Quidam Actu. : Pourquoi reprenez-vous la présidence de l’UCAA ?
Bruno Casset. : Parce qu’il fallait impulser quelque chose de nouveau. Depuis plusieurs années, l’Union des commerçants fonctionnait dans une forme d’inertie. Aujourd’hui, le contexte économique est beaucoup plus difficile et il fallait sortir de cette dynamique linéaire. L’idée n’est pas de tout remettre en question, loin de là. Sylvain Dabos a maintenu un équilibre et il fallait le faire. D’ailleurs, il reste dans l’équipe et au conseil d’administration. C’est vraiment une passation dans la continuité, mais avec une nouvelle impulsion. Avec plusieurs commerçants, on échangeait souvent autour d’un café et le même constat revenait toujours. On faisait beaucoup de choses, mais sans véritable dynamique supplémentaire. À un moment donné, il faut casser les codes, repartir de zéro dans la méthodologie et reconstruire quelque chose de plus structuré, plus ambitieux et surtout plus collectif. Moi, le centre-ville, c’est ma passion. Je veux qu’il vive, qu’il soit attractif, qu’il retrouve de l’énergie. Aujourd’hui, la municipalité change, nous aussi, on change notre organisation. On s’est dit qu’il y avait peut-être quelque chose à construire ensemble pour redonner une vraie dynamique au commerce agenais. On m’a sollicité pour reprendre l’instance, ce que j’ai accepté.
Q. A. : Vous parlez justement de dynamique linéaire. Qu’est-ce qui va concrètement changer dans le fonctionnement de l’association ?
B. C. : On a complètement repensé l’organisation. Aujourd’hui, l’UCAA doit fonctionner comme une véritable équipe structurée. On a un président, deux vice-présidents, un secrétaire, une secrétaire adjointe, un trésorier, un trésorier adjoint, mais surtout des commissions clairement identifiées avec des responsables dédiés. Il y aura une commission sécurité, une commission animation et réseaux sociaux, une commission dédiée aux chèques cadeaux Pruneo, une autre sur la dynamique commerciale, une sur les relations avec les institutions et les partenaires, une commission législation et adhésion, sans oublier les événements internes pour fédérer les commerçants. Le but, c’est que chacun sache exactement ce qu’il a à faire. J’ai même créé des fiches de poste. Dans les associations, souvent, il y a vingt personnes et, au final, quatre ou cinq qui travaillent réellement. Moi, ce n’était pas ma vision des choses. Quand je suis revenu, j’ai posé une condition simple : tout le monde doit s’investir. Les vingt-cinq personnes qui ont intégré cette nouvelle organisation ont accepté cette méthode. Aujourd’hui, on veut être opérationnels. Il faut arrêter d’être dans une inertie passive.
Q. A. : Cette nouvelle équipe semble aussi marquer un renouvellement générationnel…
B. C. : Oui, et c’est quelque chose de très important pour moi. On a réussi à créer un mélange entre l’expérience des anciens et l’énergie des plus jeunes commerçants. Et c’est rassurant parce que ça veut dire qu’il y aura une continuité demain. Les jeunes ont envie de travailler, de proposer des idées, de s’impliquer dans le centre-ville. Dès les premières réunions, on a senti une vraie motivation collective. Et quand les gens ont envie de construire ensemble, on peut aller beaucoup plus loin. Tout seul, on va vite, mais on ne va pas loin. À plusieurs, avec des idées différentes et des sensibilités différentes, on peut vraiment créer quelque chose de fort.
