Politique : un budget maîtrisé ou une fragilité déguisée chez la CAGV ?

La nouvelle majorité et son opposition ne font pas tout à fait la même lecture du budget primitif 2026 présenté par le vice-président André Forget.

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À peine une semaine après son installation, l’assemblée communautaire a voté son budget 2026. Un gros morceau détaillé par le premier vice-président André Forget, en charge des finances. Le Livradais comme son leader Guillaume Lepers parlent d’une « bonne tenue de l’épargne », d’une « situation financière saine » et « d’équilibres préservés ». « C’est le résultat d’une gestion responsable menée depuis plusieurs années », commente le président du Grand Villeneuvois. Pour citer quelques chiffres clés, l’épargne brute, avec 4,8 M€, se maintient à 12,2% des recettes de fonctionnement. La capacité de désendettement, quant à elle, demeure sous les 8 ans. Si les rentrées fiscales sont en légère baisse par rapport au précédent exercice, les recettes sont globalement en hausse. Cela s’explique par des refacturations de services (RH, informatique) aux communes, « des prestations CAF optimisées par une bonne gestion des crèches » ou encore des subventions. De l’autre côté, les dépenses semblent relativement contenues. Malgré l’augmentation mécanique de la masse salariale et un « envol » des taux d’intérêt qui pèsent sur les charges financières, des efforts ont été consentis par les différents services sur leurs crédits de gestion. Le point d’économie le plus important, plus de 300 k€, vient du traitement des ordures ménagères, conséquence de la baisse projetée des volumes suite aux campagnes de sensibilisation. Avec des recettes qui progressent plus vite que les dépenses, du moins en 2026, l’épargne se consolide. Cela laisse place à un « volume d’investissement conséquent » de 18 M€ environ. Un peu plus de la moitié est consacrée « aux restes à réaliser » du budget 2025.

Guillaume Lepers appelle à « la lucidité et la vigilance » dans un environnement très instable au niveau national comme international. « Cette vigilance n’est pas un renoncement. Bien au contraire : elle est la condition pour rester une agglomération de projets, capable d’investir pour le quotidien comme pour l’avenir de notre territoire. Prudence dans la gestion, ambition dans l’action, c’est le cap que nous continuerons à tenir ensemble pour le Grand Villeneuvois. »

La gauche s’inquiète de la dette

L’opposition de gauche, qui a voté contre lors de la délibération, ne dresse pas la même analyse. « Derrière des ratios financiers présentés comme tenus, ce budget révèle des choix insuffisants, des dossiers mal gérés et des engagements de campagne sans traduction budgétaire », déclare notamment Thomas Bouyssonnie. Pour illustrer cette « fragilité », l’élu détaille en particulier une explosion de l’encours de dette : « La dette atteint 36,3 M€, soit +29,8 % depuis 2019. La collectivité mettait 5,1 ans d’épargne pour rembourser sa dette. En 2026, c’est 7,6 ans. Cette dégradation continue depuis sept exercices ne s’inverse pas avec ce budget. » Il regrette par ailleurs « l’inaction » de la CAGV devant la liquidation jugée prévisible du Camping Paradis de Malbentre. Thomas Bouyssonnie alerte aussi sur Saint-Cyr, acquis récemment. « Le budget 2026 ne comporte pas un euro, pas une étude de programmation, pas une autorisation de programme pour ce site dégradé. C’est le scénario qui a coûté des centaines de milliers, voire des millions d’euros à d’autres collectivités. »

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