Bientôt une station de BioGNV sur l’Agenais

Les stations BioGNV continuent de se développer sur le territoire régional pour créer un véritable maillage. Après Villeneuve-sur-Lot et Damazan, le Lot-et-Garonne accueillera sa troisième station à Boé, sur le marché aux bestiaux, dans deux ans.

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C’est un projet d’envergure qui commence à prendre forme. Dans le cadre de la feuille de route « NeoTerra », dédiée à la transition écologique et énergétique en Nouvelle-Aquitaine, un réseau d’infrastructure d’avitaillement au BioGNV (Gaz naturel pour véhicule) se développe depuis quelques années déjà. Ce carburant, qui repose sur le principe de méthanisation des déchets, est particulièrement adapté au transport de marchandises et a déjà impacté un certain nombre de professionnels. Le réseau continue de s’étendre, puisque d’ici 2028, on recensera plus de 40 stations sur l’ensemble de la région pour assurer un maillage, tandis que l’on en comptait 11 seulement en 2019. En Lot-et-Garonne, l’ouverture de deux stations à Damazan et Villeneuve-sur-Lot, accessibles 24h/24 en libre-service, s’est faite, entre autres, suite aux demandes reçues d’acteurs locaux comme Biocoop et Picard, afin de rendre leurs livraisons « propres ». Et ce grâce à l’initiative de Territoire d’énergie 47, syndicat départemental en matière d’énergie depuis 1953, qui s’active sur le sujet. Il a créé en 2019 le projet ‘Mobiogaz 47’ pour développer localement les stations BioGNV.

Et une troisième va bientôt voir le jour sur l’Agenais, plus précisément sur le marché aux bestiaux de l’avenue d’Aquitaine, à deux pas du Marché d’intérêt national (MIN). Un emplacement stratégique qui permettra de toucher des acteurs professionnels, collectivités, et particuliers. Pour exemple, l’Agglomération d’Agen prévoit d’y faire venir ses bennes à ordures ménagères, les véhicules légers des services techniques et même ses bus, puisque « les gares Tempo (réseau des bus de ville, ndlr) actuellement basées à Bon-Encontre et au Passage d’Agen déménageront dans le cadre de la future délégation de service public avec le passage de la flotte au biogaz », souligne Pascal de Sermet, en charge des transports et mobilités à l’Agglo. Pour présenter l’ouvrage, une réunion s’est tenue au Centre des Congrès d’Agen en présence des professionnels situés à proximité de la future station BioGNV. « Je peux déjà vous dire que ça avance puisque j’ai signé les autorisations. Tout devrait donc se poursuivre sans difficulté.

C’est un projet qui nous tient à coeur car nous parlons là d’une nouvelle source d’énergie pour pouvoir alimenter les véhicules des uns et des autres. Sur la commune, nous avons démarré cette transition écologique depuis un moment. Au niveau du transport, nous avons deux véhicules et deux vélos électriques utilisés chaque jour par nos agents », appuie Pascale Luguet, maire de Boé, la commune qui accueillera la future station.

Afin de comprendre le fonctionnement de la méthanisation, permettant de produire un gaz local et renouvelable, une maquette a été réalisée par Territoire d’Energies en lien avec GRDF.

Le département pourrait produire 140% de ses besoins

L’avantage du BioGNV est multiple, permettant de réduire son empreinte écologique directe et indirecte, entre amélioration de la qualité de l’air, réduction des coûts du carburant (1,310€ le kilo en moyenne, équivalant à un litre de carburant classique) et des gaz à effet de serre (-80%), limitation de la pollution sonore, et… favorisation d’une économie circulaire. Car dans un département très agricole tel que le Lot-et-Garonne, les ressources sont bel et bien présentes pour produire du gaz vert qui sera ensuite intégré au réseau de distribution géré par GRDF. Il s’agit même d’un territoire à très haut potentiel. « Nous en produisons déjà, mais c’est pour l’heure insuffisant. Le coche, c’est maintenant ! », lance Jean-Marc Causse, président de Territoire d’énergie 47. Et Rauna Barth, chargée de développement Biogaz d’ajouter : « Le département dispose de suffisamment de matières organiques issues des cultures et des effluents d’élevage pour produire 140% de ses besoins. » On recense pour l’heure sept unités de méthanisation en activité depuis 2019 : Bias, Galapian, Lougrate, Mézin, Monclar, Montignac de Lauzon et Villeréal. Six installations à la ferme ont été accompagnées par le dispositif Cometh’47, le programme de développement de la méthanisation agricole en Lot-et-Garonne porté par Territoire d’énergie, et par des bureaux d’études experts dans le domaine. Parmi eux, on retrouve un projet situé à Mézin, porté par plusieurs agriculteurs de l’Albret, qui devrait entrer en production en juin 2023, et pourrait permettre d’assurer 100% de la consommation de gaz sur la commune de Nérac en été. « D’ici 2030, nous avons l’objectif d’implanter 50 nouvelles unités », ajoute Rauna Barth. La station prévue à Boé s’étendra sur 3 000m2 et devrait entrer en fonctionnement en 2024.

La situation gazière en Lot-et-Garonne (au 1er juin 2021)
Sur l’ensemble du département, le gaz naturel représente une consommation annuelle de 1,4 TWh (térawatt) soit environ 17% de la consommation énergétique totale du département. Le réseau dessert 72 communes du Lot-et-Garonne soit 70% de la population totale (230 000 habitants). A noter que les usages sont principalement résidentiels (à 45%, contre 26% pour les industriels).

Le potentiel de production de Biogaz dans le département

En utilisant l’ensemble des ressources disponibles, le biogaz produit permettrait d’alimenter :

  • 4 700 poids lourds
  • ou 8 700 bennes à ordures ménagères
  • ou 163 000 véhicules légers

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