Une Lot-et-Garonnaise au Concours Lépine

Avec ses serviettes hygiéniques recyclables et réutilisables, Ingrid Walbrou a décroché la médaille de bronze au Concours Lépine qui récompense les inventions françaises. Avec son produit, la Lot-et-Garonnaise lutte contre la précarité menstruelle.

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Après avoir remporté le prix « coup de coeur » du Boost Campus 47, Ingrid Walbrou peut exposer une nouvelle récompense dans son bureau : celle du concours Lépine ! La lauréate a obtenu la médaille de bronze pour sa serviette hygiénique recyclable et réutilisable présentée sous la marque de La Belle Absorbante. Plus qu’une simple protection menstruelle, son projet a une dimension solidaire : lutter contre la précarité menstruelle. Pour ce faire, c’est un modèle économique tout entier qu’elle a imaginé. « Si l’on suit mon modèle, dans l’idée, je ne souhaite pas vendre des serviettes mais un objet de seconde vie qui viendra les financer ». Pour Ingrid Walbrou, « nous ne pouvons pas rendre gratuites les choses, mais en trouvant un modèle économique alternatif, nous pouvons réussir à les rendre accessibles ».
Envisager ce modèle d’auto-financement est possible grâce au recyclage d’un des matériaux utilisés : la cellulose de bouleau. Ce composant peut être vendu à des entreprises pour sa solidité. L’argent récolté permet de financer la serviette dont le prix public est aujourd’hui fixé à 18 euros, l’objectif étant de le faire descendre en-dessous de 10 euros et, à terme, de fonctionner avec un système de consigne. D’ici 4 ans environ, il sera envisageable de rapporter les serviettes dans des lieux de collecte, afin de les recycler pour leur donner une seconde vie.
Pour l’heure, La Belle Absorbante a permis à des enfants du Lot-et-Garonne accueillis aux Restos du Coeur d’avoir accès à des fournitures scolaires grâce au matériau recyclé mais également à 1200 femmes testeuses, victimes de précarité menstruelle, d’avoir accès à des serviettes hygiéniques réutilisables. Ces dernières sont en vente depuis le 27 avril sur le site de La Belle Absorbante mais aussi dans des pharmacies comme celle de Jayan-Palissy à Agen qui a été la première a les distribuer.

Un produit innovant

« Le problème, c’est souvent le temps de séchage », problème auquel la lauréate du concours Lépine a pensé. Les matériaux utilisés ont pour spécificité d’être sec le lendemain du lavage, quelle que soit la capacité d’absorption de la serviette. Les protections qu’elle propose sont adaptables à différents flux grâce à des « inserts » . Ce sont des absorbants facilement superposables que l’utilisateur peut ajouter ou retirer selon le flux. Une autre innovation notable : la conception d’une barrière anti-fuite. Elles correspondent à des bandes de tissus qui retiennent le liquide pour éviter les débordements. Sur le même principe que la serviette hygiénique, une culotte menstruelle est actuellement en phase de prototypage.

D’un atelier de conception à un concours national

Pur produit du Lot-et-Garonne, les serviettes sont fabriquées dans l’atelier de confection WD Protection, situé à Saint-Romain-le-Noble, non loin d’Agen. Ingrid Walbrou, a commencé la couture à l’âge de 4 ans avec l’aide de sa mère couturière et est aujourd’hui la fondatrice de l’atelier.
Le Concours Lépine, ce sont 14 jours intenses d’exposition pour les inventeurs, conclus par un moment de récompense aux innovations les plus remarquables. La remise des prix a lieu le dimanche soir : « nous ne nous attendions pas forcément à la médaille parce que nous n’avons pas eu la visibilité que nous aurions aimé avoir ». C’est alors avec cette belle surprise qu’Ingrid Walbrou a conclu son passage à Paris. La couturière est ensuite venue présenter son produit à la foire d’Agen. « Cela me dérangeait de ne le présenter qu’à Paris alors que, ce projet, il est né ici ».
Le 8 mars 2023, Elisabeth Borne a annoncé un projet de loi rendant gratuites les protections périodiques réutilisables pour les moins de 25 ans. La Belle Absorbante a donc pour volonté de faire partie des marques référencées qui s’inscrivent dans ce projet de loi fondamental pour la lutte contre la précarité menstruelle. Attendant des nouvelles du ministère de la santé, Ingrid Walbrou ne désespère pas : « Cela fait 4 ans que nous travaillons dessus, nous avons notre place ».

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