Municipales 2026 : une nouvelle ère à Laroque-Timbaut

Après une période politique pour le moins tumultueuse initiée en 2014 par le clivant Lionel Falcoz, condamné en justice pour prise illégale d'intérêts. Son successeur en cours de second mandat, Jean-Jacques Dulaurier, a choisi de ne pas se représenter. Le village de 1600 habitants aura donc un nouveau maire, à élire parmi trois concurrents. Deux anciens colistiers d'opposition face à un représentant du Rassemblement national.

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Michel Couturier : un enfant du pays qui veut rendre à son village //

« J’ai vécu les deux dernières années de Lionel Falcoz, c’était plus que tendu… Il n’était pas tendre du tout avec l’opposition. Avec son successeur, il y a eu des débats mais toujours corrects », décrit Michel Couturier, soucieux d’ouvrir un nouveau chapitre. Cet électricien de formation, qui a occupé des postes à responsabilités jusqu’à être directeur de région chez un grossiste, est aujourd’hui retraité. « Je peux désormais me consacrer à plein temps à ma commune. La disponibilité sera d’ailleurs un axe principal de notre mandat », promet Michel Couturier. Ce qui le guide dans cet engagement politique, c’est son attachement profond à Laroque-Timbaut. « Je suis Roquentin depuis mai 68 et je ne suis jamais parti. Je suis un enfant du village. J’ai joué 25 ans au rugby ici, j’ai entraîné, j’ai fait du foot, du basket… », détaille-t-il. Ce passé sportif lui confère une sensibilité naturelle pour le collectif, jusqu’à fédérer une équipe dès l’été dernier en vue de ce scrutin municipal. « On a été chercher les profils un par un afin de réunir les compétences nécessaires pour mener le mandat avec une vision nouvelle », insiste Michel Couturier. Le nom de la liste « Laroque pour tous » résume bien la philosophie défendue. Le programme se veut, avant tout, social. « La santé est évidemment une priorité. Notre dernier médecin s’en va au mois de juin. C’est un gros problème que l’on va prendre à bras le corps. On y mettra toute notre énergie, même s’il n’y a pas de baguette magique pour débloquer instantanément la situation », glisse le candidat. Parmi les autres leviers à activer pour prendre soin de la santé des administrés, la mise en place d’une mutuelle communale. Villeneuve-sur-Lot vient de contractualiser avec la mutuelle Just, déjà présente dans de nombreuses villes en France. Laroque-Timbaut, version Michel Couturier, pourrait imiter le mouvement. Lavardac est une autre source d’inspiration avec un dispositif relevant du service à la personne. En l’occurrence, une collecte des déchets complémentaire destinée aux personnes vulnérables identifiées par la municipalité. « La sécurité est un autre enjeu. Laroque est traversée par de nombreux véhicules aux heures d’embauche et de débauche, créant des situations dangereuses à cause de la vitesse excessive. Il faut impérativement des aménagements en ce sens », souligne Michel Couturier. Autre projet pensé pour les familles : la création d’un city-stade en cœur de village. Côté fiscalité, promesse est faite de ne pas toucher au taux communal. La liste de Michel Couturier ne souhaite pour autant pas une rupture brutale avec la mandature qui s’achève. « Nous continuerons ce qui a été engagé. »

Léopold Talou : « Faire mieux » autour d’une équipe solide et soudée  //

Au cœur de Laroque-Timbaut, Léopold Talou est un peu comme le loup blanc. Une personnalité connue de (presque) tous. Le motard n’en est pas à son premier engagement en politique. Il est notamment membre de l’opposition municipale actuelle, en compagnie d’un certain Michel Couturier. Il aspirait à une retraite tranquille, avant qu’un collectif ne vienne chercher ses talents de fédérateur. « On était plusieurs, désireux de s’investir, à se regrouper, sans grande confiance dans ce qui se profilait à Laroque. On ne voyait rien de concret ou de très solide se finaliser… Alors on a décidé de se lancer », explique Marina Maurès. L’ancien maire François Jalet (1995-2001) a soutenu la démarche, tout comme l’ancienne tête de liste Gérard Thomas, lui donnant un élan supplémentaire. « On a d’abord travaillé sur le fait de proposer quelque chose, de mieux défendre et représenter notre commune. On a aussi vu qu’on était capables, avec de l’expertise dans différents domaines et de la rigueur. Et Léopold avait l’expérience, la personnalité et plein d’idées pour incarner cette vision », poursuit la jeune femme, tout juste sortie d’un cabinet ministériel. Après un « mandat très difficile » et une « gestion douloureuse » pendant l’ère Falcoz, la liste « Pour Laroque, une ambition collective » souhaite tourner la page sans faire table rase du passé ou renier les actions positives de ces dernières années. À commencer par la signature de l’ORT (Opération de revitalisation du territoire) du Grand Villeneuvois. « C’est une réussite, concède Marina Maurès au nom de son groupe. Tout comme la participation de Laroque au plan pour la santé mis en place par la CAGV. On ne peut pas enlever à Jean-Jacques Dulaurier qu’il a défendu la commune comme il a pu, qu’il a mené des dossiers. On pense cependant pouvoir faire mieux avec une équipe solide et soudée. » Par exemple, dans l’optique de concrétiser les fiches-actions de l’ORT, « il faudra aller chercher un maximum de partenaires financiers ». La liste n’annonce pas de grands projets structurants mais des axes prioritaires. « Trouver des médecins, penser à l’entretien du quotidien et de la voirie, animer le village avec des évènements culturels, créer du lien entre l’école et les associations, faire connaître les initiatives… C’est avant tout une question de méthodologie et de cohérence », estime Marina Maurès. Un autre aspect fondamental de la démarche : la valorisation du patrimoine. « On doit créer une identité roquentine et l’exploiter au mieux. Le village est traversé. Il faut faire en sorte que les gens s’y arrêtent ! »

Joël Masson : le Rassemblement national aussi dans la course //

On savait que le parti « bleu marine » ciblait les trois premières villes du département. Une candidature RN avait aussi été promue à Pujols, sans succès puisque Christophe Beaupuis n’est pas parvenu à boucler sa liste malgré le soutien des cadres Hélène Laporte et Sébastien Delbosq. Malgré tout, le Rassemblement national sera bien représenté en ruralité dans ces municipales avec Joël Masson. Fidèle adhérent et militant, il était encore en campagne il n’y a pas si longtemps. C’était à l’occasion des législatives anticipées de 2024. Il était alors le candidat suppléant de la députée sortante Annick Cousin, venant remplacer un certain Christophe Beaupuis… Au contraire de son camarade, Joël Masson a bel et bien trouvé les 19 noms attendus. Bien que la liste « Laroque autrement » se revendique avant tout municipale, difficile de nier la dimension politique de la démarche. Au-delà du candidat Masson, d’autres figures locales du Rassemblement national sont présentes à commencer par Julien Rocamora, secrétaire de la fédération 47 du RN, en cinquième position. Dorian Lajunie, troisième dans la hiérarchie, était quant à lui collaborateur parlementaire d’Annick Cousin. Ils sont accompagnés d’autres sympathisants de la plus large « union des droites ». Joël Masson misera sur les bons résultats de sa famille politique lors des dernières élections. En 2022, pour la présidentielle puis les législatives, le RN avait successivement emporté 54% puis 61% des suffrages au second tour.

* À l’heure où nous bouclons cet article, Joël Masson n’a pas donné suite à nos demandes d’interview.

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