Villeneuve-sur-Lot : Quand l’Aérofestival devient un enjeu politique

L'opposition de gauche à la mairie de Villeneuve s'est fendue d'un communiqué dans lequel elle oppose la manifestation aérienne à l'action culturelle de la Ville ainsi qu'à son ambition écologique.

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Alors que les voltigeurs occupent le ciel villeneuvois depuis mardi et qu’un Mirage 2000 trône fièrement en centre-ville, la politique s’invite au milieu des acrobaties aériennes. Le groupe Villeneuve C’Vous, incarnant la gauche au conseil municipal, ne goûte pas vraiment l’engouement de la majorité pour la grand-messe ailée qui se tiendra jusqu’à dimanche. « Nous n’irons pas à l’Aérofestival », titre l’équipe de Thomas Bouyssonnie dans un communiqué acerbe. Si les mots s’adressent plus au maire Guillaume Lepers qu’aux organisateurs mobilisés sur le tarmac de Rogé, la manifestation en prend tout de même pour son grade. Elle incarne, selon la gauche, l’antithèse de sa vision environnementale : « Sept jours durant lesquels on brûlera des tonnes de kérosène, en pleine canicule. » L’Aérofestival montrerait aussi les contradictions de la municipalité en matière d’écologie. « On ne peut pas, dans le même souffle, brûler du combustible une semaine entière et vanter son action « verte » au prétexte d’une voie cyclable de loisir au bord du Lot par exemple. Ce double discours porte un nom : le greenwashing. »

Les arbitrages financiers dénoncés

Au-delà du bilan carbone, Villeneuve C’Vous pointe les arbitrages financiers. En face d’un niveau de subventions accordé à l’aéroclub jugé trop élevé, « la culture sacrifiée ». Cette semaine marquait la présentation d’un autre festival programmé à la rentrée, Villeneuve se livre, dont l’édition 2026 est marquée par quelques économies. « La lecture et le patrimoine devaient être les deux piliers de la politique culturelle promise. Résultat : le Salon du livre amputé, et même menacé de suppression, sauvé in extremis, et au rabais, par les protestations venues des rangs mêmes de la majorité. Nous dénoncions l’absence d’ambition, M. Lepers nous en administre la preuve en trois mois », poursuit l’opposition de gauche. L’addition s’alourdit encore un peu plus avec la dénonciation des indemnités des élus récemment augmentées, contrastant avec « les économies imposées à tous les autres », c’est-à-dire les services et les agents municipaux. « Économies pour les services publics, largesses pour le prestige ; rigueur pour les agents, générosité pour l’image. Ces choix ne sont pas des fatalités budgétaires, ce sont des choix politiques. En trois mois, Guillaume Lepers a déjà choisi de renier ceux de sa campagne. » 

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