Municipales 2026 : Agen en Action veut « relancer 250 activités commerciales » d’ici 2032

« Chômage élevé, pauvreté record, centre-ville en difficulté, finances sous tension ». La liste “Agen en action” déroule sa stratégie économique pour relancer la ville d’ici 2032.

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Le ton est posé, mais le diagnostic est sévère. « On n’est pas bien, mais on est capable de devenir aussi bons que les autres », avance Philippe Libier, ancien directeur de cliniques et ancien adjoint de Alain Veyret, aujourd’hui engagé aux côtés de Sébastien Delbosq et de Serge Pujol. Les chiffres qu’ils citent dressent le tableau d’une ville en difficulté. Le chômage atteint 15,2 % à Agen, contre 7,4 % au niveau national. Le taux de pauvreté s’élève à 27 %, soit près d’un habitant sur trois. À cela s’ajoute une vacance commerciale estimée à plus de 18 % dans le centre-ville. « Plus de cinquante commerces fermés sur le boulevard de la République », souligne Sébastien Delbosq.

Sur le plan financier, la capacité de désendettement est évaluée à 7,7 ans. L’épargne brute atteint 11 %, quand d’autres villes comparables affichent des marges supérieures. « Sur 100 euros encaissés, il en reste 11 pour investir ou rembourser la dette », détaille Philippe Libier. Pour le collectif, ces indicateurs traduisent un décrochage structurel.

Reprendre la main

Face à ce qu’ils décrivent comme une perte de dynamique, les membres d’“Agen en action” veulent installer une gouvernance économique plus structurée. L’idée est de fédérer la Ville, l’Agglomération, les chambres consulaires et les acteurs de l’emploi autour d’un pilotage partagé et d’indicateurs suivis dans la durée.

« Passer d’une économie subie à une économie pilotée », résume Philippe Libier. Le collectif insiste sur la nécessité de coordonner les dispositifs existants plutôt que de les multiplier, et de rendre compte régulièrement des résultats obtenus. Serge Pujol, entrepreneur agenais, insiste quant à lui sur la proximité avec le tissu local : « Il faut retisser un lien direct avec les commerçants et les PME. Être à l’écoute et réactif. » Au-delà de la gouvernance, la liste défend une orientation assumée vers la production locale. Relocalisation artisanale, reconversion de friches, simplification des démarches pour les porteurs de projet avec pour objectif de recréer des emplois durables et des bases fiscales solides.

Réanimer le centre-ville

Le centre-ville apparaît comme le symbole le plus visible du ralentissement. Vitrines fermées, logements dégradés, fréquentation en baisse… La spirale est jugée « préoccupante ». Le collectif ambitionne de relancer 250 activités et 250 logements d’ici 2032, en travaillant sur les loyers commerciaux, la médiation avec les propriétaires et l’attractivité résidentielle. « Le commerce suit l’habitant, pas l’inverse », rappelle Sébastien Delbosq. Pour eux, la mairie ne doit pas se substituer aux acteurs privés, mais faciliter, sécuriser et accélérer les projets, notamment via des outils capables d’intervenir rapidement sur les locaux vacants.

La question des compétences est également centrale. Si le chômage des jeunes est particulièrement élevé, le collectif estime que la réponse passe par une meilleure articulation entre formation et besoins des entreprises locales. « L’emploi ne se décrète pas, il se prépare », insiste Philippe Libier.

Sur le plan budgétaire, la promesse est celle d’une plus grande transparence et d’une trajectoire maîtrisée. Audit indépendant en début de mandat, plan pluriannuel d’investissements économiques et réduction progressive de l’endettement figurent parmi les engagements évoqués. « Emprunter pour produire, pas pour consommer », résume Serge Pujol. Reste à convaincre que cette dynamique peut s’amorcer dans une ville dont les indicateurs sont aujourd’hui sous pression.

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