Le transbordeur de Fumel passe ses derniers essais haut la main

Il fait figure de géant de fer sur les bords du Lot. L'élévateur de Fumel, destiné à permettre aux bateaux de franchir le barrage hydroélectrique, a été éprouvé à d'ultimes tests de levage ce jeudi 13 avril.

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Un géant de fer s’est installé sur les bords du Lot. Un immense transbordeur qui fera bientôt passer les péniches, gabares ou bateau au-dessus du barrage hydroélectrique de Fumel, dernier obstacle pour une voie navigable continue de 130 km sur le Lot, d’Aiguillon où il se jette dans la Garonne jusqu’à Albas dans le Lot, dont l’ouverture de la navigation se fera d’avril à octobre. Un projet de navigabilité du Lot porté depuis plusieurs années par le département afin de lever les derniers freins au développement touristiques entre le Lot-et-Garonne et le Lot. Présent pour l’occasion, Daniel Borie, maire de Sainte-Vite où l’écluse a elle été réhabilité en 2020 dans le cadre du projet, avoue avoir été, au départ, opposé au projet. « Aujourd’hui, nous sommes à fond pour terminer ce projet, qui fait l’unanimité bien qu’à l’époque de Jean-François Poncet, je faisais partie de ces opposants. » Aujourd’hui, l’élu en est un ses fervents partisans, avançant des retombées économiques cruciale qu’il pourra apporter au département. « Nos voisins du Lot récupèrent 9M d’€ de retombée touristique par an, on espère pouvoir profiter de ces retombées touristiques grâce au transbordeur. »
 Un projet qui s’inscrit également dans un plan de relance européenne et qui a permis au département d’espérer pouvoir obtenir un financement à hauteur de 80% sur les 530 000 euros qu’à coûté l’élévateur. « C’est une bonne opération pour les finances du département », appuie Jérôme Crayssac, responsable du chantier. « Cette offre renfoncée engendrera un développement économique non seulement via l’augmentation de la fréquentation touristique, mais aussi par l’installation possible de nouveaux acteurs proposant de la location de bateaux et leur entretien », commente le département.

Un aménagement à hauteur de 4M d’€

L’élévateur, capable de soulever différents types de bateau allant de la péniche habitable de 8 mètres aux bateaux de promenade allant jusqu’à 27 mètres pour 50 tonnes, rejoindra bientôt un immense aménagement prêt pour l’ouverture de saison 2024. L’occasion de revoir de telles embarcations sur le Lot depuis la fermeture du chenal de jonction en 2014. Un aménagement dont la première pierre sera posée au mois de mai et qui se composera de : deux sas équipés de quais d’appontage (ouvrage construit au bord de l’eau pour l’accostage, l’amarrage des bateaux, NDLR), d’un bâtiment de stockage du transbordeur pouvant accueillir deux bateaux, d’un rétablissement de la continuité piétonne le long du Lot, d’une infrastructure linéaire de liaison entre les deux sas et du fameux transbordeur. Un aménagement qui coûtera en totalité 4M d’€, soit moitié moins que la construction d’une écluse.
Pour construire le transbordeur, le département a fait appel à une entreprise italienne spécialisée dans la conception et fabrication de systèmes de levage, Boat Lift. Tout a été monté sur le site pour faire naître l’immense élévateur. Si les transbordeurs sont choses courantes sur les façades océaniques, ils le sont bien moins en zones fluviales. Une installation qui sort de l’ordinaire dont sont fiers les porteurs du projets. 
Avec une capacité de levage de 55 tonnes, ce transbordeur aura la capacité de franchir des entes jusqu’à 4% avec deux-roues directrices motrices à 90°. Il se compose d’une cabine de pilotage ouverte, de quatre treuils équipés de câbles et de palonniers, de quatre pompes hydrauliques à commandes indépendantes, de trois paires de sangles en nylon et des protections de quilles et de coques. Pouréprouver l’élévateur, un test de levage a été réalisé ce jeudi 13 avril avec deux exercices : un essai en statique de levage de 70 tonnes et un essai en dynamique avec une charge de 60 tonnes. Une formalité pour l’élévateur qui déplacera, une fois en fonction, les bateaux en 25 minutes, soit le même temps que pour passer une écluse de 8 mètres.

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