Elections législatives : quels seront les dossiers locaux qui seront défendus ?

Ce dimanche 30 juin s’ouvrira le premier tour des élections législatives anticipées. Un scrutin décisif qui résulte d’une campagne électorale éclair étalée sur trois courtes semaines. Si la façade politique du pays pourrait radicalement changer, les candidats en Lot-et-Garonne sont les premiers à vouloir bousculer l’ordre établi, avec leurs lots de projets pour le département.

0 Shares

Si les élections législatives ont avant tout une dimension nationale avec des programmes de partis ou d’alliances politiques en vue de voter des lois, un député et plus largement un parlementaire peut aussi avoir un rôle majeur pour sa circonscription. Son statut et sa proximité avec les sphères au pouvoir à Paris comme en région peut faire basculer avantageusement un projet local, au bénéfice de la population qui l’a élu. Ce fut notamment le cas du sénateur Jean François-Poncet qui a activement utilisé son influence pour engager des chantiers d’envergure pendant ses différents mandats. Petit tour d’horizon des projets que souhaitent défendre les candidats dans la 1ère et la 3e circonscription de Lot-et-Garonne.

Michel Lauzzana (Ensemble)

En tant qu’ancien médecin, le député-sortant appartenant à la majorité présidentielle est naturellement porté sur les questions de santé. En plus de provoquer des rencontres avec l’ARS pour avoir une « réponse médicale adaptée » sur tout le territoire, Michel Lauzzana est à la manœuvre aux côtés de l’Agglo pour la création de nouvelles formations : une école d’IPA (infirmière en pratique avancée) et une école de manipulateur radio afin de trouver des ressources ici en Lot-et-Garonne. Selon lui, le pouvoir d’achat, « c’est d’abord l’emploi » et cela doit se matérialiser par des soutiens aux TPEPME comme aux grosses entreprises comme UPSA et De Sangosse qui sont des « moteurs du territoire ». Le développement de Golfech dans le département voisin sera suivi de très près car porteur de retombées sur la 1ere circonscription. Michel Lauzzana accorde beaucoup d’importance au seuil de Beauregard et au développement de la RN21 débouchant sur Camélat. Enfin, il souhaite accompagner les communes rurales dans la création de nouvelles maisons France Services et dans l’obtention de financements pour des projets structurants. « Je connais bien tous les maires de l’Agglo, cette entente facilite les interactions, trouver des financements (Le Saumont, Vianne, Astaffort, Puymirol).

Paul Vo Van et Xavier Czapla (Nouveau Front Populaire)

Le représentant écologiste du Nouveau Front Populaire sur la circonscription Agen-Nérac se sent concerné par trois thématiques principales : le redéploiement des services publics, les mobilités et l’agroécologie. D’une manière générale, il compte se mobiliser pour le maintien des postes dans les services publics locaux et souhaite s’engager dans la désertification aux côtés du Conseil départemental (dont il est actuellement élu) à travers une meilleure régulation des installations de médecins. Concernant le transport, il est favorable à la réouverture des petites lignes ferroviaires et à l’entretien des liaisons existantes comme Agen-Périgueux afi n de sortir du «tout-routier». Enfi n, Paul Vo Van aimerait porter des sujets liés à la gestion de l’eau en plus de soutenir les agriculteurs. « Les gros projets ne sont pas les seuls à avoir besoin d’un appui. Il y a une multitude de petits projets qui méritent aussi d’être soutenus », affirme-t-il. L’Insoumis Xavier Czapla, dans la même veine que son homologue du NFP Paul Vo Van, s’engage sur les mêmes thématiques avec une réflexion très poussée sur les transports publics, jugés « défaillants » sur sa circonscription. La voie verte vers Rogé, actuellement en cours d’enquête publique, devrait selon lui avoir une vocation moins touristique mais plus centrée sur les trajets du quotidien vers le lieu de travail et donc les zones d’activités.

