Agen : les collections du musée des Beaux-Arts s’offrent une nouvelle vie sous les voûtes des Jacobins

Pendant les travaux de rénovation du musée des Beaux-Arts, ses collections prennent leurs quartiers à l’église des Jacobins. Dès ce jeudi 29 octobre, les visiteurs pourront y retrouver les chefs-d’œuvre emblématiques du musée, mais aussi découvrir des pièces rarement exposées.

0 Shares

Il a fallu quelques semaines pour transformer l’ancienne église en véritable musée. Entre les imposantes voûtes des Jacobins, les tableaux ont retrouvé leurs cimaises, les sculptures leurs socles et les objets les plus précieux leurs vitrines. L’essentiel est là : le musée des Beaux-Arts d’Agen s’apprête à entamer un nouveau chapitre de son histoire, loin de ses murs habituels.

Une installation rendue nécessaire par les importants travaux engagés au musée et qui vont s’étendre sur plusieurs années. Plutôt que de laisser ses collections hors de portée du public, la Ville a choisi de leur offrir un nouveau lieu d’exposition. « On a cette chance à Agen d’avoir un endroit pour pouvoir continuer le service public à travers les œuvres qu’on a », s’est réjoui Nasser Menni, adjoint au maire chargé de la culture.

De Goya aux dents de dinosaures

Loin de se limiter à un simple déménagement de tableaux, cette nouvelle présentation a été pensée comme une véritable redécouverte des collections agenaises. Au centre de l’église, une « nef des arts » invite à traverser les époques, de l’Antiquité à la création contemporaine. Autour, six espaces thématiques explorent tour à tour l’histoire des donateurs, l’archéologie, le monde animal, le portrait, les paysages et les objets du quotidien.

Un parcours qui permet de retrouver quelques-unes des pièces les plus célèbres du musée, à commencer par l’autoportrait de Goya, la Vénus de Tayrac ou encore Le Ballon, attribué à l’atelier de Goya. « On a conjugué la présentation de chefs-d’œuvre avec des œuvres qui étaient dans les réserves », ajoute Adrien Enfedaque, conservateur en chef du patrimoine et directeur du musée. Parmi elles, des dents de dinosaures, des objets archéologiques, des porcelaines et de nombreuses céramiques. « La quasi-totalité des objets que vous avez dans ces vitrines n’a jamais été présentée au public depuis presque 60 ou 70 ans. »

Car, le conservateur tient à le rappeler, le musée agenais ne se résume pas à ses grandes peintures. « Avec près de 130 000 œuvres et objets conservés, ses collections embrassent aussi bien les beaux-arts que l’archéologie, les sciences naturelles ou les arts décoratifs. » Cette diversité trouve notamment son origine dans les nombreux dons et legs qui ont enrichi les collections au fil des générations. Le premier espace du parcours leur rend d’ailleurs hommage, à travers plusieurs objets emblématiques et une frise retraçant l’histoire du musée.

« C’est grâce à eux que le musée d’Agen est ce qu’il est. Sans ces dons de collectionneurs, le musée ne compterait peut-être que 10 % des œuvres actuellement conservées », souligne Adrien Enfedaque. Le visiteur pourra notamment découvrir des pièces issues des collections du comte de Chaudordy, célèbre pour avoir légué les Goya au musée, mais également un élément d’un service en porcelaine de Sèvres conçu pour la comtesse d’Artois, belle-sœur de Marie-Antoinette. Autant de témoignages d’une histoire patrimoniale qui dépasse largement les frontières du Lot-et-Garonne.

Une scénographie repensée… ou presque

Pour donner forme à ce musée temporaire, les équipes ont également fait le choix de réemployer une grande partie des installations de l’exposition Lumière française, précédemment accueillie aux Jacobins. Une démarche à la fois économique et environnementale. « C’est un bel exemple de ce qu’on appelle l’éco-conception, qui est très présente dans les musées actuellement. » Sous la direction du scénographe Éric Noguès, les structures ont été réagencées pour accueillir ce nouveau parcours. L’ensemble a été conçu pour dialoguer avec l’architecture des Jacobins tout en facilitant les visites guidées, les ateliers et l’accueil des scolaires.

Dès février 2027, l’art contemporain s’invite aux Jacobins

Si cette présentation des collections constitue le socle du nouveau musée, elle n’a pas vocation à rester figée. Les œuvres exposées seront régulièrement renouvelées et plusieurs expositions temporaires viendront enrichir le parcours au fil des années.

La première est déjà annoncée pour le 4 février 2027. Intitulée Grand angle, elle fera dialoguer les collections du musée avec des photographies du Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA. Un projet qui rendra notamment hommage à Louis Ducos du Hauron, pionnier agenais de la photographie couleur, dans le cadre du Bicentenaire de la photographie. Le musée célébrera également ses 150 ans lors d’un rendez-vous festif annoncé pour le 18 décembre. En attendant, dès jeudi, les Agenais pourront retrouver leurs œuvres favorites dans un cadre inhabituel et découvrir, au détour des vitrines, quelques trésors jusqu’ici restés à l’abri des regards.

Renseignements //

Ouverture au public dès le jeudi 29 octobre 2026.

Vernissage gratuit le vendredi 30 octobre dans la limite des places disponibles

Église des Jacobins, rue Richard-Cœur-de-Lion, Agen.

Renseignements : 05 53 87 88 40 – www.musee-agen.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

61 − 53 =