Mobilités en centre-ville : Agen remet les vélos et trottinettes dans le jeu, sous haute vigilance

Une expérimentation encadrée, mais pas exempte de vigilance. Après la fin de l’arrêté interdisant vélos et trottinettes dans l’aire piétonne d’Agen, la Ville mise désormais sur le civisme… et des contrôles renforcés pour un bon respect des règles.

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Les panneaux ont disparu cette semaine du boulevard de la République et des rues adjacentes du centre-ville agenais. Avec eux, c’est tout un dispositif d’interdiction de circulation des vélos, trottinettes et autres engins de déplacement personnel motorisés, longtemps défendu par l’ancien maire Jean Dionis, qui disparaît du paysage. Mais pour la municipalité, il n’est pas question de laisser place à un vide réglementaire. La Ville entend désormais s’appuyer sur le code de la route et sur une présence renforcée de la police municipale pour organiser le partage de l’espace public.

Paul Vo Van, adjoint au maire en charge des mobilités, Dominique Stoll, adjoint à la sécurité et à la tranquillité publique, ainsi qu’Elyazide Ismaïl, chef du service de la police municipale d’Agen, ont donc détaillé les contours de cette nouvelle phase d’expérimentation. « On avait prévu d’abroger cet arrêté municipal. Et on s’est aperçu qu’en fait il n’avait pas été reconduit au-delà du 31 décembre 2025 », explique Paul Vo Van. « On n’est donc plus dans une logique d’abrogation mais dans une période de transition où les panneaux ne correspondaient plus juridiquement à la réglementation actuelle. »

Retour au code de la route

Sans arrêté spécifique, c’est désormais le droit commun qui s’applique dans toute l’aire piétonne du cœur de ville, du boulevard de la République aux rues Émile Sentini, Molinier ou encore aux axes transversaux concernés. « Une aire piétonne est un espace où le piéton reste prioritaire sur tous les autres usagers », rappelle Elyazide Ismaïl. « Les vélos et les trottinettes y sont tolérés, mais ils doivent circuler à allure modérée et avec un comportement irréprochable envers les piétons. » La vitesse maximale autorisée reste limitée à 6 km/h et, en cas d’affluence, les cyclistes et utilisateurs de trottinettes sont invités à descendre de leur engin. « Le bon sens doit primer. Quand il y a foule, il faut poser pied à terre. Beaucoup le font déjà naturellement. »

Une présence policière renforcée

Sur le terrain, la municipalité ne cache pas sa volonté d’associer prévention et sanctions. Depuis plusieurs semaines, les patrouilles de police municipale ont été renforcées dans le centre-ville. « Un gros effort est fait sur une présence quotidienne, avec autant que possible des patrouilles pédestres », souligne Elyazide Ismaïl. « La consigne définie, c’est : pédagogie d’abord, mais verbalisation dès lors qu’une infraction est constatée. » Les comportements jugés dangereux pourront être sanctionnés immédiatement. Vitesse excessive, circulation agressive, refus de priorité ou équipements non conformes exposent les contrevenants à des amendes pouvant atteindre 135 euros. « Un vélo n’a pas le droit de circuler avec un téléphone tenu à la main. Les écouteurs ou dispositifs sonores sont aussi interdits », rappelle également le chef de la police municipale.

Au-delà du simple retour des vélos, la municipalité doit désormais composer avec l’explosion des nouvelles mobilités. Trottinettes électriques, fat bikes ou EDPM ont profondément modifié les usages dans les centres-villes. « Les mobilités évoluent chaque année et il faut adapter les règles », observe Dominique Stoll. « L’objectif, c’est de permettre le partage de l’espace public sans mettre les piétons en danger. »

« L’interdiction a porté ses fruits »

La période actuelle doit permettre à la municipalité d’observer les comportements avant d’annoncer des mesures plus pérennes lors du prochain conseil municipal. Depuis plusieurs semaines, des réunions de travail se tiennent avec les élus, les services municipaux, la police mais aussi des partenaires extérieurs comme les commerçants ou les associations d’usagers comme Vélocité en Agenais. Plusieurs aménagements complémentaires étaient notamment évoqués il y a quelques semaines, comme la présence de marquage au sol et une signalétique spécifique aux entrées de l’aire piétonne afin de rappeler les règles de circulation.

Malgré les inquiétudes exprimées, la police assure ne pas avoir constaté de dérive majeure depuis l’annonce de la fin de l’interdiction. « Il y a eu davantage de fréquentation, forcément, parce que les gens ont compris que la circulation redevenait autorisée », note Elyazide Ismaïl. « Mais on n’a pas observé plus de comportements dangereux qu’avant. Les deux années d’interdiction ont aussi porté leurs fruits. »

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