La désertification médicale ne recule pas, la (tentative de) riposte politique non plus. En décembre 2025, la Communauté d’agglomération du Grand Villeneuvois (CAGV) dégainait une vaste opération séduction à destination des médecins pour tenter de pallier une offre de soins chroniquement insuffisante. Lors du conseil communautaire du 30 septembre dernier, les élus ont décidé de passer à la vitesse supérieure en élargissant ces dispositifs incitatifs à d’autres professions, tout en misant sur la relève. Face au vieillissement des praticiens et aux difficultés d’accès aux soins, des quartiers prioritaires de Villeneuve-sur-Lot jusqu’aux communes rurales classées FRR comme Fongrave ou Saint-Étienne-de-Fougères, l’urgence impose de nouveaux leviers.
Jusqu’ici concentrées sur les généralistes et spécialistes, les aides s’ouvrent désormais aux chirurgiens-dentistes et aux sages-femmes. Les dentistes, dont la raréfaction inquiète particulièrement le bassin de vie, bénéficient d’une enveloppe dédiée de 50 000 euros d’aide directe à l’installation. Cette prime sera versée de manière fractionnée, en échange d’un engagement d’exercer sur le territoire pendant dix ans. Pour lever le frein des investissements lourds, liés notamment à l’achat de matériel ou d’immobilier, l’Agglomération se porte également garante à hauteur de 50% des emprunts bancaires contractés par ces professionnels, avec un plafond fixé à deux millions d’euros par an.
Les dentistes comme les sages-femmes pourront par ailleurs prétendre à un prêt à taux zéro, jusqu’à 30 000 euros, grâce à l’extension d’un partenariat existant avec Lot-et-Garonne Initiative. Enfin, ceux qui feront le choix de s’installer dans l’une des Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) communautaires profiteront, à l’instar des médecins, d’une exonération totale de loyer et de charges pour leur première année d’exercice.
Parier sur la jeunesse et accompagner les plus fragiles
L’autre axe majeur de cette stratégie vise directement la future génération de soignants. L’objectif est de capter les étudiants avant qu’ils ne s’installent ailleurs. Outre les nouvelles solutions de logement (voir nos éditions précédentes), une bourse mensuelle de 300 euros va ainsi voir le jour pour les étudiants en santé, versée dès leur deuxième année et jusqu’à la fin de leur cursus. La contrepartie exigée s’avère stratégique puisqu’une fois leur diplôme en poche, les bénéficiaires devront s’engager à exercer dans le Grand Villeneuvois pour une durée minimale de quatre ans. En parallèle, des conventions vont être signées avec les universités pour repérer les étudiants originaires du territoire et maintenir le contact avec eux tout au long de leurs études.







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