En entrant dans l’enceinte de l’association Inaya à Sainte-Livrade-sur-Lot, c’est d’abord la tendresse, la tendresse immédiate envers ces quelque 200 pensionnaires à quatre pattes (principalement des chats, des chiens, des chevaux et des chèvres) qui méritent tous de trouver un foyer aimant et chaleureux. Mais pour autant, faire vivre un tel refuge n’est pas toujours une partie de plaisir et le quotidien est loin des clichés. « Beaucoup ont une idée hyper romantique du bénévolat et pensent venir pour faire des câlins. Mais 90% du travail consiste à ramasser les crottins, frotter les bacs de transport et nettoyer les litières… Nous sommes le personnel de nos animaux », souligne la présidente-fondatrice Héléna Daelman, qui a créé l’association en 2019 suite à la maladie de sa ponette Inaya.
Ce personnel si essentiel vient parfois à manquer. Pour assurer les nombreuses missions sept jours sur sept tout au long de l’année, des bras sont nécessaires, « même une matinée par semaine ». La moitié des volontaires s’arrêtent après un ou deux essais face à la réalité de ces tâches parfois ingrates. Mais Héléna n’abdique jamais devant les difficultés et peut s’appuyer sur une équipe dévouée d’une quinzaine de bénévoles actifs, des jeunes comme des retraités. Chaque profil est précieux, tel Thierry, bricoleur aux « mains en or » qui en l’espace de trois ans s’est démené sur des chantiers de maçonnerie, plomberie et électricité. Sans être directement à leur contact, il a beaucoup œuvré pour ces bêtes, malheureusement toujours plus nombreuses.
Accueillir sans juger face aux aléas de la vie
Depuis janvier, 180 chats et 68 chiens ont été recueillis. Loin de jeter la pierre aux anciens propriétaires, la fondatrice rappelle qu’on ne connaît pas la vie des gens ni les situations parfois déchirantes qui les contraignent à se séparer d’un animal. « Ce ne sont pas toujours des abandons de confort, mais souvent des abandons de nécessité. Je ne compte plus les appels de familles qui n’ont plus d’argent à la fin du mois pour nourrir ou soigner leur compagnon », révèle-t-elle. Outre la précarité sociale, il y a les départs en maison de retraite, les décès, les séparations de couple provoquant un emménagement dans de petits appartements, des foyers confrontés à un animal au caractère incompatible avec des enfants en bas âge…
La solidarité d’Inaya a un coût. L’an passé, les frais vétérinaires ont avoisiné les 100 000 euros. À cela s’ajoutent l’alimentation et certains aménagements. Les frais d’adoption sont là pour couvrir la quasi-totalité de ces dépenses. Ce qui n’est pas toujours suffisant, surtout quand le refuge doit faire face aux imprévus comme une épidémie de typhus cet été. À titre personnel, Héléna fait déjà le maximum en mettant gratuitement sa propriété à disposition et en réglant les factures d’eau et d’électricité, en plus de consacrer sa vie entière à cette cause. Des lotos et dons permettent d’apporter quelques deniers. Des subventions complémentaires ne seraient pas de refus, les collectivités n’étant que très peu présentes dans le budget de l’asso.
Une « chatonnerie » et l’espoir d’un foyer pour Black
Malgré ce manque de moyens, le refuge continue d’évoluer pas à pas. Après la création d’un chenil plus adapté, une « chatonnerie » vient d’être inaugurée dans la grange. Cette vaste nurserie permet aux jeunes chatons de grandir et jouer dans un environnement préservé, sans subir le stress d’entrer dans des cages lors des journées d’adoption. « Les visiteurs entrent dans la pièce et ce sont les animaux qui choisissent de venir vers eux. C’est un principe qui prédomine chez nous », sourit la responsable. Un aménagement qui laisse aussi plus de place aux chats adultes et à la zone de quarantaine pour les malades.
Enfin, Héléna se bat quotidiennement pour offrir une retraite en famille à ses doyens, comme Black. Au refuge depuis plus de trois ans, ce chien de chasse âgé d’une dizaine d’années reste plein de force et très affectueux malgré quelques problèmes d’articulation. Il est proposé à l’adoption pour 50 euros via l’opération Doyens. « Il est adorable, j’espère qu’il trouvera un foyer aimant pour vivre encore quelques belles années en famille », confie-t-elle avec espoir.
Les deux prochains rendez-vous au refuge
– Dimanche 8 novembre de 10h à 17h : Journée d’adoption
– Dimanche 29 novembre, de 10h à 17h : Marché de Noël en présence du Père Noël. Au programme : vente de décorations, atelier créatif et maquillage pour les enfants, collecte de dons pour les animaux au pied du sapin, défilé de chiens, vide-maison et tombola.
Infos //
Refuge Inaya
894 route de Merdassou à Sainte-Livrade-sur-Lot
06 11 50 13 17







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