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Le quartier du Pin, à Agen, a de nouveau été le théâtre d’un drame mercredi. Un homme est décédé après avoir reçu un coup de couteau au thorax lors d’une rixe survenue en pleine journée, dans un contexte d’alcoolisation et de grande précarité sociale. Au lendemain des faits, le maire d’Agen, Laurent Bruneau, a fait part de son émotion dans un communiqué, évoquant « un drame absolu » et adressant ses pensées « à la victime et à ses proches ».
Mais pour l’édile agenais, ce passage à l’acte n’est malheureusement pas une surprise. Selon lui, la place du Pin concentre depuis plusieurs années de nombreuses difficultés sociales et sécuritaires. Le quartier, classé prioritaire de la ville (QPV), cumule « pauvreté, mal-logement, détresse sociale, maladie mentale, délinquance, trafic de stupéfiants, violence et alcoolisme ». « Ne nous voilons pas la face, ne faisons pas d’angélisme : la situation place du Pin est grave, préoccupante et urgente », insiste le maire.
Une réhabilitation toujours attendue
Laurent Bruneau estime également que la situation actuelle est le résultat d’années d’inaction. Il rappelle que la réhabilitation du quartier aurait dû être engagée dès 2020 et regrette que « rien n’ait été fait » jusqu’à présent. La municipalité annonce désormais vouloir faire de la transformation du secteur un chantier majeur du mandat. L’objectif affiché est de reconnecter la place du Pin au centre-ville commerçant et d’en faire un espace davantage tourné vers les familles, avec « son parc arboré, ses jeux pour enfants, ses terrasses de restaurants et ses cinémas ». « C’est un projet de mandat, nous le tiendrons », promet le maire.
Des contrôles renforcés
La municipalité revient également sur le déroulement de la journée de mercredi. Les policiers municipaux étaient mobilisés depuis l’après-midi pour faire respecter l’arrêté interdisant la consommation d’alcool dans le jardin public. Laurent Bruneau salue « le courage et le sang-froid » des agents, qui ont dressé plusieurs contraventions et sont intervenus à plusieurs reprises pour séparer des individus déjà impliqués dans une première altercation.
Malgré ces interventions, un commerce de proximité aurait continué à vendre de l’alcool à certaines personnes du groupe impliqué dans le drame, « en dépit de leur état d’ivresse manifeste », affirme le maire. Une contravention a été dressée à l’encontre du commerçant et le dossier transmis à la préfecture. Une fermeture administrative pourrait être prononcée.
Des effectifs de police supplémentaires ?
Pour la municipalité, la réponse ne peut toutefois pas être uniquement sécuritaire. « Le meurtre de ce mercredi n’arrive pas faute de présence policière », souligne Laurent Bruneau, qui appelle à une mobilisation collective. « La sécurité du quotidien, c’est l’affaire de tous », affirme-t-il, évoquant la responsabilité conjointe de l’État, de la ville, des commerçants et des habitants.
Depuis l’élection municipale du 22 mars, la mairie assure travailler étroitement avec les services de la préfecture, la police nationale et le parquet afin de renforcer la lutte contre les violences et les trafics dans le quartier. Le procureur de la République aurait d’ailleurs proposé d’accompagner la ville dans la mise en place d’« une politique répressive plus intense ». Mais l’exécutif local souhaite également agir sur les causes profondes des difficultés du quartier. « Nous devons travailler sur l’accompagnement social, sur le parcours du logement, sur la prise en charge des problèmes de santé mentale », insiste-t-il, reconnaissant toutefois que « le chantier est énorme » et qu’il « prendra des années ».
Face à l’émotion suscitée par ce nouveau drame, une réunion doit être organisée dès vendredi entre la préfecture, les services de l’État et ceux de la ville afin de mettre en place des réponses jugées « rapides et concrètes ». Laurent Bruneau indique enfin avoir écrit au ministre de l’Intérieur pour demander des effectifs supplémentaires de police nationale à Agen, afin de renforcer durablement la présence policière dans le quartier du Pin.







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