
Quidam l’Actu. :Vous venez de prendre vos fonctions dans le Lot-et-Garonne. Quels sont vos premiers sentiments ?
Bruno André. : Je préfère être prudent. J’arrive, mais je ne me prononcerai pas immédiatement sur les dossiers de fond. Mon rôle, c’est d’abord de m’informer et de rencontrer les acteurs locaux. J’ai beaucoup reçu d’écrits avant mon arrivée, mais rien ne remplace les contacts directs. J’ai donc appelé élus et responsables d’institutions avant même d’arriver. Cela me permet de mieux comprendre le territoire et de prendre la mesure des enjeux.

Q.A. : Connaissez-vous déjà le département et ses problématiques ?
B.A. : Oui, j’ai une idée générale, mais chaque territoire a ses spécificités. Le Lot-et-Garonne est une terre agricole, avec beaucoup d’industries aussi. Je veux éviter de semer le désordre sans l’avoir voulu. Mon approche sera prudente mais rapide : rencontrer, écouter, et ensuite agir.
Q.A. : La crise agricole est un sujet chaud. Comment comptez-vous l’aborder ?
B.A. : Les choses sont assez simples. Je rencontrerai rapidement Karine Duc, présidente de la Chambre, et tous les syndicats. Probablement dès demain, nous organiserons des réunions de travail immédiatement après. À ce stade, je ne me prononce pas personnellement sur le sujet. Mais l’important est d’aller sur le terrain, écouter, et travailler directement avec les acteurs concernés. Chaque situation est différente. Parfois, les gens sont en colère, et c’est normal. Je l’ai vu dans d’autres secteurs. Il ne s’agit pas de supprimer cette colère, mais de la transformer en dialogue constructif. Si l’on est tout le temps dans la défiance, rien n’avance. Mais quand on se retrouve autour d’une table et qu’on discute, on peut trouver des solutions concrètes. Mon objectif est la concertation et la transparence. La discussion ne supprime pas la colère initiale, mais permet de trouver un chemin viable. Et si la discussion n’est pas possible ? Alors, il ne se passe rien. Mais c’est normal. L’important est d’essayer, de proposer, de travailler ensemble. Sinon, on reste dans la confrontation stérile.
Q.A. : Vous qui avez commencé votre carrière comme chauffeur routier, vous êtes souvent présenté comme un symbole de l’ascension sociale. Que vous inspire cette image ?
B.A. : Ça montre que le travail paie. Tout le monde n’a pas les mêmes opportunités, mais avec persévérance et engagement, on peut avancer. Les rencontres, la confiance et la capacité à prendre des risques mesurés sont essentielles. Même dans des situations complexes, comme des entreprises en difficulté, on peut trouver un équilibre entre intérêts des salariés et contraintes économiques.
Q.A. : Quelles sont vos priorités pour le département ?
B.A. : L’agriculture est une priorité absolue. Ce département est rural et agricole, et il y a aussi des activités industrielles qui sont cruciales pour l’emploi. La santé et l’accès aux soins sont essentiels, surtout dans un territoire où certaines populations peuvent être isolées. La sécurité est également un enjeu majeur. Il ne s’agit pas que de chiffres, mais de vies humaines, de familles touchées par des accidents ou des violences.
Q.A. : Qu’en est-il des infrastructures, comme la LGV ?
B.A. : C’est un sujet majeur. Les villes intermédiaires doivent être desservies de façon efficace, car cela impacte l’emploi, le tourisme et l’attractivité du territoire. Ce n’est pas seulement une question de vitesse ou de confort, mais d’accès concret aux opportunités pour les habitants et les salariés. Il faudra regarder comment se connectent les différents modes de transport, leur régularité et leur fiabilité.
Q.A. : Comment définissez-vous votre manière de travailler ?
B.A. : Je suis très opérationnel et pragmatique. Mon rôle, c’est de changer la vie concrète des gens. Si quelque chose ne fonctionne pas, on ajuste et on continue. Je privilégie les contacts directs avec les élus et acteurs locaux, plutôt que la seule communication écrite. Mon objectif est simple est d’échanger, décider, agir, et observer les résultats.
Q.A. : Quels défis majeurs identifiez-vous dans le Lot-et-Garonne ?
B.A. : La pauvreté, qui peut être discrète et concerne souvent les personnes âgées ; la gestion de l’eau et les risques d’inondation ; et les aléas climatiques, comme les tempêtes ou épisodes de neige exceptionnels. Mais au-delà de ces défis, ce qui compte, c’est de travailler ensemble, de dialoguer et de mettre en œuvre des solutions concrètes pour améliorer la vie des habitants.
La bio //
Âge : 63 ans, né le 25 novembre 1962 à Pont-l’Abbé (Finistère)
Diplômes :
DEUG de droit
Licence de droit public
Parcours :
1982 : Chauffeur routier
1984 : Artisan menuisier
Milieu des années 1980 : Entrée dans la fonction publique (ministère de la Culture)
Années 1990 : Fonctions administratives au ministère de l’Éducation nationale et au ministère de la Jeunesse et des Sports
2007 : Intègre le corps préfectoral – sous-préfet chargé de mission en Haute-Garonne
2009 : Sous-préfet d’Issoire (Puy-de-Dôme)
2012–2014 : Directeur de cabinet du préfet de la région Rhône-Alpes, préfet du Rhône
2014–2016 : Secrétaire général de la préfecture de Mayotte
2016–2020 : Directeur de cabinet du préfet de Paris
2020–2023 : Sous-préfet de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe)
21 août 2023 : Préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon
2025 : Nommé préfet de Lot-et-Garonne





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