« Non à la violence comme réponse à ce que nous vivons comme des injustices. » Le message était au cœur du rassemblement organisé ce lundi 19 octobre à midi devant la mairie d’Agen. À l’appel de l’Association des maires de Lot-et-Garonne (AMF 47), des élus et des représentants des institutions se sont retrouvés pour exprimer leur solidarité après les violences survenues en marge des manifestations du samedi 17 octobre, notamment les dégradations de bâtiments publics, les pillages de commerces et l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges.
Derrière cette mobilisation, une volonté commune : rappeler que les mairies ne sont pas de simples bâtiments, « c’est la maison commune », a ainsi rappelé le maire d’Agen Laurent Bruneau, soulignant le rôle quotidien de ces institutions, de l’état civil à la gestion des écoles, en passant par l’accompagnement des habitants les plus fragiles. « Qui pourrait comprendre que cet après-midi, ce soir, demain, l’on brûle l’hôtel de ville d’Agen ? Personne », a-t-il insisté, faisant part de son inquiétude face aux scènes de violence visant également les pompiers, les services de secours et les commerçants. « Je ne veux pas que demain, dans une semaine, nous nous retrouvions pour pleurer sur un tas de cendres. »
« Force doit rester à la République »
Le représentant de l’État a lui aussi condamné fermement les dégradations commises dans plusieurs villes françaises. Il a dénoncé « la violence et la prédation » de ceux qui ont pillé et vandalisé des commerces, des rues et des symboles des institutions démocratiques. En Nouvelle-Aquitaine, les événements de Bordeaux et de Limoges ont particulièrement marqué les esprits. À Agen, où 2000 personnes étaient réunies, la manifestation du samedi s’était déroulée pacifiquement avant que les forces de l’ordre interviennent pour contenir des personnes continuant à troubler l’ordre public en centre-ville, le bilan était plus limité. Le représentant de l’État a salué le sang-froid des policiers nationaux, appuyés par la police municipale, et indiqué qu’aucune violence physique ni dégradation notable de biens publics ou de commerces n’était à déplorer en Lot-et-Garonne, avant de conclure : « Force doit rester à la République. »
La solidarité était également au cœur de l’intervention de François Dailledouze, président de l’association des maires ruraux de Lot-et-Garonne. En choisissant de rejoindre le rassemblement agenais plutôt que de rester devant leur propre mairie, les élus des petites communes ont voulu montrer que les violences visant les institutions concernent l’ensemble du territoire.
« Notre mairie, on la défend, mais on doit être solidaires avec tous les maires, avec toutes les personnes qui ont souffert », a-t-il déclaré. Pour lui, la ruralité doit faire bloc avec les grandes villes touchées par les dégradations. Il a également rappelé que les manifestations ont longtemps permis à des foules importantes de défiler sans débordements : « C’est pas ça, la manifestation. »
Condamner sans nier la colère
Au-delà de la défense des institutions, les prises de parole ont aussi fait apparaître une distinction entre les violences et les revendications portées par les manifestants. Le maire d’Agen a rappelé que la colère pouvait s’exprimer légitimement lorsqu’elle reste pacifique, alors que les demandes de moyens humains pour les enseignants, de rénovation des bâtiments ou encore de justice sociale restent, selon lui, sans réponse. Les élus ont ainsi voulu afficher une unité républicaine au-delà des appartenances politiques, tout en rappelant l’importance de préserver les services publics et les lieux qui incarnent la démocratie au quotidien.







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