À Pujols, le maire « interdit » à son tour de tomber malade pour alerter sur l’accès aux soins

Après Marmande, Yvon Ventadoux signe un arrêté municipal volontairement absurde pour dénoncer les difficultés d’accès aux soins et les inquiétudes autour de l’avenir du Pôle de santé du Villeneuvois.

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À Pujols, mieux vaut être en bonne santé. Du moins si l’on en croit le nouvel arrêté municipal signé ce jeudi 1er octobre par le maire Yvon Ventadoux. Son objet : « portant interdiction d’être malade sur le territoire de la commune de Pujols ». Une décision évidemment impossible à appliquer, mais dont l’objectif est précisément de provoquer et d’alerter sur une situation bien réelle : les difficultés rencontrées par les habitants pour accéder aux soins.

Le texte municipal ne laisse d’ailleurs guère de place au doute. « À compter de la publication du présent arrêté, il est interdit à toute personne d’être malade sur le territoire de la commune de Pujols », peut-on lire dans son premier article. Les habitants qui ressentiraient les premiers symptômes sont même invités à « reporter » leur maladie à une date ultérieure, sous réserve des disponibilités médicales.

Derrière l’ironie, la mairie pointe surtout l’absence de solution pour garantir à chacun un accès aux professionnels de santé. « Il est évidemment impossible d’interdire aux habitants d’être malades », reconnaît ainsi l’arrêté. Mais, poursuit le texte, ce qui devrait être possible est de « leur garantir qu’ils pourront être soignés lorsqu’ils en auront besoin ».

Le Pôle de santé du Villeneuvois au cœur des inquiétudes

Cette initiative intervient alors que l’organisation future de l’offre hospitalière suscite des interrogations dans le département. Une circulaire ministérielle publiée le 30 juillet prévoit notamment de renforcer les coopérations et les mutualisations entre établissements au sein des groupements hospitaliers de territoire (GHT). Le texte demande aux établissements de réaliser un diagnostic de leur organisation et de définir des plans d’action afin de consolider l’offre publique de soins.

À Pujols, c’est notamment l’avenir du Pôle de santé du Villeneuvois qui inquiète la municipalité. L’arrêté évoque les « menaces » que pourraient faire peser ces évolutions sur l’établissement et rappelle que la commune ne dispose ni du pouvoir de décider du nombre de médecins, ni de celui d’imposer l’ouverture de services hospitaliers.

La mairie pousse alors volontairement le raisonnement jusqu’à l’absurde. Les accidents, fractures, douleurs soudaines ou difficultés respiratoires sont eux aussi déclarés « interdits » par l’arrêté. Quant aux urgences médicales qui surviendraient en dehors des horaires de prise en charge, elles seraient « particulièrement malvenues ».

Une mobilisation qui dépasse Pujols

La démarche de Yvon Ventadoux fait écho à celle engagée quelques jours plus tôt à Marmande. Le maire Joël Hocquelet y avait lui aussi pris un arrêté symbolique interdisant à ses administrés de tomber malades afin d’alerter sur les difficultés d’accès aux soins et l’avenir du centre hospitalier intercommunal Marmande-Tonneins. À Marmande, cette initiative s’est accompagnée d’une motion adoptée par le conseil municipal pour défendre notamment le maintien d’urgences accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. La fermeture temporaire du service dans la nuit du 9 au 10 septembre, faute de médecin urgentiste, avait notamment ravivé les inquiétudes locales.

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