« Stop à la prise en otage » : Jean Dionis fulmine contre les dégradations causées par les manifestations agricoles

Le maire Jean Dionis fustige une “prise en otage” du centre-ville après les nouvelles actions syndicales de ce jour tandis que le parquet engage des poursuites pénales pour des faits pouvant être passibles de lourdes peines.

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©Photo CR47

La municipalité d’Agen hausse le ton. Dans un communiqué diffusé vendredi 12 décembre, le maire Jean Dionis dénonce des dégradations qui ont ciblé « certains de nos bâtiments et espaces publics, et notamment la Préfecture et le Parc Fallières ». « Cette nuit, pour la première fois, j’ai ressenti un vrai ras-le-bol et un sentiment de colère », affirme l’édile, évoquant une ville « à nouveau prise en otage dans un énième conflit entre nos agriculteurs et l’État ».

Soutien aux agriculteurs, mais une condamnation des méthodes

S’il réaffirme sa solidarité envers le monde agricole, éprouvé par la crise de la dermatose nodulaire contagieuse, Jean Dionis se montre ferme quant aux modes d’action observés. « Je suis solidaire de nos agriculteurs… leur colère est légitime », insiste-t-il. Mais il déplore que certains choisissent systématiquement de « venir à Agen… pour déverser, salir et abîmer ». Le maire rappelle d’ailleurs que lors du combat mené pour le lac de Caussade, les exploitants avaient su agir autrement : « Ils n’ont, à cette occasion, ni sali, ni cassé. » Il invite ainsi le syndicat majoritaire, la Coordination Rurale (CR), à s’interroger sur « la nature de leur action syndicale ». Le message a été « porté directement à Serge Bousquet-Cassagne », précise-t-il.

Jean Dionis interpelle également l’État sur ses responsabilités, estimant que la gestion de l’ordre public n’a pas été à la hauteur. « Cette protection n’a pas été efficace », juge-t-il. Au petit matin, ce sont les agents municipaux qui ont dû prendre en charge le nettoyage d’un parc « récemment aménagé, à la satisfaction de tous, qui a été dégradé ». La ville redoute par ailleurs de devoir assumer une large part des réparations.

Des poursuites pénales désormais engagées //

Le procureur de la République d’Agen a annoncé dans la foulée l’ouverture d’une procédure pénale à la suite des actions menées par des manifestants agricoles dans la nuit et la matinée. Il y évoque une mobilisation « non déclarée » impliquant des engins agricoles et ayant entraîné divers dommages sur l’espace public. L’enquête a été confiée à la Division de la criminalité territoriale du commissariat d’Agen. Plusieurs infractions sont visées, parmi lesquelles la participation à un groupement en vue de commettre des dégradations, l’abandon illégal de déchets, l’entrave à la circulation ou encore des détériorations de biens publics. Selon la gravité des faits retenus, les personnes mises en cause encourent des peines susceptibles d’aller d’un an jusqu’à dix ans d’emprisonnement, ainsi que des amendes pouvant atteindre 150 000 euros.

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