Éducation : la carte scolaire 2026 fait bondir les enseignants et les parents d’élèves

Les syndicats, accompagnés par les fédérations de parents d'élèves, se mobilisent contre le projet présenté par la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale.

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La gronde avait déjà commencé avec une manifestation le 12 mars dernier devant le siège de l’inspection académique. Elle est encore montée d’un cran vendredi 3 avril devant les grilles de la préfecture. Entre-temps, le DASEN* a présenté son projet de carte scolaire. Rejetée en bloc par les syndicats (FSU, UNSA et FO), la copie est restée la même. Les enseignants ont donc décidé de « boycotter » le CDEN, une étape décisive pour la validation du projet. Sans le quorum, la signature est ajournée et la commission sera à nouveau convoquée après les vacances de Pâques, le 20 avril. « Cela nous laissera le temps de rebâtir des propositions. On dira tout ce qu’on a à dire contre cette carte scolaire », assure Sandrine Tastayre, co-secrétaire départementale FSU-SNUipp. La raison de cette colère ne fait aucun mystère. Cette année encore, les fermetures de classes seront bien plus importantes que les rares ouvertures. Entre les classes ordinaires (16 contre 2), les classes dédoublées (4 contre 1) et l’accueil des tout-petits (1 fermeture sèche), la balance est clairement négative. Les « victimes » sont réparties dans les trois circonscriptions, aussi bien dans les villes qu’en campagne.

Des classes en quadruple niveau

Là où le Lot-et-Garonne progresse, c’est dans le domaine de l’inclusion avec la création de plusieurs postes de « coordination ». « C’est à la fois normal et une bonne chose. Mais il ne s’agit pas pour autant de postes qui seront au contact direct des enfants. Et cela ne peut en aucun cas justifier la suppression de postes dans les classes », insiste Sandrine Tastayre. Les syndicats dénoncent des contradictions. « Le DASEN a exprimé son idée qu’un RPI (ndlr, Regroupement pédagogique intercommunal) pouvait être une bonne solution pour l’école rurale. Mais ces mêmes RPI ont subi des fermetures qui vont les déstabiliser fortement. » La ruralité est justement un sujet d’inquiétude majeur. En certains endroits, comme à Puysserampion, dans le Pays de Lauzun, c’est l’avenir même de l’école qui est menacé, sur l’autel du regroupement. Ailleurs, les classes multi-niveaux prennent des proportions inquiétantes. « Lorsqu’un inspecteur prétend qu’enseigner à plus de 20 élèves sur un quadruple niveau est tout à fait faisable, nous l’avons mis au défi de prendre la classe pendant une semaine à la rentrée pour qu’il nous montre comment faire. Car nous, après 30 ans d’ancienneté, nous n’y arriverons pas. » En ville, le constat est tout aussi amer, à l’image de la fermeture prévue à l’école Joseph-Bara, dans le quartier Carnot. « Il faut bien avoir en tête qu’une partie des enfants sont allophones, d’autres rencontrent des difficultés sociales. Et malgré cela, on vient encore durcir les conditions d’apprentissage en surchargeant les classes », regrette un représentant de parents d’élèves FCPE sur la commune. D’une manière générale, les signaux envoyés suscitent la consternation. « Le message, en substance, c’est qu’il y a des endroits où il ne vaut mieux pas habiter : pas en ruralité, pas en banlieue, pas en centre-ville… La Constitution garantit pourtant l’égalité d’accès à l’éducation », soupire Sandrine Tastayre. La syndicaliste de poursuivre : « La baisse démographique, certes réelle, ne peut pas excuser ces coupes. On parle de nos enfants. »

*Directeur académique des services de l’Éducation nationale.

Chiffres //

16 classes ordinaires fermées pour 2 ouvertures

4 classes dédoublées fermées pour 1 ouverture

1 accueil des tout-petits (dès 2 ans) fermé

8 postes de coordination ouverts pour améliorer l’inclusion

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