
Les tristes chiffres publiés ces derniers jours par la préfecture s’imposent à nous tous. Le nombre de blessés et de tués sur les routes lot-et-garonnaises reste bien trop élevé. Sa courbe de croissance est inquiétante et les infractions relevées par les forces de l’ordre révèlent des comportements dangereux en hausse. Il faut imaginer qu’il y a tout juste un quart de siècle, ces « statistiques » étaient encore plus terrifiantes avec un pic absolument dramatique en 2001. Sur cette seule année-là, plus de 80 personnes avaient perdu la vie dans le département. Certains se souviendront de tous les bouquets de fleurs et mannequins noirs disposés le long des glissières de sécurité et sur les platanes, autant de rappels douloureux des tragédies qui se sont jouées ici.
C’est ce contexte qui a conduit Émile Davelu à créer l’association LNA 47. « En tant que directeur des ventes pour un grand laboratoire, j’ai passé une bonne partie de ma vie sur la route. En plusieurs millions de kilomètres, j’ai vu tellement d’accidents, tellement de parents endeuillés… », relate l’actuel retraité. Il a donc voulu rendre hommage à Laurent, Nathalie et les autres. En baptisant ainsi l’association, chacun pouvait se sentir concerné, parce que ces drames n’arrivent malheureusement pas qu’aux autres.
« Si on a sauvé ne serait-ce qu’une vie… »

Le plus grand héritage de LNA 47, ce sont les centaines ou, plus probablement, les milliers d’interventions dans les établissements scolaires. Collégiens, lycéens, apprentis en MFR… et même les militaires du 48e RT ! De très nombreux jeunes ont un jour vu passer l’un des membres de l’asso, parmi lesquels figure Mickaël Martin. Avant même de souffler sa vingtième bougie, le jeune homme a perdu l’usage de ses jambes. Sa vie, certes épargnée, en a grandement été bouleversée. Son témoignage, comme ceux de médecins-urgentistes, pompiers, gendarmes, policiers, a changé bien des perceptions. « Notre but a été de faire comprendre au plus grand nombre, en particulier aux plus jeunes, que la liberté qu’ils ressentent au volant d’un véhicule a pour corollaire leur responsabilité », insiste Émile Davelu.
« On ne peut jamais mesurer l’impact de ces interventions. On peut compter les morts mais pas les accidents évités. Si on a permis de sauver ne serait-ce qu’une vie, alors cela valait le coup. On sentait tout de même à chaque passage que le public n’était pas insensible, voire marqué par les discours. Même des parents venaient nous en parler ensuite. Il y avait quelque chose de palpable », souligne Alain Féret, assureur de métier et membre historique de LNA 47. Pour se financer, l’association n’a jamais compté sur l’argent public mais sur du mécénat privé (Gifi, Leclerc) et les cotisations de ses 350 adhérents.
Passage de témoin
Aujourd’hui, c’est le cœur un peu lourd qu’Émile Davelu et ses compagnons d’aventure coupent le contact, « faute de combattants » pour prendre la relève. D’autres acteurs locaux sont néanmoins engagés autour de cette cause, à l’instar d’Emmavie. « Le décès d’Emma nous a tous profondément marqué et nous soutenons l’initiative de sa maman et de tout son entourage. Nous leur avons d’ailleurs offert beaucoup de matériel pédagogique ainsi qu’une partie du reliquat de notre trésorerie. Notre association s’arrête mais le combat continue ! »





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