Annick Cousin et Sébastien Delbosq (Rassemblement National)

Si les candidats du RN en Lot-et-Garonne sont parfaitement ordonnés derrière la ligne du parti, ils s’enquièrent tout de même de préoccupations locales, en particulier Sébastien Delbosq sur la première circonscription. Il promet d’apaiser les tensions pour « travailler de manière concertée » avec tous les élus, même les plus virulents à son égard. Son premier regard se tourne vers la situation de l’hôpital public et plus spécifi quement la fermeture estival des urgences de Nérac. Du point de vue sécurité, après l’annonce d’une caserne de gendarmerie à Pont-du-Casse, il milite pour une implantation supplémentaire sur le secteur ouest-agenais, entre Colayrac et Brax afin de réduire les délais d’intervention. Sébastien Delbosq souhaite par ailleurs impulser une collaboration plus efficiente entre l’Etat (ainsi que le Département et la Région) et les communes, « comme ça se fait ailleurs » pour le recrutement, la formation et l’équipement des policiers municipaux. Enfi n, sur le volet agricole, il entend créer une « task force » ultra réactive au service des agriculteurs en situation de crise. Annick Cousin, en qualité de député sortante sur le Villeneuvois-Fumélois, veut relancer le dossier d’une caserne de gendarmerie à La Croix-Blanche et rouvrir une gare ferroviaire à Villeneuve-sur-Lot dans un objectif de désenclavement. Elle annonce aussi œuvrer pour la reconquête de la médecine de ville en incitant fi nancièrement le personnel médical à la retraite à revenir proposer ses services.

Guillaume Lepers (Divers droite)

En tant que maire de Villeneuve-sur-Lot et président de la CAGV, Guillaume Lepers est depuis quatre ans dans des projets concrets et opérationnels. Le fait de briguer un mandat de député ne le déviera pas de sa route. « Détailler les sujets qui me tiennent à cœur serait trop long », confie-t-il. Le désenclavement sera l’un de ses thèmes forts avec la promotion de la LGV, la défense de la ligne Agen-Périgueux, mais aussi la poursuite de l’aménagement de la RN21… en direction de Bergerac. « Maintenant qu’on a débloqué les choses en direction d’Agen, il faut aussi regarder vers le Nord. La RN 21 est la colonne vertébrale de la circonscription ». Guillaume Lepers défend aussi l’augmentation des effectifs de gendarmerie et la création d’une caserne supplémentaire « que notre actuelle députée n’a pas su obtenir ». L’élu villeneuvois aimerait mobiliser des moyens importants pour développer le tourisme dont le potentiel est exploité de manière encore très insuffisante à son goût. Pour la prison d’Eysses, point de chantier mirobolant mais des mesures concrètes pour tendre vers un 100% de réinsertion par l’activité.

Jérôme Cahuzac (Divers gauche)

Ancien pilier d’un Parti socialiste jadis puissant et qui plus est majoritaire à l’Assemblée en 2012, Jérôme Cahuzac se présente aujourd’hui sans aucune affiliation devant les électeurs de la 3e circonscription. Son programme se veut ainsi « essentiellement local » avec l’envie « de finir le travail inachevé » autour du Pôle de Santé du Villeneuvois. L’ancien député-maire souhaite s’appuyer sur cette infrastructure dont il a été l’instigateur pour lutter contre la désertification médicale via la maison de garde et « des unités hospitalières décentralisées ». La sécurité passera selon lui par la création d’une brigade de gendarmerie supplémentaire dans l’arrondissement de Villeneuve-surLot. Jérôme Cahuzac souhaite aussi reprendre la modernisation du centre de détention d’Eysses, « financée en 2013 mais abandonnée curieusement en 2014 » ainsi que la mise en deux fois deux voies de la RN21. Sur le volet touristique, il porte le projet d’une offre touristique et économique de la navigabilité du Lot.

Patrice Cuquel (Bastir Occitanie)

Candidat pour le mouvement régionaliste Bastir Occitanie, Patrice Cuquel sait d’ores et déjà que son groupe ne sera pas le puissant de l’Assemblée nationale. Plus qu’un dossier en particulier, il souhaite « ramener le débat au niveau local » avec une prise de décisions plus territorialisée et mieux répartie entre élus et population. Favorable au RIC, le référendum d’initiative citoyenne, Patrice Cuquel ne se prévaut pas d’un dogme politique mais défend un certain « pragmatisme » pour mener des chantiers.

Mohamed El Marbati et Bernadette Gasc (Lutte Ouvrière)

Du côté des candidats Lutte Ouvrière, au-delà des engagements contre les intérêts du grand patronat et en faveur d’une meilleure répartition des richesses, l’heure est à une nouvelle étape de décentralisation pour permettre par exemple aux communes ou aux députés d’avoir « plus de pouvoir » que l’Etat via les préfets dans un certain nombre de décisions locales. Mohamed El Marbati et Bernadette Gasc entendent se battre contre la fermeture de lignes SNCF qui enclave encore plus certaines localités ou de certains services hospitaliers et autres services publics comme les bureaux de Poste.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

− 1 = 6