− 2 = 3