Le sort de l’élection agenaise fait parler, c’est certain, mais il inquiète aussi. Plusieurs maires de l’agglomération ont souhaité rappeler publiquement les enjeux qui dépassent le seul cadre de la ville centre. Jean-Marc Gilly (Estillac), Olivier Grima (Castelculier), Henri Tandonnet (Moirax), Paul Bonnet (Astaffort) et Philippe Maurin (Saint-Hilaire-de-Lusignan), vice-présidents et membre du bureau, ont ainsi insisté : « On parle beaucoup de l’élection municipale d’Agen, mais derrière il y a aussi l’agglomération », rappellent d’emblée les élus. « Aujourd’hui, c’est un outil qui rassemble 44 communes et près de 100 000 habitants, avec des compétences majeures pour l’économie, l’aménagement ou les infrastructures. » Pour ces maires, l’intercommunalité constitue la colonne vertébrale du développement local. « C’est elle qui porte les grands investissements que les communes, seules, seraient incapables d’assumer », souligne Olivier Grima. « Quand on parle du pont et du barreau de Camélat ou de la Technopole Agen-Garonne, qui aurait pu les réaliser sans l’Agglomération ? »
L’investissement, « ADN » de l’agglomération
Les élus revendiquent le choix politique de privilégier l’investissement pour soutenir l’activité économique et l’emploi. « On entend Laurent Bruneau dire qu’il faudrait faire de l’Agglomération une collectivité de fonctionnement. Mais ce n’est pas du tout son ADN », insiste Olivier Grima. « L’Agglomération investit massivement : dans les digues, les zones économiques ou les infrastructures. C’est ce qui rend le territoire attractif. » Henri Tandonnet abonde dans le même sens. « Les concours financiers de l’État ont diminué, le département n’a plus les moyens d’accompagner les collectivités comme avant. La seule structure capable aujourd’hui de porter de grands projets, c’est l’Agglomération. »
Ils citent notamment la Technopole Agen-Garonne. « On a créé Agropole dans les années 1990, puis la Technopole ces dernières années. Aujourd’hui, cela représente environ 1 300 emplois, mais ce n’est qu’une étape : il faut encore investir pour accompagner les entreprises. » Selon eux, « la prospérité d’Agen dépendra de l’emploi que nous réussirons à créer ».
Au-delà de l’économie, les maires rappellent que l’agglomération intervient aussi dans des projets du quotidien. Jean-Marc Gilly évoque la rénovation de l’éclairage public : « Un programme sur plus de 22 000 candélabres, avec déjà 15 millions d’euros investis. » Autre exemple, les mobilités : une nouvelle délégation de service public pour les transports doit entrer en vigueur à la rentrée prochaine afin de faciliter les trajets domicile-travail. Les élus rappellent enfin que ces politiques profitent aussi aux territoires ruraux et concernent des compétences essentielles comme les déchets, l’urbanisme, les transports ou la prévention des inondations. « Vous croyez qu’une commune pourrait seule financer des bassins de rétention ou un système d’endiguement ? »
« Nous n’avons qu’un seul plan : Jean Dionis »
À quelques jours du scrutin, les maires ne cachent pas leur peur face à certaines orientations évoquées dans le débat électoral, que ce soit par la gauche unie ou par la liste de Sébastien Delbosq. Pour ces élus, la continuité politique apparaît donc comme un facteur de stabilité pour l’agglomération. « Aujourd’hui, on a besoin de Jean Dionis comme capitaine », affirme Olivier Grima.
Pas de scénario catastrophe envisagé toutefois si l’édile agenais venait à être déchu dimanche soir. Parmi ceux qui poursuivent une aventure municipale, aucun ne se verrait briguer la présidence de l’intercommunalité. « Nous n’avons qu’un seul plan, c’est Jean Dionis. Il a montré sa capacité à rassembler les communes et à porter des projets structurants. » Selon eux, la gouvernance actuelle constitue aussi une particularité locale. « Chaque jeudi soir, les 44 communes sont autour de la table. On privilégie l’intérêt général et on travaille avec toutes les sensibilités politiques. » Henri Tandonnet conclut : « Les projets que nous menons sont complexes et s’inscrivent dans le temps long. Pour nous, l’enjeu de cette élection dépasse largement la ville d’Agen : il concerne l’avenir de tout le territoire. »







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