Et si nos épluchures devenaient un trésor local ? En Lot-et-Garonne, la quinzaine Tous au compost entend bien prouver que nos déchets de cuisine et de jardin peuvent se muer en « or noir » pour les sols. Un rendez-vous coordonné au niveau départemental par les « maîtres composteurs » Pablo Gazon et Jérôme Libercier.
Créé en 2009, fort d’environ 1200 adhérents et présent en métropole comme en Outre-mer, le Réseau Compost Citoyen fait aujourd’hui référence dans le recyclage des biodéchets. Il fédère aussi bien de grandes agglomérations (Paris, Toulouse, Bordeaux…) que des collectivités territoriales à taille plus humaine, des syndicats de gestion des déchets, des associations, des entreprises et même des habitants. « L’objectif est de réunir tous les acteurs qui œuvrent pour une gestion circulaire des déchets de cuisine et de jardin, au plus près des gisements », explique Pablo Gazon. Une démarche largement soutenue par l’Ademe.
Depuis 2024, le tri à la source des biodéchets est devenu obligatoire. Si la méthanisation répond aux gros volumes, le compostage de proximité permet de limiter les transports et de revitaliser directement les sols. « Des déchets qui deviennent une ressource fertile, c’est une autre façon de raconter notre rapport à la matière », poursuit Pablo Gazon, dont le nom semble prédestiné.
Chacun peut imaginer son évènement
Concrètement, Tous au compost fonctionne comme une plateforme nationale. Chaque acteur, quel que soit son statut (public, privé, associatif, particulier), peut imaginer son propre événement. Cela peut prendre la forme d’une inauguration de site, d’un atelier pédagogique, d’un café-compost, d’une distribution… Il suffit ensuite de l’inscrire en ligne. Le réseau apporte alors un appui composé de fiches techniques, d’une médiathèque, d’outils de communication harmonisés et de conseils personnalisés. Plus de 600 événements sont déjà annoncés en France et de nombreux autres devraient se déclarer dans les jours à venir. En Lot-et-Garonne, les intercommunalités sont les plus mobilisées, à l’image de Val de Garonne, Fumel Vallée du Lot, l’Agglo d’Agen. Mais l’initiative reste ouverte à tous.
L’enjeu pour le réseau est de faire comprendre l’utilité du procédé et sa relative simplicité dans la mise en œuvre. « Composter n’est pas difficile, il faut simplement en connaître les bases et comprendre son cycle de vie », rappelle Pablo Gazon en bon pédagogue. Le principe repose sur une alternance de matières « vertes », riches en azote, et les « brunes », carbonées, tout en aérant et surveillant le taux d’humidité. « Au-delà du geste écologique, le compost crée du lien social », assure Pablo Gazon. Apprendre ensemble à transformer ses restes en humus, c’est devenir, selon les mots du réseau, « des alchimistes au service des sols ».
Infos //
Site internet : tousaucompost.fr







Laisser un commentaire