Q. A. : L’un des axes majeurs semble être l’animation commerciale. Quelle est votre vision sur ce sujet ?
B. C. : Aujourd’hui, faire venir du monde en centre-ville ne suffit plus. Il faut transformer le flux en acte d’achat. C’est tout l’enjeu. Prenons l’exemple des grandes animations comme les Fêtes d’Agen. Les gens viennent parfois pour se promener ou faire la fête, mais ils ne rentrent pas forcément dans les commerces. Donc notre réflexion, maintenant, c’est : comment faire pour que les animations profitent directement aux boutiques ? C’est précisément le rôle de la commission dynamique commerciale. Elle va travailler sur la bonne animation, au bon moment et au bon endroit. Chaque quartier devra avoir sa propre dynamique. On va aussi bâtir un calendrier annuel très structuré avec des périodes fortes et des périodes plus faibles. L’objectif, c’est d’avoir une présence permanente et visible sur le terrain. Il faut que les commerçants sentent que ça bouge enfin réellement. De ce fait, j’ai posé les ambitions à mon équipe : minimum 200 adhérents et 100 000 € pour faire fonctionner l’association (Ndlr : le montant s’élève à 30 000 € actuellement). Les commerçants doivent comprendre ce qu’ils gagnent à rejoindre l’UCAA. Ce doit être du gagnant-gagnant. On va donc aller les chercher directement grâce à une équipe d’ambassadeurs chargée de recruter de nouveaux adhérents.
Q. A. : Quelles seront les premières actions visibles dans les prochains mois ?
B. C. : Jusqu’à la fin de l’année, on va se concentrer sur cinq grands temps forts : les Fêtes d’Agen, la braderie et le défilé des commerçants, le Black Friday et les animations de Noël. L’idée, ce n’est pas de vouloir tout faire immédiatement, mais de se concentrer sur des rendez-vous stratégiques et de les réussir pleinement. Ensuite, à partir de 2027, on mettra en place un véritable plan d’animation annuel. On prépare également un grand événement de présentation dès le mois de juin, avec les commerçants, les partenaires, la mairie, les institutions et les acteurs économiques. Ce sera l’occasion de présenter officiellement notre nouvelle organisation, notre feuille de route et les ambitions de l’UCAA pour les prochaines années.
Q. A. : Quelle relation souhaitez-vous construire avec la nouvelle municipalité et comment percevez-vous aujourd’hui la situation du centre-ville agenais ?
B. C. : Le contexte économique est compliqué partout et les centres-villes souffrent. Agen n’échappe pas à cette réalité. Aujourd’hui, on ne peut plus avancer chacun dans son coin. Si on veut redonner de la dynamique au commerce, il faut fédérer tout le monde : commerçants, institutions, mairie, partenaires. C’est indispensable. Les premiers échanges que nous avons eus avec la municipalité ont d’ailleurs été très positifs. J’ai rencontré notamment Laurent Bruneau et les équipes en charge du commerce (ndlr : Dorian Janray et Philippe Espiet), et on sent une vraie volonté commune de travailler ensemble pour le centre-ville. Nous sommes dans une logique de construction. La mairie arrive avec une nouvelle impulsion, nous aussi avec une nouvelle organisation. Et je pense sincèrement qu’il y a quelque chose qui peut se passer à Agen. Il faut créer une dynamique collective, remettre de l’énergie, de l’animation et du flux dans les rues commerçantes. La mairie apporte déjà beaucoup à travers les animations et les événements qu’elle soutient. À nous, derrière, de nous appuyer sur cette dynamique pour faire vivre les commerces et créer de l’attractivité. Si chacun travaille dans le même sens, on peut vraiment faire bouger les choses.
Le nouveau bureau de l’UCAA //
Président : Bruno Casset
Vice-président : Romain Mombet
Vice-président : Mani Baudet Leste
Secrétaire : Charlotte Leroux
Secrétaire adjointe : Pauline Rodriguez
Trésorier : Christophe Fossaert
Trésorière adjointe : Stéphanie Parisato
Membres du conseil d’administration :
Sylvain Dabos, Vincent Daumas, Dominique Decupper, Frédéric Delbert, Vincent Barral, Jean-Charles Bonnaire, Laurianne Checchin, Lucie Hastert, Emmanuelle Girardet, Denis Imbert, Yannick Guibaudo, Isabelle Herubert, Jordanne Augé, Bruno Barbarisi, Caroline Mano, Jessica Vidal, Alexandra Greco, Charline Saverio Colloc.







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