
Il y a quelques mois, nous vous parlions du projet « Brain Boost & Care 111 », conçu pour changer la manière dont les commotions cérébrales sont abordées, détectées et soignées. Lors d’une conférence de présentation près du stade Armandie, Rachel Gallas et Antonio Sousa, fondateurs de Green Tech Novation, avaient, en compagnie de célèbres acteurs du milieu rugbystique, présenté ce qui se veut être une révolution en son domaine. Et ce projet a trouvé écho auprès des présidents du Racing Club Boé-Bon-Encontre (RCBB), qui ont décidé d’adopter ladite méthode à l’orée 2026.
Mardi 25 novembre, dans la salle du Tortis à Bon-Encontre, l’heure était donc cette fois-ci à la présentation du pilote. Le RCBB devient le premier club à tester le dispositif complet destiné à améliorer la prise en charge des commotions chez les joueurs amateurs. Le pilote repose lui sur cinq axes : « sensibilisation, prévention, soin, formation et innovation », comme l’a résumé Antonio Sousa. Le club sera accompagné pendant six mois par des professionnels spécialement formés pour suivre les joueurs et assurer une continuité entre les éducateurs, les familles et les soignants.
Un nouveau protocole opérationnel

Le premier changement majeur concernera l’identification des suspicions de commotion. Les éducateurs n’auront plus à improviser ou à se fier uniquement à l’intuition : ils disposeront d’un protocole plus clair et d’outils conçus pour repérer les signaux faibles. Dès qu’un joueur reçoit un choc ou présente un comportement inhabituel, l’encadrant pourra appliquer une procédure unifiée qui évite que, comme l’a souligné Alex Brandolin, co-dirigeant du RCBB, on en reste à « c’est pas grave, t’es gaillard, tu repars ». La démarche doit permettre d’éviter les reprises trop rapides, un point crucial sachant qu’« une deuxième commotion dans un laps de temps très court et à un jeune âge peut être fatale ».
L’innovation la plus visible sur le terrain sera l’utilisation d’un pupillomètre, un appareil médical portable habituellement employé en neurologie. Grâce à lui, chaque joueur verra enregistrée sa propre « signature pupillaire ». En cas de suspicion de commotion, une nouvelle mesure permettra de repérer immédiatement une anomalie éventuelle. Cet outil ne remplace pas le diagnostic du médecin « qui reste aujourd’hui le seul habilité à dire qu’il y a une commotion », mais il fournit un élément objectif supplémentaire pour sécuriser la prise de décision.
Une application pour centraliser les données
Le cœur du pilote repose également sur l’application « Brain Boost & Care 111 » qui va permettre d’assurer un suivi continu des joueurs. Chaque licencié pourra réaliser régulièrement de courts exercices cognitifs scientifiquement validés afin de « traquer les mini-évolutions cognitives » et de détecter des changements avant qu’ils ne deviennent problématiques. « En cas d’écart notable, une alarme au médecin référent sera envoyée automatiquement pour accélérer la prise en charge. L’application inclura également l’historique du joueur, les étapes du protocole, les documents utiles pour les parents et une messagerie sécurisée pour faciliter les échanges entre éducateurs, familles et professionnels de santé », détaillent les porteurs du projet. Un abonnement à hauteur de 2 € par mois sera tout de même nécessaire afin d’accéder à l’application.
Le pilote, lui, ne se limite pas à la détection. Des exercices très courts seront intégrés à l’application pour entretenir ou améliorer les connexions cérébrales. Ils permettront d’optimiser les capacités cognitives du joueur et d’aider le cerveau à récupérer plus efficacement en cas de choc.
Accompagnement renforcé
Brain Boost & Care 111 vise aussi à combler les vides d’information qui laissent souvent éducateurs et parents démunis. Les encadrants disposeront de repères clairs pour reconnaître les symptômes et savoir comment agir, tandis que les familles auront accès à une information centralisée pour éviter les malentendus fréquents. « Le dispositif doit permettre d’éviter les erreurs de reprise, les non-déclarations et les errances médicales », acquiescent le panel de spécialistes santé qui constitue l’équipe du projet.
Pendant six mois, le RCBB servira de terrain d’expérimentation pour affiner les outils, évaluer leur efficacité et construire un modèle reproductible dans d’autres clubs. L’ambition n’est pas seulement de mieux réagir aux commotions, mais de changer en profondeur la culture de la sécurité dans le rugby amateur, en rendant visibles des blessures qui ne se voient pas, mais sont bien présentes.





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