Economie en Lot-et-Garonne : le futur du Technopole se prépare déjà

Alors que la première phase du Technopole Agen Garonne approche de la saturation, l’Agglomération prépare son extension sur 53 hectares, à cheval sur trois communes. La concertation publique vient de s’achever pour anticiper les besoins des entreprises sans négliger les inquiétudes des riverains.

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Dans l’Agenais, l’Agglomération veut prendre de l’avance. La première phase du Technopole Agen Garonne (TAG), à l’ouest d’Agen, approche de ses limites. Pour éviter de manquer de terrains disponibles à l’horizon 2028, la collectivité travaille déjà à la création d’une deuxième zone d’activité, le TAG 2. Un projet d’environ 53 hectares, qui doit permettre de poursuivre l’accueil d’entreprises sur le territoire.

Le sujet était à l’ordre du jour du conseil communautaire du jeudi 8 octobre. Les élus ont arrêté le bilan de la concertation publique organisée du 1er juin au 28 août, une étape qui clôt cette phase de dialogue, mais ne vaut ni validation définitive de l’ensemble du projet ni lancement des travaux. Les études doivent se poursuivre, avec une attention particulière portée aux accès, à la circulation et au cadre de vie des habitants proches du futur site.

Anticiper la saturation du TAG 1

L’enjeu est d’abord foncier. « Lancé en 2013 et entré dans sa première phase opérationnelle à la fin de 2015, le Technopole Agen Garonne compte aujourd’hui 22 entreprises et environ 1 300 emplois. Sur les 90 hectares ouverts à l’urbanisation, 48 hectares ont été commercialisés et 24 autres réservés. Il ne reste donc que 18 hectares disponibles, tandis que le rythme de commercialisation avoisine huit hectares par an », soulignait le président de l’Agglo Olivier Grma. À ce rythme, la première phase pourrait arriver à saturation autour de 2028. Or, la suite ne peut pas simplement s’enchaîner. Une partie du foncier prévu pour le développement de la zone est occupée par la base de travaux ferroviaires liée à la Ligne nouvelle du Sud-Ouest (LNSO), entre Bordeaux et Toulouse. Sa libération n’est attendue qu’en 2032.

Le TAG 2 doit donc permettre d’assurer la continuité. L’objectif est de disposer de nouvelles parcelles commercialisables dès 2028, sans attendre la disponibilité de l’ensemble des terrains de la phase suivante « On a besoin d’avoir un espace pour continuer d’offrir des opportunités sur le territoire », poursuit-il. 

Le projet se situe sur les communes de Sainte-Colombe-en-Bruilhois, Roquefort et Brax, à une dizaine de kilomètres à l’ouest d’Agen. À proximité de l’autoroute A62 et de l’échangeur d’Agen-Ouest, le secteur bénéficie d’une position stratégique pour les entreprises (voir notre édition du 30 juin 2026). La future gare de la ligne nouvelle Bordeaux-Toulouse fait également partie des grandes infrastructures qui dessinent les perspectives de développement du secteur.

« Sur les quelque 53 hectares envisagés, environ 30 hectares seraient destinés à l’accueil d’activités économiques. L’agro-industrie, la logistique et les activités liées à l’économie verte figurent parmi les orientations envisagées. »

Les inquiétudes des riverains

Reste une condition essentielle à l’avancée du projet : son intégration dans le territoire. La concertation publique, organisée pendant près de trois mois, a recueilli contributions et avis. Si l’intérêt économique du projet n’est généralement pas remis en cause, les conséquences sur la vie quotidienne des riverains suscitent des interrogations.

« La question des déplacements concentre l’essentiel des préoccupations. Les participants évoquent l’augmentation possible du trafic, la circulation des poids lourds et les risques pour la sécurité. Plusieurs contributions soulignent la nécessité de mieux séparer les flux liés aux activités économiques de ceux des habitants. D’autres interrogations portent sur les types d’entreprises qui seront accueillies, les éventuelles nuisances et les retombées réelles en matière d’emplois. La collectivité devra préciser ces éléments au fil de l’avancement des études.

« C’est toujours une opportunité »

À Sainte-Colombe-en-Bruilhois, commune directement concernée par le projet, la maire Dominique Milani reconnaît l’intérêt de cette perspective. « C’est toujours une opportunité de voir le développement sur son territoire », estime-t-il. L’élue salue également la prise en compte des recommandations et des inquiétudes formulées, qu’il oppose à ce qui, selon elle, « n’avait peut-être pas été suffisamment entendu lors de la création de TAG 1. »

Le bilan de la concertation acte ainsi la nécessité de poursuivre les échanges avec les communes et les riverains, particulièrement autour du hameau de Fanguette. Pour Olivier Grima, « on pousse le curseur autant que possible. » Avant de devenir une nouvelle réserve de terrains pour les entreprises, TAG 2 devra encore préciser ses contours avant d’entrer en vigueur dans moins de deux ans. 

Le TAG 2 en chiffres //

  • 53 hectares envisagés pour la nouvelle phase du Technopole.
  • 30 hectares destinés à l’accueil d’activités économiques.
  • 22 entreprises et près de 1 300 emplois dans la première phase du TAG.
  • 18 hectares encore disponibles parmi les terrains ouverts à l’urbanisation du TAG 1.
  • 2028 : horizon auquel la première phase pourrait atteindre la saturation.
  • 2032 : date attendue de libération de la base de travaux ferroviaires occupant une partie du foncier prévu pour la suite.

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