Commerce : fréquentation, fermetures, ouvertures… Le centre-ville d’Agen passé au crible avec optimisme

Données de fréquentation, ouvertures à venir, fermetures anticipées... la Ville et l’Agence du commerce ont présenté un état des lieux du centre-ville agenais, marqué par une activité globalement stable et plusieurs projets en préparation.

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« Les journalistes, vous aimez beaucoup parler des choses qui vont mal. Moi, j’aime bien qu’on ait des raisonnements équilibrés. » Le ton est donné par Clémence Brandolin-Robert, première adjointe à la mairie d’Agen, lors du point consacré à l’activité commerciale du centre-ville. Chiffres à l’appui, la Ville et l’Agence du commerce d’Agen veulent tordre le cou à la tenace idée que le centre-ville se vide. Grâce au logiciel My Traffic, développé avec la CCI, la fréquentation est mesurée à partir des données GPS anonymisées des applications mobiles, en comptabilisant toute personne restant plus de dix minutes dans une zone donnée. Résultat : aucune baisse de fréquentation entre 2024 et 2025, ni à Agen, ni dans les zones commerciales de Boé et O’Green. Mieux encore, le centre-ville avait enregistré une hausse de 4 % en 2024, contre +2 % seulement en zone. « La baisse de fréquentation est plus importante en zone qu’en centre-ville. C’est important de le dire », insiste l’élue.

Le mois de décembre, souvent scruté par les commerçants, confirme la tendance. En décembre 2024, le centre-ville d’Agen avait connu une légère baisse de fréquentation (-2 %), quand Boé et O’Green plongeaient à -12 %. En décembre 2025, Agen repasse dans le positif (+2 %), tandis que les zones commerciales ne rattrapent que partiellement leur retard. Un regain d’attractivité porté par les animations : plus de 10 000 entrées à la patinoire, un record depuis cinq ans, et près de 500 visiteurs par jour à la Fabrique du Père Noël. « Dans un contexte national compliqué, le centre-ville d’Agen continue d’attirer », soulignent les commerçants et représentants de l’Agence du commerce présents aux côtés de l’élue.

Le nouveau souffle du boulevard

Symbole de cette dynamique, le boulevard de la République concentre plusieurs projets. À commencer par Vanarom’s Nature, installé depuis onze ans rue Grenouilla, qui déménage au numéro 102 pour créer un vaste espace bien-être. Soins esthétiques, naturopathie, massages… et surtout le premier bassin de flottaison en isolation sensorielle à Agen. « Des commerçants installés depuis longtemps se développent et s’agrandissent, c’est un très bon signe, surtout avec une offre aussi rare en centre-ville. » Autre projet d’envergure : le restaurant L’Imprévu, tenu par Yannick Arfeille depuis 2004 rue Camille-Desmoulins, qui s’installera fin 2025 en rez-de-chaussée du futur immeuble Domofrance. « Je suis persuadé que le centre-ville a toute sa carte à jouer. Il manquait ici un vrai lieu de vie, un endroit où les gens se posent », explique le restaurateur. À la clé : 320 m², 90 couverts, une vaste terrasse et une amplitude horaire étendue de 8 h à minuit.

Autre nouveauté attendue : Revel Sport, boutique de vêtements et accessoires de sport, qui ouvrira en mars au 37 boulevard de la République. Un projet porté par Ève Delerue, coach sportive. « Aujourd’hui, pour ce type d’offre, on est obligé d’aller en zone commerciale. Là, on répond à une vraie attente en centre-ville », se félicite la municipalité. Running, fitness, yoga ou sportwear du quotidien : la boutique vise un public large, entre pratique sportive et lifestyle.

C’est fini pour Jules

Au-delà des ouvertures, le paysage commercial évolue. Certaines enseignes ferment ou se réorganisent, mais la majorité des locaux trouvent repreneur : La Fée Maraboutée remplacera One Step boulevard Carnot, Gold Union s’installera à la place de Christine Laure, Le Jardin de Jade reprendra l’ancien Kogamai rue Voltaire, une boutique de décoration-brocante ouvrira rue Garonne, et une enseigne nationale est pressentie pour l’ex-Jennyfer, hors prêt-à-porter cette fois. « Un centre-ville, on ne crée pas de nouveaux locaux : on fait vivre ceux qui existent. Les chaises musicales font partie de la vie commerciale », rappelle Clémence Brandolin-Robert.

Cette stabilité n’empêche toutefois pas certaines fermetures. Le prêt-à-porter reste particulièrement touché et Jules devrait à son tour fermer au mois de juillet. Un peu plus loin, le vaste local de l’ancien Muy Mucho demeure vacant, faute de repreneur, en raison notamment d’un loyer jugé « exagéré ». Aucune confirmation non plus, à ce stade, de l’arrivée de Monoprix dans l’ancien cinéma Carnot.

Nouveaux leviers pour demain //

Reste un point sensible, celui des loyers, parfois déconnectés de la réalité économique. « Entre 13 et 18 € le mètre carré selon l’emplacement, quand on travaille avec les agences. Mais certains propriétaires privés restent hors marché », reconnaît l’adjointe. Pour y répondre, la Ville mise sur de nouveaux outils, comme la création de foncières de redynamisation commerciale, capacité à préempter, rénover et choisir les locataires, et, à terme, davantage de pouvoir pour réguler les implantations, si les projets de loi en cours aboutissent. Les acteurs du commerce local offrent ici une réalité plus nuancée, et plus vivante donc, que les discours alarmistes.

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