Politique : Le ministre du Logement à Villeneuve-sur-Lot : que retenir de sa visite ?

Vincent Jeanbrun, membre du gouvernement Lecornu, s'est rendu dans la Bastide pour faire un tour d'horizon des projets (et des problématiques) du centre-ville en compagnie d'élus locaux.

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Le cortège qui déambulait dans la bastide jeudi 3 septembre n’est pas passé inaperçu. Au cœur de ce groupe, Vincent Jeanbrun. « Qui est-ce ? », pouvait-on entendre ici et là parmi les chalands, commerçants et habitants du quartier. Réponse : le ministre du Logement. Dans le climat actuel de tension et d’instabilité politique, le trombinoscope du gouvernement n’est plus vraiment à jour dans l’esprit de nombreux citoyens. En l’espace de quatre ans, il est la cinquième personne à hériter de ce portefeuille. Malgré le manque de notoriété, Vincent Jeanbrun a été reçu par de nombreux acteurs institutionnels locaux pour une visite qui ne fut pas express. Le ministre a pris le temps, guidé par le maire Guillaume Lepers, dans les ruelles du centre historique.

Courtoisie, remontée d’infos ou solutions réelles ? 

Lors d’une visite gouvernementale, une question se pose systématiquement. À quoi cela sert-il ? Dans un peu plus de 200 jours, la France aura un nouveau Président de la République (ou Présidente) et un nouvel exécutif sera composé. Avec ce court CDD en guise d’horizon, Vincent Jeanbrun peut-il apporter des éléments concrets pour aider Villeneuve dans sa transformation ? Est-il venu s’inspirer des initiatives locales et constater les problématiques rencontrées pour élaborer de futurs plans de soutien aux villes moyennes ? Ou est-il venu par simple courtoisie après l’avoir promis au premier édile, qui fut son collègue au sein du groupe Les Républicains sur les bancs de l’Assemblée nationale il y a quelques mois ?

Villeneuve illustre « ce qui se fait de mieux » selon le ministre  

Questionné, Vincent Jeanbrun a évoqué le programme Action Cœur de ville, dont la seconde mouture est actuellement « pleinement mobilisée », bientôt suivi d’une nouvelle version « avec de nouvelles perspectives ». En parallèle, l’Agence nationale de la rénovation urbaine prépare elle aussi sa mutation vers un troisième volet qui sera « à 360 degrés » : « Il concernera le logement et le bâti, mais aussi l’activité économique, les services publics et l’espace public. Il intègre la lutte contre le changement climatique (ndlr, création de parcs, végétalisation) et le remembrement de l’habitat dégradé », précise le ministre. Sa confiance envers ces développements malgré le contexte électoral repose sur l’existence « d’un vrai courant transpartisan pour trouver des solutions sur la thématique de la relance du logement ». Il souligne que le premier soutien de Villeneuve, c’est Villeneuve elle-même. « Avec la motivation déployée et la capacité de la ville à aller chercher des financements, la dynamique est déjà là. L’équipe municipale illustre aujourd’hui ce qui se fait de mieux en matière de travail partenarial et d’ambition de rénovation. C’est complexe, technique et cher, mais quand la volonté est là, le chemin est tracé. L’État doit assurer une mobilisation continue de ses services et de tous les dispositifs existants. »

Les espoirs vis-à-vis de Saint-Cyr

En face, qu’attendent la mairie et la Communauté d’agglomération ? Pour résumer, un mix de subventions pour les projets onéreux, de simplification réglementaire afin d’accélérer ces mêmes projets ainsi que la poursuite de l’appui en ingénierie déjà déployé. L’exemple le plus emblématique est celui de l’ancien hôpital Saint-Cyr, programmé en clôture de cette visite. « Il faut que l’on arrive à le sécuriser par tous les moyens », martèle Guillaume Lepers. Les sommes pour cette sécurisation et la démolition de certains bâtiments sont estimées entre 5 et 7 millions d’euros. Et ce avant même d’envisager y installer un campus ou toute autre activité. Autant dire que sans l’État, ce ne sera pas pour tout de suite. Le maire villeneuvois se contente d’ailleurs désormais d’un objectif modeste, celui de voir les travaux commencer avant de quitter l’Hôtel de Ville. Il annonce « dix, voire vingt ans pour certaines tranches ».

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